L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – 1

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal

l’engrenage exemplaire de la dégradation du bien commun

par ACG

 

Saint Gengoux le Royal est devenu le National au XIXème siècle… J’ai conservé le premier nom, « Saint Gengoux le Royal« , pour marquer la différence chronologique presque exacte entre le long temps du respect de l’eau et la courte période de son saccage complet (depuis la réduction du ruisseau à un canal dans la traversée de la cité jusqu’au dernier projet de station d’hydrocarbures dans son lit mineur et la nappe phréatique d’accompagnement).

 

 

«Dans nos pays de l’Europe civilisée où l’homme intervient partout pour modifier la nature à son gré, le petit cours d’eau cesse d’être libre et devient la chose de ses riverains. Ils (…) l’emprisonnent entre des murailles mal construites que le courant démolit; ils en dérivent les eaux vers des bas-fonds où elles séjournent en flaques pestilentielles; ils l’emplissent d’ordures qui devraient servir d’engrais à leurs champs; ils transforment le gai ruisseau en un immonde égout
Histoire d’un ruisseau, Elisée Reclus, 1869

 

carte IGN sur internet révisée en 2015 en introduisant bizarrement, ici en amont, le nom donné au ruisseau près de sa confluence avec la rivière Grosne

Comme l’indique l’appellation de la rue qui le traverse et, plus haut le nom de sa principale source (la Fontaine de Nolange), le nom du ruisseau qui traverse la cité et a façonné la vallée est Nolange depuis le XIXème siècle, et non Nourue. Dans cette portion amont, un autre nom dont on a gardé trace est : Reuil Bertrand ou Reuil de Bertrand. Plus bas, dans le faubourg sud de la cité, là où étaient établis des tanneurs et vers La Gasse (nom que nous découvrirons plus loin), on disait Ruisseau des Tanneries jusqu’au début du XXème siècle. 

 

Nourue est un nom secondaire de l’aval donné sur le territoire du hameau de Nourue. Un autre nom de l’aval, près de la confluence, est Ruisseau de Mesceau, nom que porte aussi le moulin du secteur.

A l’origine de Ruisseau de Nolange, on trouve les appellations En Nolange et Les Champs de Nolange pour le haut du vallon où naît le ruisseau, sur le territoire de la commune de Culles (aujourd’hui : Culles les Roches). Ces noms figurent sur les plans cadastraux du XIXème siècle. L’appellation actuelle est Le Grand Champ de Nolange : http://adresse-francaise.com/street.php?i=71159B055

 

 

 

 

Avertissement

Parce que la menace la plus immédiate concerne une section du lit majeur et mineur d’un ruisseau, l’attention de la plupart semble focalisée sur l’instant et ce lieu, oubliant l’histoire et l’ensemble auxquels ce moment et cette partie sont indissolublement liés. L’arbre cache encore la forêt. Car l’actuel projet de station-service, parking, supermarché dans le lit du Ruisseau de Nolange* n’est que le dernier avatar d’une dégradation de la vallée de Saint Gengoux commencée dans les années cinquante.

* Incroyablement, tout près, un autre ruisseau d’une autre vallée – l’Ermite de Saint Martin de Croix – est maintenant aussi nommé Nourue par l’IGN !

Encore un effort et tous les ruisseaux alentour seront baptisés Nourue !
 

Même si le projet nuisible en ce lieu était déplacé là où l’impact serait bien moindre, le problème essentiel : la dégradation avancée de l’ensemble des eaux et de l’écosystème, resterait entier. Or, c‘est un problème aussi grave qu’ignoré, au regard d…

– de la biodiversité régionale et générale,

– de la qualité des eaux pour le local et tout l’aval du Bassin Rhône Méditerranée – mer comprise,

– du bien vivre des habitants et de l’attrait touristique,

et…

– de l’adaptation au changement climatique, et de sa limitation.

 

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal relève de la problématique « tête de bassin versant » dont la prise de conscience est en cours.

Par exemple :

« A l’extrême amont des cours d’eau, les têtes de bassin représentent notre « capital hydrologique ». Elles constituent un milieu écologique à préserver, habitat d’une grande biodiversité et zone de reproduction de migrateurs. Elles conditionnent en quantité et en qualité les ressources en eau de l’aval mais sont insuffisamment prises en compte dans les réflexions d’aménagement en raison d’un manque de connaissance sur leur rôle.

 

Souvent de bonne qualité, ces zones sont cependant fragiles et peuvent très vite se dégrader en raison des activités économiques qui s’y installent. Les impacts des diverses activités humaines (agriculture, sylviculture, urbanisation, tourisme…) sont mal connus et souvent sous-estimés. La solidarité de bassin est donc essentielle, en particulier à l’amont de prises d’eau couvrant des besoins stratégiques pour l’alimentation en eau potable et dans les zones humides reconnues en terme de protection des milieux écologiques (…)

 

Une des conditions essentielles à la mise en œuvre d’une gestion durable des rivières est la prise de conscience générale du rôle bénéfique que jouent les têtes de bassin pour l’atteinte de l’objectif de bon état et pour le fonctionnement du milieu aquatique en général. Ce bénéfice profite collectivement à l’ensemble des acteurs de l’eau à l’échelle du bassin. (…) »

 

extrait du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux du Bassin LOIRE-BRETAGNE 2010-2015

http://www.donnees.centre.developpement-durable.gouv.fr/SDAGE/sdage_2010_2015_approuve/orientations_P11.pdf

 

Au moins depuis l’arrivée des moines de Cluny au Xème siècle, la cité s’est établie aux côtés du ruisseau qui a creusé la vallée – aujourd’hui « le Nolange« . Elle s’est développée en lignes de constructions parallèles au ruisseau étagées sur les pentes du Mont Goubot. Encore aujourd’hui, l’ensemble présente une cohérence indissociable du ruisseau et du relief de la vallée.


Mais, depuis quelques dizaines d’années, les nouvelles constructions ne s’inscrivent plus dans la continuité de cet urbanisme et sont en rupture avec la structure du paysage. Et cela n’a cessé de dériver. Lancés sans aucune évaluation préalable de l’impact sur l’environnement, les dernières réalisations et les projets actuels sont désormais autant d’agressions contre la cohérence de l’ensemble, par conséquent contre la structure et la bonne santé de l’écosystème – une tête de bassin versant, et, naturellement, contre le bien-vivre de ses habitants et l’avenir de la région.

 

 

Même depuis la disparition du ruisseau historique à la vue et à la conscience de beaucoup (il a été « busé » !), le promeneur attentif peut suivre son lit d’un bout à l’autre de la cité, et interpréter l’urbanisme et l’architecture qui ont été développés en fonction de l’eau et de ses sautes d’humeur.

 

 

Sommaire

Le ruisseau de Nolange  

Avertissement

  1. Promenade au fil de l’eau morte
  2. Historique des destructions majeures
  3. Des espèces protégées subsistent à grand peine
  4. Acqua incognita
  5. L’énigmatique saccage de 1983
  6. L’inondation
  7. Le ruisseau en termes de Droit
  8. Contournements et détournements de la législation sur l’eau (et insuffisance de celle-ci)
  9. Une pluie… et le ruisseau de Nolange réapparaît
  10. L’observation géomorphologique est confirmée par l’historique des inondations…
  11. L’oubli officiel de l’eau et des têtes de bassin versant
  12. L’importance de la perte et ses conséquences
  13. Les articles parus sur les mauvais traitements infligés à cette tête de bassin versant

 

seconde partie :

Le Montmarché

Le Vernay

Le Manon

Le ruisseau de… 

Le chirot 

La source de Montvallet

Le Ruisseau de l’Ermite


Stérilisation


Les pertes du bien commun


L’heure de la restauration

 

La démonstration par les photos aériennes


Documentation et bibliographie 

Sur l’eau perdue

La redécouverte de l’eau

Sur la ripisylve et le ruisseau comme biotope

DROIT

Et, à part Saint Gengoux le National, quelle politique de l’eau et de l’environnement en Bourgogne ?

 

1. Promenade au fil de l’eau morte

La cité médiévale de Saint Gengoux le Royal et les implantations précédentes ont été créées là en raison de l’excellence d’une eau coulant de tous côtés : les sources sont nombreuses, souvent captées et, aujourd’hui, tout aussi souvent oubliées et leur eau perdue. Donc une eau suffisamment abondante pour satisfaire les besoins d’une population alors plus nombreuse, mouiller les fossés de l’enceinte, « marécageux et herbeux« , et un moulin au bas de l’actuelle Promenade – avant un abreuvoir dont les anciens se souviennent. L’eau et la vie qui l’accompagne sont restées longtemps au coeur de la cité, au coeur de la vie, appréciées et respectées. Puis, avec la perte des communaux et de la compréhension des interdépendances constructrices de la cité et de la vie sociale – surtout depuis une soixantaine d’années – la culture locale a connu un renversement complet ; ou, plutôt, un effondrement. L’eau a été réduite à un élément physique sans vie. Elle a été réifiée au point d’être maintenant traitée comme une chose encombrante dont nul ne sait que faire – sinon un sujet de dégoût. Un enchaînement de négligences, de pollutions, d’abandons, d’enfouissements et autres destructions l’a refoulée dans les bas-fonds, comme un déchet à évacuer. Ainsi, là où, hier encore, il y avait abondance a été créée une pénurie. Celle-ci vient de se traduire spectaculairement par une aberrante et très coûteuse privatisation, sous prétexte de la dégradation de la ressource.

La pénurie a tout d’abord été écologique, environnementale, architecturale, etc. La perte de l’eau a été précédée par la disparition progressive de la vie dans l’eau et à ses côtés (poissons, écrevisses, mollusques, amphibiens, insectes, mammifères, oiseaux, cresson…), par la disparition de la végétation des rives de l’eau, par la disparition des ouvrages liés à l’eau, enfin par la disparition de l’eau à la vue de tous. Autant de pertes qui ont ôté à la cité médiévale la majeure partie de son sens et de son charme, et à la vie quotidienne beaucoup de son agrément. une véritable amputation. Avant d’entraîner la perte de son autonomie.

 

Comme à peu près partout ailleurs, l’observation de la vallée de Saint Gengoux le National révèle un cas exemplaire de la profonde dégradation de la plupart des paysages depuis les années cinquante. C’est, en effet, dans ces années-là qu’ont commencé les grandes destructions écologiques, et, parmi celles-ci, le saccage des têtes de bassin versant. Le cas de Saint Gengoux le National est, en tous points, exemplaire. Il démontre la quasi inexistence de la prise de conscience de cette destruction majeure. Dégradation des paysages, c’est à dire de l’écologie (l’eau, les plantes, les animaux, les sols…), dégradation de l’urbanisme et de l’architecture, dégradation des activités économiques (agriculture, artisanat, commerce), dégradation de la vie quotidienne, etc.

 

Comme en beaucoup d’endroits, bercés de paroles trompeuses, la plupart ont perdu de vue l’essentiel, lâché la proie pour l’ombre et contribué activement, ou par leur passivité même, à la dégradation générale. Sous le couvert trompeur d’une croissance de la consommation d’objets et de facilités accrues, en même temps que le développement du chacun pour soi contre les autres, de l’indifférence et de l’inconscience de l’environnement, les biens communs ont été sacrifiés.

 

Un cas d’autant plus exemplaire que la dégradation continue à marche forcée avec la connivence de toutes les administrations censées appliquer la législation et les politiques publiques de protection des eaux et de l’environnement.

 

 

Saint Gengoux le National – son eau perdue

La Fontaine de Nolange

photo ACG 2013

La cité médiévale est stratégiquement située au débouché de plusieurs vallons recueillant les eaux des monts alentours. L’endroit est une des « têtes de bassin versant » de la Grosne, une petite tête de bassin versant (environ 20 km2) du grand bassin Rhône-Méditerranée.  

 

Tête de bassin versant, en effet, car la dynamique des eaux de la commune correspond aux critères établis : le « rang de Strahler » de ses cours d’eau est égal ou inférieur à 2 et leur pente est généralement bien supérieure à 1%.

sur le rang de Strahler :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_Strahler


C’est donc un espace extrêmement important pour la diversité biologique de la région et des eaux de l’aval, mais cette importance est complètement ignorée par les habitants et tout autant négligée par les services administratifs et les organismes censés protéger au moins l’eau. Or…

« A l’extrême amont des cours d’eau, les têtes de bassin représentent notre «capital hydrologique ». Elles constituent un milieu écologique à préserver, habitat d’une grande biodiversité et zone de reproduction des poissons migrateurs. Elles conditionnent en quantité et en qualité les ressources en eau de l’aval. Ces milieux ne sont pas suffisamment pris en compte dans les réflexions d’aménagement, en raison d’un manque de connaissance sur leur rôle. Souvent de bonne qualité, ces zones sont cependant fragiles et peuvent très vite se dégrader en raison des activités économiques qui s’y installent. Les impacts des diverses activités humaines (agriculture, sylviculture, urbanisation, tourisme…) sont mal connus et souvent sous estimés »: fermeture des structures paysagères comme dans les tourbières, reboisements massifs artificiels des versants en résineux, drainage des sols dégradant la fonctionnalité des zones humides

Présentation d’un SEMINAIRE TECHNIQUE DE LA PLATE-FORME « EAU, ESPACES, ESPECES »

« Zones Humides et Têtes de Bassin Versant » de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne

A propos de l’oubli des têtes de bassin :
Les altérations physiques en têtes de bassin versant sur les régions Bretagne – Pays de la Loire. A la recherche d’« aqua incognita »
Rémi Nguyen Van, 2012
http://www.onema.fr/IMG/pdf/2012_013.pdf
(voir la bibliographie)

 

 

Cependant, ces défaillances désormais identifiées ont attiré l’attention des autorités européennes, comme nous l’a confirmé la Commission Européenne :

 

(…) La Directive cadre sur l’eau fixe des objectifs environnementaux ambitieux en matière de qualité de l’eau et des écosystèmes aquatiques.

 

L’évaluation de la mise en œuvre de la DCE établie par la Commission à la fin de l’année 2012 confirme  effectivement que beaucoup reste à faire pour atteindre ces objectifs dans l’ensemble de ces Etats-membres. Je vous invite à consulter cette évaluation sur notre site Internet à l’adresse suivante :

 

 

et en particulier l’analyse de la situation en France :

 

 

(…) la Commission est particulièrement vigilante à la façon dont la France remédiera aux défaillances identifiées dans l’évaluation mentionnée ci-avant, en particulier dans la mise en œuvre des premiers plans de gestions (SDAGE et programmes de mesures) et dans l’élaboration puis la mise en œuvre des seconds plans de gestion qui doivent être adoptés d’ici la fin de l’année 2015 et qui feront l’objet d’une consultation publique en France à partir du 19 décembre et pour une durée de 6 mois.

Principaux obstacles à l’écoulement des crues et à la continuité écologique des cours d’eau de Saint Gengoux le National (d’après la carte IGN) : près de 3 kilomètres de cours d’eau enterrés

 

l’espace de la tête de bassin versant comprend la cité médiévale en totalité

S’ajoutant à ces obstacles physiques, les recalibrages, le piétinement et la pollution par les troupeaux, la pollution chimique des traitements viticoles achèvent de ruiner cette tête de bassin versant de la Rivière Grosne (Bassin Rhône Méditerranée). Une forte contribution au mauvais état des eaux et des écosystèmes de l’aval.

 

…de l’aval jusqu’à la Méditerranée. Un petit rappel :

La mer méditerranée se vide de ses poissons

http://www.notre-planete.info/actualites/2781-extinction_poissons_Mediterranee

Saint Gengoux le National contribue activement à cette dégradation depuis l’établissement de sa décharge brute en amont de la source historique de la cité, il y a soixante ans. Le projet d’établissement d’une station-service en fond de vallée s’inscrit exactement dans la ligne d’une aggravation de la dégradation.   

 

 

 

a – Vallon du Nolange

depuis les sources (vers les Hermites) jusqu’à la DDE

Saint Gengoux le National – son eau perdue 

 

photo ACG 2013 

 

Le ruisseau de Nolange 

(autrefois : le reuil de Bertrand)

Reuil signifie simplement ruisseau. On le rencontre souvent sous la forme rueil.

 

 

Il naît dans le vallon situé à l’Est d’une ancienne voie romaine, aujourd’hui la route du Creusot. A son origine, plusieurs sources, dont une « fontaine » principale.


Témoignage de l’excellent état biologique des lieux et de la qualité de l’eau il y a peu, les gens de La Sachette (sur le Mont Goubot) allaient y puiser leur eau potable, et les anciens se souviennent des écrevisses (à pattes blanches, évidemment). Aujourd’hui, en dépit de l’importance de l’endroit, rien n’y est protégé et l’eau claire prisée par les écrevisses est devenue fangeuse sous le piétinement des troupeaux et leurs déjections.


La presque totalité du vallon (probablement une prairie humide dans le talweg) est devenue un pâturage sans aucune protection de l’eau vis à vis des bovins et des chevaux qui piétinent tout (les sources, la fontaine principale et le marécage, les rus). Hors quelques rares et pauvres bouchures (les haies) ayant échappé à l’arrachage, la végétation des bords de l’eau (ripisylve) a été presque entièrement détruite. De ce fait, les abords de l’eau sont partout piétinés et boueux, et même quand elles ne sont pas produites directement dans la zone humide de la source et du ruisseau, les déjections des animaux sont lessivées par les pluies jusque dans l’eau. Il est remarquable que les éleveurs, qui sont les principaux auteurs de ces dégradations, ignorent qu’elles sont préjudiciables à leurs animaux. En effet, la consommation d’eau polluée par les excréments les expose à différentes maladies.


L’aménagement ancien de la fontaine principale (en pierre) a également été détruit. 

La Fontaine de Nolange vue depuis la route de Culles les Roches

Saint Gengoux le National – son eau perdue 

photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue 

 


photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue 

 

photo ACG 2013

Sur ces photos, on distingue la végétation d’une zone humide ; là où affleure la nappe d’accompagnement du ruisseau

 

 

h – Le Nolange pendant une période pluvieuse

entre la Fontaine de Nolange et le Bourg Hameau

photo ACG 2013

 


photo ACG 2013

 


photo ACG 2013

 


photo ACG 2013

 

Rectiligne, la plus grande partie du lit du ruisseau paraît avoir été recreusée en fossé pour occuper le moins d’espace possible et drainer la prairie. Après la traversée du Champ de l’Etang (souvenir de celui qui occupait autrefois ce lieu), le Nolange a été récemment réduit à un simple fossé de drainage pour contourner à angles droits un remblai construit exactement en travers de son lit : le parking de la « Direction Départementale de l’Equipement » ! A noter que la DDE stocke là, au bord du ruisseau, la réserve de sel pour traiter les routes en hiver.

 

Le Nolange vers le remblai de la DDE

photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue 

 


photo ACG 2013

 

 

 

 

 

 

photo SR 2014

 

Après une vague pluvieuse montée de la Méditerranée, comme de plus en plus souvent, le Ruisseau de Nolange reprend son cours naturel par dessus le remblai de la DDE. Remarquable : à droite, le petit hangar abrite la réserve de sel pour le déneigement. Dans quel but entreposer du sel en un tel endroit ? Là, à proximité du ruisseau, même quand celui-ci ne déborde pas, le sel est lessivé par la pluie.

 

                                                                                                                                                                                                     

 

 

 

 

 

photo SR 2014


photo SR 2014

 


photo ACG 2013

 

Le remblai de la DDE précède un monticule correspondant au dépôt des ordures locales jusqu’aux années cinquante, lequel a manifestement été créé au plus mauvais endroit : dans une partie étroite de la vallée (la Croix de Rimont) et dans la zone d’expansion des ruisseaux (il y en a deux qui se rejoignent précisément là), jusque dans le lit mineur ! Déjà un signe précurseur des destructions qui allaient suivre et une première cause de celles-ci. Egalement un problème premier pour l’amélioration de l’assainissement nécessaire à Saint Gengoux *. Cependant, ce dépôt ne crée probablement pas d’autre nuisance que l’empiétement sur le lit des ruisseaux, car il contiendrait essentiellement les cendres des chauffages d’autrefois.

* par exemple, les eaux de ruissellement polluées par les herbicides municipaux répandus dans les rues (même le pied des arbres en est arrosé) s’en vont polluer la nappe phréatique.

 

b – Le Nolange, de la DDE au Bourg Hameau

Saint Gengoux le National – son eau perdue

Le Nolange réduit à un fossé le long du remblai de la DDE


photo ACG 2013

 

Depuis l’entrée de la DDE, l’ancienne décharge municipale (créée dans le lit des Ruisseaux de Nolange et du Vernay !) et la bretelle entre la route du Creusot et la route de Culles les Roches. Dans le trou, le Nolange et le Vernay.


photo ACG 2013

Après le second angle droit, le Nolange côtoie le Vernay qui vient de traverser la route du Creusot dans un tuyau. A cet endroit, l’eau boueuse du Nolange atteste déjà des dégradations de l’amont. Les deux ruisseaux sont conduits parallèlement dans de vulgaires fossés de drainage et traversent une petite route dans des tuyaux séparés. Fossés et tuyaux constituent des obstacles infranchissables pour la plupart des espèces subsistant aux abords des ruisseaux. En outre, ils sont trop petits pour contenir les eaux d’une grosse pluie : le 10 juin 2008, l’eau d’un seul orage a inondé le pré derrière le remblai de la DDE et submergé celui-ci, et la route du Creusot, avant de poursuivre.

 

Saint Gengoux le National – son eau perdue

La route du Creusot, le Vernay après sa traversée de la route, et le Nolange contournant le remblai de la DDE


photo ACG 2013

photo SR le 4 novembre 2014

après la pluie, mais déjà en décrue depuis 8 heures (+ 30 cm au plus haut ce jour-là)

 

L’Est du vallon est couvert de bois, mais la route de Culles les Roches en sépare la majeure partie de l’accès au ruisseau. Comment se passe la probable migration des amphibiens depuis les bois vers ce qui reste de zone humide* ?

* une zone humide non répertoriée, elle aussi.
Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le Vernay et le Nolange avant l’entrée de la DDE 
Nol_025


photo ACG 2013

Déjà, le saccage des ruisseaux commis à l’occasion de la réalisation du remblais DDE* dit tout de la perception de l’eau dans la région. Toute la vie qu’elle abritait, à laquelle elle est utile, est devenue gênante – indésirable. L’eau, elle-même, n’est plus regardée que comme un élément encombrant dont il faut se débarrasser au plus vite. Quasiment une pollution dans le nouveau décor ! La compréhension du vivant semble s’être éteinte il y longtemps.

* La DDE est un service chargé depuis longtemps de protéger l’eau !

 


photo ACG 2013

 

 

 

 

 

 

photo SR 2014

Comme le révèle l’herbe toujours couchée, après avoir traversé le remblai, le Ruisseau de Nolange (qui a été rejoint par le Ruisseau du Vernet) est repassé à l’air libre par dessus le premier tuyau (très petit) de son enterrement sur 1 kilomètre

 

Les deux ruisseaux sont ensuite déversés (chute et nouvel obstacle) dans un fossé qui les détournent pour éviter une grande réserve d’eau. Celle-ci est faite de simples remblais très pentus étanchéifiés avec des feuilles en plastique. L’eau est captée par pompe pour remplir la réserve. Le débit minimum du cours d’eau et le maintien de l’étiage sont-ils respectés ? En plus du pompage mécanique qui semble alimenter la réserve, la construction en entonnoir, l’absence de protection et l’ouverture à l’air libre favorisant l’évaporation et la pollution, soulèvent quelques questions.

Saint Gengoux le National – son eau perdue
La pointe du champ du Bourg Hameau, du côté de la réserve d’eau

photo ACG 2013

 

Saint Gengoux le National – son eau perdue

Le même endroit 15 jours plus tard : la végétation a été coupée rase « pour faire propre »


photo ACG 2013

 


photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue

La réserve d’eau du champ du Bourg Hameau


photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue

Le champ du Bourg Hameau et le Nolange dans un fossé de drainage


photo ACG 2013

                                                                                                                                          

 

 

 

 

photo LA 2014

Avec les pluies continuelles du 4 novembre 2014, le Ruisseau de Nolange reconquiert tout le fond de vallée

 

Dans le champ de maraîchage situé entre la réserve d’eau et le Bourg Hameau, le cours d’eau a aussi été réduit à un fossé de drainage parfaitement rectiligne. Il semble même que, à partir de ce champ, la majeure partie du cours d’eau ait été enterrée car, juste à la lisière du Bourg Hameau, il apparaît divisé en deux : de droite arrive un filet d’eau à découvert et, à gauche, un gros débit coule d’un tuyau.
Saint Gengoux le National – son eau perdue

Le début du Bourg Hameau et la disparition du Nolange


photo ACG 2013

 


photo ACG 2013

 

photo SR 2014 pendant la décrue

A partir des premiers bâtiments du Bourg Hameau et de la disparition de l’eau sous la cour de la menuiserie, dans une longue buse trop petite*, le Nolange subit des violences plus grandes encore.
* le 10 juin 2008, l’eau a inondé le champ et submergé le remblai et la menuiserie
, et abondamment mouillé tout le fond de vallée.

 

Saint Gengoux le National – son eau perdue

Brève réapparition du Nolange dans le Bourg Hameau. Vue depuis le pont de la Rue du Ruisseau de Nolange, dans le Bourg Hameau.


photo ACG 2013

Dès l’entrée dans la cité, la faiblesse du débit, qui ne correspond guère à celui observable en amont, incite à soupçonner l’existence d’un (ou de plusieurs) captage(s) dissimulé(s)

 

Saint Gengoux le National – son eau perdue

Vers le Sud, côté cité médiévale, nouvel escamotage du Nolange transformé en égout sur 800m.


photo ACG 2013

i – Le Nolange après un orage

Depuis le pont de la Rue du Ruisseau de Nolange


photo ACG 2013

 


photo ACG 2013 

Le Nolange ne réapparaît que quelques dizaines de mètres plus loin, entre les maisons. Il coule alors dans un canal cimenté avant de disparaître à nouveau dans une buse également trop petite (démonstration le 10 juin 2008 quand le ruisseau est passé par dessus le pont avant de s’écouler dans les rues). Le ruisseau ne réapparaît à l’air libre que dans le Pré de la Tour des Archers, environ 800m plus loin, 800m en égout sans une seule ouverture ! 

 

c – Canal du Nolange et fossés médiévaux

Saint Gengoux le National – son eau perdue

Rue des Fossés, en contrebas du parapet actuel, le parapet du canal du XVIIIème siècle que l’on distingue sur la carte postale ci-dessous.


photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue

Les deux parapets en direction du Donjon.

photo ACG 2013

…et l’ancienne vue de la Rue des Fossés où l’on distingue le canal où coule le Ruisseau de Nolange depuis la fin du XVIIIème siècle

Sur cette photo, on voit plus distinctement le canal du Ruisseau de Nolange en contrebas du parapet de la rue

 

Aujourd’hui, les fossés de la cité médiévale, sans nulle trace du cours d’eau auprès duquel celle-ci a été édifiée


photos ACG 2013

Sous le gravier du trottoir élargi, le Ruisseau de Nolange

 


Dans la seconde partie du XVIIIème siècle, déjà, les Fossés bas de la muraille et leur vie aquatique semblaient ne plus plaire. Un spéculateur local (un certain sieur Baudement) en profita pour se faire attribuer l’essentiel de l’espace des larges fossés en échange de la construction d’un canal étroit pour y contenir le ruisseau de Nolange (l’eau seule, sans sa flore, sans sa faune). Déjà un recalibrage ! Et u
ne perte de vie considérable pour le réseau hydrographique et la vallée, et une première perte d’un bien communal avant beaucoup d’autres. C’était le premier acte d’une longue suite de réductions du lit du ruisseau, de sa diversité biologique et de la qualité de son eau ; un ruisseau de moins en moins regardé comme un bien commun et de plus en plus convoité par les spéculateurs avides du moindre bout de terrain.

 

C’était encore trop d’eau et de nature, trop d’espace perdu pour les bétonneurs ! En 1962, sous prétexte d’insalubrité (a), le canal et le Pont des Fainéants ont été entièrement recouverts (sans doute aussi le pont de la Porte du Bourg Hameau – anciennement Porte de Bertrand). C’était une mise à mort pour le Nolange (il suffit de recouvrir un cours d’eau sur quelques dizaines de mètres pour y faire disparaître la vie), donc un appauvrissement pour toutes les eaux de l’aval, jusqu’à la mer. Rue des Fossés, on voit toujours le parapet intérieur du canal en contrebas du parapet actuel. Dans la Rue des Tanneries, le Nolange fut canalisé (côté droit en allant vers le Sud).

Entrée de la cité médiévale par le faubourg ouest (Route de Joncy), avant la construction des hangars aux toits d’amiante-ciment

Le Pont des Fainéants depuis le faubourg ouest, vers La Promenade. Remarquer la largeur du pont, également la triple rangée d’arbres de « La Promenade » (il n’y en a plus qu’une)

Au pied du Donjon, le vestige le plus remarquable de l’ancienne enceinte, le Nolange canalisé (depuis la fin du XVIIIème) et le pont

Devant le Donjon, le Pont des Fainéants et le canal du Ruisseau de Nolange depuis la Promenade

Après le saccage

Même sur place, on a peine à croire que le blockhaus commercial soit la belle maison classique du XIXème au bord du canal… Mais si !

Au ras du trottoir, on voit encore les linteaux des fenêtres du premier niveau désormais enterré.

Comment une telle défiguration a-t-elle pu être réalisée au coeur même d’un site classé, juste devant le Donjon de l’ancienne enceinte ?

 

Cette façade saccagée est au tout début de la Rue des Tanneries qui part vers le sud en suivant le tracé naturel du Ruisseau de Nolange

Tanneries… A lui seul, ce nom est parlant. Il dit qu’au moins un ruisseau coulait là et que son débit ne devait être ni irrégulier ni insignifiant. Il dit aussi que le ruisseau ne s’est sûrement pas volatilisé même si on ne le voit plus.

A la même époque, un petit lavoir aurait aussi été détruit, de même qu’une fontaine se trouvant là où a été implanté le nouveau poids public, au début de la Rue de la Tuilerie.

1962, annus horribilis pour la cité médiévale (b). Ce ne sera pas la seule.

 

Saint Gengoux le National – son eau perdue

Plan du quartier des Ursulines au début du XIXème siècle (le Sud est à droite)

la Rue des Tanneries part vers la droite depuis le carrefour (G) 

Récemment encore…

Au bas de La Promenade, le Couvent des Ursulines et les maisons du début de la Rue des Tanneries forment un ensemble remarquable

A partir de la ruelle perpendiculaire à la Rue des Tanneries que l’on voit au bas du plan précédent :

 

– le canal du Ruisseau de Nolange et les belles maisons du XVIIème siècle qui figurent sur ce plan du début du XVIIIème siècle :


A partir de la ruelle perpendiculaire que l’on voit sur le plan précédent :

– les belles maisons du début de la Rue des Tanneries et le canal du Ruisseau de Nolange.

Ces maisons ont été détruites il y a peu, au début des années 1980, sans aucune nécessité et sous un prétexte futile, déjà sans écouter les défenseurs du bien commun (municipalité de Jacques-Albert Ruste) ! Cela s’est donc fait bien après la prise de conscience des années soixante, dans une période où le patrimoine architectural était désormais épargné depuis une génération – épargné et restauré.

La cité n’était-elle pas déjà classée ?

Il est remarquable que ces destructions aient été commises dans la même période qu’un autre saccage tout aussi incompréhensible, du ruisseau celui-ci, au bout de la même rue.

 

Sur la gauche, trois belles maisons, que l’on devine encore sur cette photo, ont été détruites avant la Seconde Guerre Mondiale.

Comme on le voit et comme en témoignent les anciens plans, toutes ces constructions caractéristiques, le canal, le pont, etc., constituaient un ensemble précieux pour la cité médiévale (classée).

Aujourd’hui… C’est bien le même endroit que montrent les deux cartes postales précédentes !

Désormais, le lieu est aussi attrayant qu’une zone de banlieue.

 

A moins de 300 mètres, le Pré A l’Agasse traversé par le ruisseau et qui est à nouveau menacé par la construction d’une station-service (exactement dans le lit mineur !) et d’un supermarché.

 

Remarquable : les nouvelles constructions ne sont pas seulement en rupture avec le style de la cité médiévale et avec son urbanisme, elles sont de plain-pied, comme la petite maison sur la gauche et même la maison de retraite (à droite), alors que les anciennes architectures présentent toutes un niveau d’habitation surélevé. Une excellente raison à cela :  l’endroit – en fond de vallée – est exposé aux submersions (crues éclair). Tout ici témoigne d’une perte complète de la culture du lieu, de sa riche histoire et de la connaissance de son environnement.

 

Toutes les amputations évoquées et beaucoup d’autres encore que nous ne pouvons rapporter en détail ici* témoignent d’un véritable dépeçage du patrimoine naturel et architectural de la cité médiévale depuis deux à trois générations. En n’oubliant pas la destruction de la Source de Manon et du Ruisseau de Nolange, Saint Gengoux a donc subi une perte inestimable. Une perte très importante aussi pour l’activité économique de la cité qui, cela se comprend, en dépit d’un urbanisme médiéval remarquable et de beaux restes en péril, attire peu les visiteurs et ne les retient pas. C’est, d’ailleurs, depuis ces funestes années 1980 que Saint Gengoux le National a gagné un supermarché et perdu une quarantaine de commerces (boutiques, cafés, restaurants, au moins 3 auberges…). Ainsi, en une trentaine d’années (début 1960 – années 1990), Saint Gengoux le National a perdu pour très longtemps toute chance de devenir une cité attractive par son histoire et son patrimoine préservé, un centre d’intérêt et d’activités touristiques.

* un îlot médiéval intra-muros aussi grand que remarquable (Rue de l’Abondance, dans les années 1990 !), des murs anciens, les trois beaux portails des Ursulines, des pièces d’architecture…

Sur le cadastre de la cité médiévale au XIXème siècle, au bas de la cité, on voit distinctement le Ruisseau de Nolange suivre la ligne de l’enceinte : la Rue des Fossés, rejoindre un bassin à côté du Donjon et partir au sud dans la Rue des Tanneries
http://www.archives71.fr/arkotheque/consult_fonds/fonds_seriel_resu_rech.php?ref_fonds=3
 

(interroger : « Saint-Gengoux-le-Royal »)

 

 

 

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2. Historique des destructions majeures

 

juin 2016
L’affaire de Saint Gengoux ne cesse de gagner en épaisseur et en exemplarité. L’histoire de la formation de la vallée, l’histoire de l’implantation des hommes et de la formation de la cité, la situation rare d’une vieille cité dans l’espace d’une tête de bassin versant, la brutalité des destructions récentes et, justement, les dessous de l’histoire contemporaine – pas seulement locale – qui commencent à se dévoiler, tout en soulevant de nouvelles questions…
 

  
Sites et Monuments
octobre – novembre – décembre 1974 – n°68, revue de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF), pages 34, 35, 36

Saint Gengoux-le-Royal
à découvrir…

Saint Gengoux-le-Royal, cité médiévale…
Aujourd’hui, Saint-Gengoux-le-National, à l’écart des grands itinéraires routiers, entre Chalon-sur-Saône, Cluny et Tournus, offre au visiteur qui a su le trouver une structure qui n’a que peu évolué depuis le Moyen-Age, du moins en son centre. Cité à découvrir, elle l’est à de nombreux titres.
La première visite est un étonnement constant ; l’oeil passe d’une fenêtre à meneaux à une échauguette, d’une maison à pans de bois au clocher, roman comme il se doit.Les visites suivantes n’en sont pas moins riches en découvertes et, à chaque fois, de nouvelles « trouvailles » viennent s’ajouter à ce que l’on connaissait déjà.Avant de parler plus longuement de cette ville si riche, et qui laisse malheureusement sommeiller ses trésors, il serait bon d’évoquer quelques points d’histoire.
Si l’existence de Saint-Gengoux à l’époque gallo-romaine n’est pas fortement attestée, elle apparaît en revanche, en 950, dans une charte de l’abbaye de Cluny.
C’est Louis VII qui donna aux habitants de Saint-Gengoux l’autorisation d’élever des fortifications. Ce droit fut confirmé en 1200 par Philippe Auguste. Douves et murs d’enceinte protégeaient alors le château et son donjon, édifié en 1206. Celui-ci, qui aurait été flanqué de quatre tourelles, fut rasé sous Henri IV. L’enceinte fortifiée comptait quatorze tours reliées par le chemin de ronde. A l’intérieur de la ville, de nombreuses tours et maisons à échauguettes complétaient le système de défense. Système d’ailleurs peu efficace, puisque Saint-Gengoux n’a jamais su résister à aucun siège.
Des quatorze tours de jadis, seules deux subsistent *, au nord, reliées par un rempart qui se prolonge à l’ouest.Les règnes de Charles VIII et de Louis XIII virent l’extension du bourg, avec l’apparition de rues « corporatives » : rue des cordiers, rue des bouchers, rue des chapeliers, rue des tanneries, etc.
En 1789, on comptait 1 449 habitants à Saint-Gengoux. Il en reste environ 1 100 aujourd’hui.
La structure de la vieille ville n’a que peu évolué depuis l’époque médiévale. Quelques adjonctions malheureuses, bien sûr… Quelques réparations, plus utiles qu’esthétiques ont été faites ici et là, mais l’essentiel subsiste. Des maisons se sont adossées aux fortifications, s’y sont même parfois incrustées. Mais l’essentiel est là, pour qui sait voir et admirer.
En 1973, un espoir naquit. Une association de sauvegarde et de mise en valeur se constituait, sous l’impulsion de quelques jeunes du pays. Grâce à l’impulsion de l’Union R.E.M.P.A.R.T., où sont affiliées également les équipes qui ont sauvé également l’église du Puley et celle de Saint-Hyppolite, un chantier de jeunes bénévoles s’ouvrait en août 1973 et commençait le dégagement et la consolidation des remparts. Dans le même temps, des relevés architecturaux était commencés, afin d’avoir un programme d’ensemble permettant d’aboutir à une proposition permanente de sauvegarde. Cet effort se poursuivait en 1974, avec la restauration des voûtes d’une ruelle médiévale, quelques travaux aux remparts, et la poursuite de l’étude de la ville.
La tâche est immense et ingrate. Les plus beaux joyaux, les monuments du XIV°, du XV° siècle, les plus abondants, sont des propriétés privées auxquelles les jeunes n’ont pas accès, le travail bénévole ne pouvant s’effectuer qu’au bénéfice des communes et collectivités publiques. Une maison du XIV° siècle devait pourtant devenir le siège de l’association. Pour des raisons mal déterminées, la vente au franc symbolique qui devait avoir lieu n’a pu aboutir.
Plus grave encore, des démolitions sont actuellement envisagées. En particulier celle de l’hospice, qui abrite les anciens de Saint-Gengoux. Magnifique bâtisse du XVII° siècle, qui se trouve face à un ancien couvent de la même époque, servant aujourd’hui de foyer rural. L’ensemble, qui est situé à l’une des entrées de la ville, est très homogène. La mairie, qui semblait vouloir adopter une politique de conservation et d’entretien des édifices anciens, a pourtant accepté immédiatement le projet de démolition. L’architecte des Bâtiments de France ne pouvait qu’en faire tout autant et donnait son accord à un projet fade, sans style, sans proportions et sans caractère. Il était pourtant facile de conserver le bâtiment actuel, en l’agrandissant sur l’arrière, ce qui était alors invisible et permettait de résoudre le problème posé par l’extension. 
La démolition de cet édifice serait un premier pas. Comme dit le proverbe : « c’est le seul qui coûte ». Partant de là, tout peut arriver, et ce joyau qu’est Saint Gengoux, qui ne demande qu’à se révéler, risque de disparaître morceau par morceau. Déjà, il y a deux ans, un remblaiement qui devait cacher les remparts, a été évité de justesse. Aujourd’hui, la menace est plus grave. C’est un choix qui doit être fait.
J.-P. Thorreton 
*
Il en est une troisième, à l’ouest, qui est une tour-porte avec un beau passage voûté. Quadrangulaire, elle est peu connue car, privée de sa couverture, elle ressemble à une grosse maison.
(…) ce joyau qu’est Saint Gengoux, qui ne demande qu’à se révéler, risque de disparaître morceau par morceau…
C’est le pire qui a été réalisé ! Toutes les destructions redoutées ont été exécutées, et d’autres encore, tout aussi dommageables. Et, maintenant, de nouveaux projets catastrophiques sont défendus pied à pied.

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Saint Gengoux le National – son eau perdue

Le ruisseau des Tanneries (côté gauche de la Rue des Tanneries) : appareillage pouvant appartenir au canal du ruisseau qui était utilisé par les tanneurs.

Saint Gengoux le National – son eau perdue

A gauche de la Rue des Tanneries : une mare

photo ACG 2013

Dans la même Rue des Tanneries, les anciens et un texte* attestent qu’un autre ruisseau – ou une partie détournée de la source de Manon – coulait côté gauche après être passé sous l’ancien Couvent des Ursulines (aujourd’hui Foyer Rural). Dans l’entrée arrière de ce bâtiment, une trappe donnerait accès à un escalier menant à une pièce où coule l’eau. Le ruisseau alimentait ensuite un petit lavoir aujourd’hui disparu et passait sous des maisons – dont au moins un atelier de tanneur (lots n° 551, 526, 527 et 528 du plan NOL_043.JPG). Actuellement, l’eau coulerait toujours sous les maisons, et, plus loin, sous la route.

* sur les obligations de nettoyage liées à l’activité d’un tanneur

 

L’hostilité presque générale à la cause de l’eau et des biens communs nous a empêché d’en savoir plus.

 

A une cinquantaine de mètres du Foyer Rural en allant au Sud, dans le grand jardin d’une maison récente (lot 529 du plan précédent), il y a une mare (naturelle ?) et, en contrebas du muret bordant le trottoir, un ancien chemin de larges pierres plates pourrait être un aménagement du bord de l’eau.


Toujours Rue des Tanneries, jusqu’au début des années 1980, au niveau de l’actuel parking de Gammvert, le Nolange traversait pour longer la pente de la Grande Terre où est aujourd’hui construit un lotissement. Les deux ruisseaux devaient probablement se rejoindre à cet endroit. Des anciens se souviennent y avoir vu des poissons.

 

D’après une carte d’Etat Major du XIXème siècle et, mieux, d’après un plan cadastral du hameau de Nourue datant de 1827 *, la Rue des Tanneries suit le Nolange jusqu’au carrefour avec la Rue de Longemeau et la Rue du 19 mars 1962 en direction de Saint martin de Croix. Ensuite, le tracé du ruisseau correspond au tracé du GR 76, avant de rejoindre le moulin de La Boutière, à hauteur de l’Est du lagunage actuel (moulin aujourd’hui disparu). Le Nolange obliquait, alors, vers l’Ouest et rejoignait le Chirot, le ru de Montvallet et l’Ermite réunis en amont du Moulin de Foulot. Mais ce tracé n’est déjà plus le lit naturel du ruisseau. C’est le bief du moulin.

Sur cette photo prise le 20 septembre 1945, de gauche (au milieu) à droite, entre la sortie sud de la cité médiévale et le moulin de Foulot (milieu droite), comme un Z étiré, la ligne de végétation la plus fournie – qui s’écarte de la route prolongeant le faubourg – est la ripisylve du canal de la Rue des Tanneries et du bief de l’ancien moulin de la Boutière. C’est le cours modifié du ruisseau de Nolange que l’on voit ensuite rejoindre les ruisseaux de Chirot et de l’Ermite, à droite et en bas de la photo avant le moulin de Foulot.

Au-dessous, la ligne de végétation moins fournie, qui rejoint la ripisylve précédente, suit le talweg. C’est le lit naturel du ruisseau de Nolange.

photo ACG 2013

Le début du tracé du bief du moulin de la Boutière et un vestige de la ripisylve de 1 kilomètre détruite en même temps que le ruisseau, en 1983. Le peu qui subsiste permet de se représenter l’ampleur du saccage.

Les anciens se souviennent qu’à cet endroit, dès la Rue des Tanneries et tout au long de son cours aval, le Nolange était poissonneux.

 

Aujourd’hui, c’est seulement sur la fin de son parcours, à partir du Hameau de Pontot, que le ruisseau* retrouve une ripisylve 

* depuis le Hameau de Nourue jusqu’à la Grosne, le ruisseau se nomme tantôt Nourue, tantôt Mesceau, du nom du moulin de ce tronçon

Saint Gengoux le National – son eau perdue

Le remblai de GammVert (ex-Jardinat) contruit sur le lit du Nolange,

le pré où passe le ruisseau (busé) et où la municipalité voudrait construire un supermarché, un parking et une station-service,

la Tour des Archers (classée),

et le Mont Péjus (classé Natura 2000).

photo ACG 2013

Au-delà du bitume (remblai de l’actuel magasin GammVert), notez la qualité du paysage et la Tour des Archers, qui témoigne de l’histoire de la cité royale fortifiée au XIIIème siècle



 

 

 

 

 

 

 

 

Derniers témoins de la tête de bassin versant,

3. Des espèces protégées subsistent à grand peine

 

Faute de temps et, il faut bien le dire, d’aide*, nous n’avions pu faire un vrai travail d’identification de la faune et de la flore.
*
plusieurs refus de ceux qui en savent plus

 

Heureusement, la SHNA (société d’histoire naturelle et des amis du muséum d’Autun) est venue à notre secours en nous indiquant 2 vaillantes espèces survivantes identifiées dans la tête de bassin versant de Saint Gengoux

 

Agrion de Mercure, une petite libellule bleu 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cuivré des Marais, un papillon

 

 

 

 

deux espèces caractéristiques des prairies humides, ruisseaux, mares…


Nous les connaissions mais n’avions pas réalisé leur importance.

Autres habitants remarquables de la tête de bassin versant :

– le papillon Bel-argus (Lysandra bellargus), aussi Azuré bleu céleste,

– le Nacré de la Sanguisorbe,

– le Lézard Vert,

– le Hibou Petit Duc,

la Huppe Fasciée,
– la Pie Grièche écorcheur 

 

 

Cela nous rappelle la stupéfaction devant les réponses de l’EPTB (établissement public territorial de bassin) de la Rivière Grosne, et de l’ONEMA, quand le collectif et le Pays d’Art et d’Histoire entre Cluny et Tournus (1) les ont alertés de la destruction d’une mare préservée au Mont Goubot (2).

 

De bout en bout, les services officiels censés appliquer la loi sur l’eau et les milieux humides (LEMA) ont manqué à leur rôle à Saint Gengoux le National.

 

S’il en était besoin, la présence de quelques espèces résiduelles nous dit que la tête de bassin versant mérite beaucoup plus d’attention qu’il ne lui en est accordé.

 

le contexte…

Onze espèces de libellules sont menacées de disparition en France


Sur les 89 espèces de libellules présentes en France métropolitaine, onze sont aujourd’hui menacées de disparition, alerte l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dans sa Liste rouge nationale parue ce 30 mars. Ces nouveaux résultats sont publiés en collaboration avec le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Deux espèces ont déjà disparu (Leste enfant et Leucorrhine rubiconde). Treize autres espèces sont quasi menacées.

 

« La situation préoccupante rencontrée par bon nombre d’espèces reflète les atteintes faites aux zones humides, qui constituent leurs habitats naturels », préviennent l’UICN et le Museum. Ces zones humides (cours d’eau, étangs, mares, tourbières) forment le milieu de vie de ces espèces et sont « indispensables » au développement de leurs larves. (…)

 

Et, parmi celles qui sont le plus en danger : l’Agrion bleuissant qui est très proche de l’Agrion de Mercure que l’on trouve encore dans la tête de bassin de St Gengoux.  

 

 

(1) Charte architecturale et paysagère du Pays d’Art et d’Histoire entre Cluny et Tournus, chapitre « Identification du vivant », page 41 :

http://www.pahclunytournus.fr/documents/portal651/pah-diagnostic-indentification-du-vivant.pdf


(2) (…) En ce qui concerne la destruction de mare, ou plus généralement de zone humide, il y a deux types de règlementation, qui malheureusement ne s’applique pas dans le cas présent :

 ·         La nomenclature des opérations soumises à autorisation ou à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-3 du code de l’environnement La rubrique 3.3.1.0. stipule que « l’assèchement, la mise en eau, l’imperméabilisation, le remblais de zones humides ou de marais » : 

o   Est soumis à autorisation si la zone asséchée ou mise en eau est supérieur ou égale à 1 ha ;

 

o   Est soumis à déclaration si la zone asséchée ou mise en eau est supérieure à 0,1 ha (soit 1000m²), mais inférieure à 1 ha.

 

Þ la mare de Saint Gengoux est en dessous des seuils de déclaration et d’autorisation, elle n’est donc pas soumise à la loi sur l’eau.

·         La destruction d’espèces protégées 

Un agent de l’ONEMA s’est rendu sur place, il n’a pas constaté la présence d’espèces protégés.
Cette dernière affirmation est d’autant moins sérieuse que cette visite a été faite après l’alerte, alors que la destruction était déjà avancée et que la plupart des animaux avaient fui.  



 

 

 

 

4. Acqua incognita

(de « Aqua Incognita: the unknown headwaters », Bishop and al., 2008)

ou l’escamotage du ruisseau de Nolange aux yeux de tous


Aujourd’hui, on peut visiter Saint Gengoux sans réaliser que l’eau y est abondante et qu’il y coulent des ruisseaux, et même y habiter depuis longtemps sans savoir où passe le Nolange – encore moins où il passait.

Témoignage de la perte de la mémoire, du désintérêt et, sans doute, d’un autre dysfonctionnement, sur la carte officielle de la cité comme sur la carte hydrographique de l’IGN, le tracé du Nolange est réduit à un pointillé rectiligne tout à fait fantaisiste.

Mieux encore, selon CARMEN, l’outil cartographique du Ministère de l’Environnement sur le site de la DREAL Bourgogne, le Nolange a bien une source, il coule jusqu’aux abords de la cité et… il disparaît mystérieusement. Effacé le ruisseau historique de la « Cité Saint Louis » qui alimentait le fossé de la muraille Ouest, un lavoir, des ateliers de tanneurs et quatre moulins (la Boutière, le Foulot, Pontot, Messeau) !

 

Il convient de préciser que le ruisseau de Nolange, au niveau de la cité médiévale, est alimenté par 3 sources principales :

  • la Fontaine de Nolange et d’autres sources moindres,
  • la source du Vernet,
  • et la source de Manon depuis son captage il y a plus de sept siècles.

 

A ces 3 sources abondantes et encore appréciées il y a peu s’ajoutent les sources du Mont Goubot sous la cité. Elles seraient 7 et ce sont elles qui alimentent la Fontaine de Jouvence. Et n’oublions pas le ru qui s’écoule sous l’ex-Couvent des Ursulines et alimentait les ateliers de tanneurs du côté Est de la Rue des tanneries…

 

Or, aujourd’hui, c’est comme si la cartographie officielle avalisait les destructions de ces dernières cinquante années, même les cartes des organismes dont la fonction est de « concrétiser la mise en oeuvre du principe de non-dégradation des milieux aquatiques« * et d’appliquer la Loi sur l’Eau qui invite à réhabiliter ce qui a été détruit.

* SDAGE du Bassin Rhône Méditerranée : principales dispositions concernant l’urbanisme


L’insuffisance de l’identification des zones humides est connue, au moins par certains :

 (…) il n’existe pas de cartographie exhaustive des zones humides malgré quelques inventaires non exhaustifs sur certains bassins versants. Il n’existe pas non plus de cartographie juridique des cours d’eau. Le seul critère de la carte IGN au 1/25 000 ne suffit pas, tout comme la présence ou non d’une toponymie. (…)
La mise en application de la réglementation en Saône-et-Loire

par Bertrand Dury

http://www.agronomie.asso.fr/?id=356

 

On observe d’autres carences étonnantes en consultant le ROE (Référentiel des Obstacles à l’Ecoulement sur les cours d’eau). Excepté pour un affluent du Ruisseau de Nolange (le Ruisseau de l’Ermite sur la commune de Saint martin de Croix), les obstacles majeurs à l’écoulement des crues et à la continuité écologique sont oubliés. 

la carte du ROE

la situation réelle

Tout près des quelques « obstacles » identifiés, des destructions majeures sur des centaines de mètres : 3 kilomètres d’enterrement de cours d’eau, des remblais, des saccages de ripisylves, au moins une décharge brute chargée de produits chimiques, non curée et non analysée, etc. qui ont profondément dégradé toute la tête de bassin versant et pollué son eau.

 

De plus comme on peut le constater en regardant la carte ci-dessus, le Pré A l’Agasse est compris dans la tête de bassin versant : à cet endroit le rang de Strahler du Ruisseau de Nolange est égal à 2 et la pente toujours supérieure à 1%. C’est donc, à plusieurs titres, l’exemple même du lieu qui devrait être l’objet de toutes les attentions (et, en l’occurrence, soigneusement restauré).

 

Comment tout cela peut-il être ignoré par les services officiels ?

 

On voit, aujourd’hui à Saint Gengoux l’ex-Royal où l’eau coulait abondante, que ces lacunes, qui s’étendent à toutes les formes de l’eau libre – jusqu’au ruisseau principal, pourraient avoir de très graves conséquences si nul ne s’étonne et n’alerte contre les projets trop hâtivement conçus ou malencontreusement inspirés par les erreurs et les destructions d’hier.

 

Mais comment a-t-on pu perdre la conscience d’un ruisseau qui a façonné une vallée et dont le voisinage a été recherché par les créateurs d’une cité et leurs successeurs pendant des siècles ?


Une Rue du Bourg Hameau traversée par le ruisseau en canal 
(…) Dans certains cas, la rivière n’est même plus visible. Canalisée et enterrée, elle n’existe plus dans l’inconscient collectif, si ce n’est ponctuellement et de façon négative par exemple lors de débordements des réseaux. (…)
Le cas des rivières « inexistantes » ou oubliées :
Guide méthodologique réalisé par l’agence de l’eau Loire-Bretagne
Guide méthodologique – Restauration des cours d’eau – Agence d
Des pratiques, souvent communautaires, sont abandonnées. La préoccupation de l’eau, des utilités et des agréments qui l’accompagnent, se dissipe. Les sources avec leurs qualités respectives, les fontaines où l’on puisait l’eau, le cours d’eau avec son cresson et ses écrevisses, la nappe phréatique qui mouille les serves dans les jardins… peu à peu, les connaissances élémentaires sont oubliées et l’indifférence grandit jusqu’à l’ignorance, jusqu’à trouver « normal » que l’eau soit polluée par les effluents et les ordures.  A propos des destructions spectaculaires de la Rue des Tanneries, nous avons écrit : tout ici témoigne d’une perte complète de la culture du lieu, de sa riche histoire et de la connaissance de son environnement. En effet, plus encore qu’avec l’eau, de tels ravages du patrimoine légué par les anciens, et toujours nécessaire au plaisir d’habiter et à l’attrait touristique, n’ont pu être commis qu’après une profonde insensibilisation des habitants à leur environnement, jusqu’à la perte de conscience.

 A la perte de la culture locale, donc de l’environnement – déculturation -, correspond la chosification du vivant et la dévalorisation du bien commun. C’est un processus de réification qui libère les appétits nuisibles et rend possible toutes les dégradations. Comme à Saint Gengoux (encore le Royal), un spéculateur est autorisé à s’approprier les douves de la muraille ouest en échange de la canalisation du ruisseau. Puis, il y a soixante ans, la source historique de la cité est directement polluée par les ordures municipales (exprès ?), le ruisseau sert d’exutoire aux effluents, la saleté de l’eau devient prétexte pour recouvrir le canal, on enferme le ruisseau dans un long tuyau pour construire au-dessus, les remblais se succèdent en travers du talweg de la vallée, on détruit totalement le ruisseau et un bief de moulin, des maisons historiques, des ponts, des lavoirs, etc. De destruction en destruction, la représentation de l’eau et de la vie qui l’accompagne se dégrade plus encore et la perte de conscience ne cesse de grandir.

 Ainsi, presque insensiblement, l’espace de l’eau et de la vie devient un banal « terrain » où l’on peut faire n’importe quoi sans aucun souci des conséquences. Il n’y a plus de limite aux destructions et, bientôt, tout le monde trouve normal de projeter la construction d’une station-service dans le lit du ruisseau et sa nappe phréatique oubliés ! Le plus étonnant, dans cette longue dégradation de la cité, est que les administrations spécialement chargées d’empêcher ces saccages n’ont rien fait. Au contraire !

 
http://imaginaction.over-blog.org/10-categorie-10294158.html
Saint Gengoux le National n’est pas tout à fait l’une de ces grandes cités dont une expansion incontrôlée a mis à mal la campagne et le patrimoine. La population est à peu près stable et il n’y a que mille habitants. Pourtant…

5. L’énigmatique saccage de 1983 et la stratégie de la substitution



Au sortir de la Rue des Tanneries, le ruisseau de Nolange, dans son tracé détourné pour alimenter le bief du vieux moulin de la Boutière, a été détruit sur 1 kilomètre. Exceptés deux ou trois petits bouquets d’arbres, la ripisylve a aussi été détruite. C’est donc une destruction paysagère, historique et écologique considérable. Une amputation aux lourdes conséquences. Mais le cours naturel du ruisseau, dans le talweg, là où affleure sa nappe d’accompagnement, n’a pas été rétabli. Bizarrement, le ruisseau de Nolange a été enterré dans son propre lit !
 Depuis, sur 200 mètres, le ruisseau est enfermé dans une buse de 1 mètre de diamètre qui traverse en biais le Pré A l’Agasse en direction du Pré de la Tour et débouche exactement dans la continuité de son lit naturel, là où subsiste encore la ripisylve d’origine. Ce joli travail a été réalisé à la même époque que le creusement du lagunage, au début des années 1980. Les photos aériennes de l’époque en témoignent.


Comment une telle destruction a-t-elle pu être réalisée au vu et au su de tous ? 

En 1983, la Directive Cadre Européenne sur l’eau était seulement en gestation, mais on ne pouvait faire n’importe quoi. Il y avait des textes législatifs et des administrations veillant à la protection des eaux. Un saccage aussi spectaculaire aurait-il été réalisé sans autorisation et sans que l’administration s’en aperçoive ? Impossible puisque même la cartographie en a été changée, avalisant de la sorte la destruction du ruisseau.

Simultanément, le ruisseau a été nié aussi dans les écritures : il est, tout à coup, devenu « conduite communale d’eaux pluviales« . C’est l’expression mensongère que l’on retrouve en 2013 dans le dossier technique de demande de permis de construire. Donc, c’est depuis le début des années 1980 que l’on tente de faire oublier le relief et l’eau en fond de vallée, d’occulter le ruisseau et sa nappe phréatique d’accompagnement, de faire oublier les inondations, pour ne plus parler que d’égouts et de « débordements des réseaux« .

 L’histoire et l’observation des lieux ne sont pas seules à dénoncer la falsification de la réalité.

Sur ce cliché n°178 de la mission aérienne 0600-0421 du 28 septembre 1983, en travers du pré carré situé sous le milieu de la photo, on voit parfaitement la nouvelle tranchée dans laquelle le ruisseau de Nolange vient d’être enterré dans une buse jusqu’au Pré de la Tour, tandis que le bief du moulin de La Boutière a été comblé et sa végétation entièrement détruite. 

Même pour qui ne connaîtrait pas le ruisseau de Nolange, la dimension de la canalisation suffirait à révéler son existence : un diamètre de 1 mètre pour les « eaux pluviales » des toits et voiries de la cité en amont de la buse (moins de 0,2 km2)… Le rapport est plus évident avec les plus de 4,5 km2 du bassin versant en amont de l’Agasse ! Pourtant, en 2015 encore, même après avoir reconnu l’existence du ruisseau (mais toujours évoqué comme un vulgaire canal sans vie), tout le monde officiel s’entête à réduire l’eau et son environnement à un banal problème mécanique et à noyer les crues éclairs dans de simples débordements de réseaux – bien entendu sans tenir aucun compte de l’hydrogéomorphologie, de l’écologie, de l’histoire, et de la disproportion des volumes entre les unes et les autres.

Sur ce point extrêmement important, un organisme européen – le CEPRI, Centre Européen de Prévention du Risque d’Inondation – procure un appui officiel précieux. Il a édité un guide qui confirme la grande insuffisance de la prise en compte des crues typiques des têtes de bassin versant. Et il souligne la distinction entre l’inondation par ruissellement (ou crue éclair) et le refoulement des réseaux, distinction qui tombe sous le sens mais nécessaire, nous le voyons avec Saint Gengoux :

Prévision des crues mais… pas des inondations et encore moins du ruissellement !
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/094000166/0000.pdf

 

 

Rien, pas même la création du lagunage, ne semble pouvoir justifier la suppression du canal et du bief de l’ancien moulin, la destruction de la ripisylve et, presque plus stupéfiant encore, le busage du ruisseau dans son propre lit naturel. 

Alors, pourquoi ces travaux ? Qui a décidé d’un tel chantier ?

Ces deux extraits de comptes-rendus du Conseil Municipal de l’été 1984 (30 août et 24 septembre) parlent d’un « déversoir d’orage » dans le Pré de la Tour et démontrent l’implication de la DDA (c) dans le saccage du ruisseau (avec attribution de généreuses subventions !).

Sous le bitume, le bief du moulin de la Boutière effacé avec le ruisseau et sa ripisylve. A gauche le début du chemin réalisé en comblant le bief. Aujourd’hui, on peine à imaginer tout ce qui a été perdu – la qualité de l’eau, la biodiversité, une partie de l’histoire de la cité médiévale, le paysage…

 

Comment la DDA, sous autorité du Ministère de l’Environnement, qui avait charge de « mettre en œuvre, au niveau départemental, les politiques publiques relatives (…) à la gestion de l’eau et de l’environnement (et à) la protection de la nature » a-t-elle pu commettre cette action en contradiction exacte avec sa mission ? Se pourrait-il qu’il s’agisse d’une erreur d’appréciation (mais qui n’expliquerait pas la destruction du bief) ? Une très malheureuse décision du Conseil Municipal prise deux ans auparavant pourrait faire pencher pour l’erreur (augmentation de la surface de la décharge brute qui pollue la source de Manon). Mais la DDA…

 

Après la « conduite communale d’eaux pluviales« , le « déversoir d’orage » ne manque pas d’étonner car, même en supposant que le bief de l’ancien moulin ait comporté un quelconque obstacle au bon écoulement des crues, cela n’explique guère l’inondation de la Rue des Tanneries plusieurs mètres au-dessus, et surtout pas la destruction du cours d’eau et de sa biocénose sur 1 kilomètre.

 

D’autre part, la buse substituée au canal et au bief* ne ressemble en rien à un déversoir. Elle ne fait que conduire le ruisseau dans son propre lit, mais plus loin, réduisant d’autant son espace d’expansion des crues ! Un déversoir d’orage pour le ruisseau lui-même ? Un ruisseau déversé en lui-même ?! C’était sans doute un nouveau concept (mais il n’a pas fait école).

* le canal et le bief qui, eux, devaient comporter un déversoir libérant l’eau excédentaire dans les lits mineur et majeur du Nolange avant qu’elle ne fasse déborder le bief, donc dans le Pré A l’Agasse. Et, d’ailleurs, sur les photos aériennes, on devine le tracé de cet écoulement.

 

« Conduite communale d’eaux pluviales« , « déversoir d’orage« … Le langage employé révèle soit une invraisemblable erreur doublée d’un saccage gratuit, soit l’intention de tromper : le ruisseau a été précautionneusement déversé après le Pré A l’Agasse. Pourquoi pas avant, dès qu’au sortir du canal de la Rue des Tanneries il pouvait retrouver son lit naturel (mineur et majeur), donc sa zone d’expansion des crues ? Vu l’ampleur du chantier et l’importance des dégâts, on n’ose imaginer que ce soit pour faire l’économie d’un pont permettant le passage du ruisseau (et l’écoulement des crues) sous la Rue du 19 mars 1962.

 

Evidemment, pour l’hydromorphologie, la qualité de l’eau, la diversité des populations animales et végétales, et la continuité écologique, tout cela est parfaitement fantaisiste et nuisible, dramatique même. Pas étonnant, donc, que cette campagne soit si pauvre en animaux et en diversité végétale (d) ! D’ailleurs, chacun peut, à Saint Gengoux et alentour, constater un appauvrissement spectaculaire des populations d’insectes, d’oiseaux, de mammifères (d bis).

 

Les travaux de 1983 sont, même, nuisibles jusqu’à l’absurdité puisque, si la buse de 1 mètre est surdimensionnée pour les « eaux pluviales » de la cité, elle ne l’est pas pour le ruisseau et son bassin versant pentu de plus de 4 km2 * (en amont du Pré A l’Agasse pour le seul Ruisseau de Nolange) – sans compter le bassin de la Source de Manon détournée. Là encore, un seul orage (le 10 juin 2008) en a fait la démonstration. Si bien que, dans l’hypothèse où, seul, le soucis de prévenir de nouvelles inondations, comme en décembre et en mai de ces années 82 et 83, a inspiré ce chantier, cela n’explique pas le busage du ruisseau jusqu’au Pré de la Tour. D’autant que la nouvelle buse constitue un obstacle à l’écoulement ! 

* Cette buse est, d’ailleurs, inférieure à la buse qui, en amont (à partir du Bourg Hameau), est destinée à recevoir un débit moindre.

 

Remarquons que c’est là une configuration idéale pour les crues-éclair. Ci-dessous, le relief de la vallée en amont de la cité :

Le 10  juin 2008, l’eau d’un seul orage recueillie par la vallée du Nolange, par le vallon du Vernet, par le vallon de la source toujours captée-polluée de Manon et par le chevelu des rus torrentueux, a déferlé en quelques minutes sur la cité *. Même chose à l’ouest avec le Chirot. Et tous les désordres créés depuis les années cinquante-soixante ont été mis en évidence.

* un ruissellement d’autant plus rapide que : la vallée a été débocagée, le ruisseau recalibré, sa ripisylve largement détruite, les zones humides drainées.

 

 

 

 

 

 

6. L’inondation

 

Le chantier de 1983 qui a escamoté le ruisseau de Nolange n’était peut-être pas une erreur. Rien, à l’époque ne peut l’expliquer, mais la suite des événements jette une lumière douteuse sur cette déraison. Ce saccage semble bien avoir été le premier acte d’un projet plus destructeur encore.

 

Une volonté délibérée d’effacer le ruisseau dans le Pré A l’Agasse, pour donner l’illusion que cette partie du fond de vallée, cette portion du lit mineur et majeur peut être urbanisée, peut expliquer la destruction du cours du ruisseau via le bief du moulin et son enterrement. Par exemple, une volonté concrétisée par le projet commercial étranger à l’économie locale qui se succède à lui-même depuis le début des années 1980.

 

Le saccage du ruisseau de Nolange laisse interdit. Comment une destruction aussi dommageable pour la cité, pour la région et la continuité écologique jusqu’à la mer, pour chacun, n’a-t-elle pas soulevé l’indignation et réveillé la conscience du bien commun ? Cela renvoie encore à la spectaculaire pollution, suivie d’un étrange abandon définitif, de la source historique de Manon.

 

Une malédiction pèserait-elle sur les biens communs de Saint Gengoux le National ?

 

On peut se le demander en voyant l’ancienneté des désordres créés. Déjà en 1839, au Bourg-Hameau, « (…) les barrages qui ont été faits par divers propriétaires et encore à cause des matériaux et immondices qui depuis longtemps ont été déposés dans le dit Reuil-Bertrand, qui se trouve par ce motif obstrué dans toute sa longueur. » (Conseil Municipal du 4 novembre 1839). Résultat : des inondations d’habitations à répétition.

 

Mais, si importantes que soient les destructions, la réalité hydrogéomorphologique ne change pas. La source de Manon coule toujours. Et, effacé en surface, busé, après cinquante ans de négation, le Nolange est toujours un ruisseau au regard du Droit. Cela, les promoteurs-destructeurs ne l’avaient pas prévu.

 

Dans le Pré A l’Agasse, le lit naturel du ruisseau est toujours parfaitement visible. C’est naturellement le talweg, lequel est, d’ailleurs, mouillé par la nappe phréatique en période pluvieuse. Le Nolange coulait là avant d’être une première fois détourné pour alimenter l’ancien moulin de la Boutière. Le Pré A l’Agasse est donc traversé par le lit naturel du Nolange – exactement là où le projet ATAC avait prévu d’enterrer (on devrait dire : immerger) les cuves de la station-service ! Même observation pour le remblai de GammVert.

Sur cette carte IGN de 1978 (2927E_25K), les courbes de niveau dessinent avec précision le talweg où coule naturellement le Nolange.  Exactement à l’emplacement envisagé pour une station-service !

 

Extrait d’un plan du XVIIIème siècle où, l’on voit clairement le Ruisseau de Nolange à la sortie sud de la cité médiévale.

Le ruisseau passe entre les maisons de tanneurs* et les bâtiments du couvent des Ursulines (la plupart ont été détruits). Puis il s’écarte du tracé de la Rue des Tanneries, traverse le lieu dit A l’Agasse pour, peu après, rejoindre le Ruisseau de Chirot qui descend de La Rochette.

* les belles maisons qui figurent sur les cartes postales de la Rue des Tanneries

 

Il est facile de constater que, sur ce plan du XVIIIème siècle, le Ruisseau de Nolange suit bien le talweg dessiné sur la carte IGN de 1978. 

Ce plan fait partie du descriptif de la Route n° 34 de la limite de la généralité de Franche-Comté à la limite de la généralité du Bourbonnais, portion de Joncy à Tournus
http://www.archives71.fr/_depot_cg71_imgs/AD71EAD/CSUPPC1_7.pdf

Carte IGN 2014

le tracé du Ruisseau de Nolange n’est guère exact dans sa traversée de la cité médiévale mais, à partir de la Rue des Tanneries, on retrouve son lit naturel dessiné sur les plans anciens

 

Toutes ces dégradations ont tué le Nolange. Son eau n’entretient plus aucune vie. Elle est morte et, de surcroît, polluée. Enterré dans des tuyaux sur 1 kilomètre, son bassin versant saccagé, sa ripisylve détruite de bout en bout *, le nolange n’est plus le lieu de vie et de passage (continuité écologique, tant pour la faune que pour la flore) qui reliait les écosystèmes désormais protégés du Mâconnais et du Chalonnais. C’est un appauvrissement considérable, non seulement pour Saint Gengoux, mais aussi pour toute la région et les eaux de l’aval.

* Au pays de Lamartine, un homme qui savait voir l’arbre, ces destructions de ripisylves et de bocages semblent d’autant plus absurdes.

 

Présentation du permis de construire un supermarché, un parking et une station d’hydrocarbures dans le lit du ruisseau de Nolange et sa nappe d’accompagnement

Le dossier technique de la demande de permis de construire affirme : « le terrain n’est pas traversé par un ruisseau« . Il a cependant été signé par le maire soutenu par tous les élus !

 

Menace pour l’économie locale

Comme pour compléter la nuisibilité écologique, paysagère et historique du projet, le lieu envisagé pour le supermarché est seulement à 350 mètres du barycentre des commerces locaux qui résistent encore aux implantations de la grande distribution (la Saône et Loire détient le triste record des grandes surfaces et, à Saint Gengoux le National, 40 commerces ont fermé en 20 ans). C’est, d’ailleurs, cette proximité qui fait le malheur de cette campagne depuis 1983 : la grande distribution veut évidemment s’implanter au plus près du centre bourg pour conquérir la totalité du marché local et, ici, aucune des régulations démocratiques et administratives en usage partout ailleurs ne fonctionne.

 

 

 

 

 

7. Le ruisseau en termes de Droit

Après cinquante ans de négation et d’effacement, le Nolange est-il toujours un ruisseau au regard du Droit ?

Le commentaire de Carl Enckell :

« Définition d’un « cours d’eau » : la réponse du Conseil d’État vaut-elle pour le domaine public ?« 

nous a beaucoup aidé pour convaincre l’administration de reconnaître l’existence du ruisseau. Ci-dessous :

 

Dans un  arrêt du 21 octobre 2011, Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement C/ EARL CINTRAT (requête n° 334-322 publiée au Lebon), le Conseil d’Etat précise la définition d’un « cours d’eau »…

Le « cours d’eau » est une expression fréquente en droit de l’Environnement, non seulement au titre des activités dites « IOTA » (soumises à la loi sur l’eau) mais aussi s’agissant des installations classées. En effet, plusieurs rubriques de la nomenclature des ICPE imposent aux équipements industriels des précautions vis-à-vis de « cours d’eau » (une distance minimale).

Encore faut-il savoir ce qu’il convient d’entendre par cours d’eau : peut-il s’agir d’un canal artificiel, d’un ruisseau ?

rappel :

La Circulaire DE / SDAGF / BDE n°3 du 2 mars 2005 relative à la définition de la notion de cour d’eau
(…)
La qualification de cours d’eau donnée par la jurisprudence repose essentiellement sur les deux critères suivants :

  • la présence et la permanence d’un lit naturel à l’origine, distinguant ainsi un cours d’eau d’un canal ou d’un fossé creusé par la main de l’homme mais incluant dans la définition un cours d’eau naturel à l’origine mais rendu artificiel par la suite, sous réserve d’en apporter la preuve – ce qui n’est pas forcément aisé – ;
  • la permanence d’un débit suffisant une majeure partie de l’année apprécié au cas par cas par le juge en fonction des données climatiques et hydrologiques locales (1) et à partir de présomptions au nombre desquelles par exemple l’indication du « cours d’eau » sur une carte IGN  (2) ou la mention de sa dénomination sur le cadastre.

(…) il demeure toutefois essentiel de prendre en compte de façon circonstanciée ces deux critères majeurs avant de considérer que l’on ne se trouve pas en présence d’un cours d’eau (…)


La clarification du Conseil d’Etat


Saisi de la légalité d’un arrêté préfectoral qualifiant un ruisseau de « cours d’eau » non domanial et soumettant à autorisation des prélèvements effectués par un particulier, le Conseil d’Etat indique que constitue un « cours d’eau » un écoulement d’eaux courantes dans un lit naturel à l’origine, alimenté par une source et présentant un débit suffisant la majeure partie de l’année.

En revanche, si la richesse biologique du milieu peut constituer un indice à l’appui de la qualification de « cours d’eau », l’absence de vie piscicole ne fait pas, par elle-même, obstacle à cette qualification.

C’est pourquoi un canal artificiel peut être un cours d’eau, lorsqu’il est affecté à l’écoulement des eaux d’une rivière principale (CE, 26 janvier 1972, req. n° 76.893, sieur X).

En l’espèce, le Conseil d’état relève que le ruisseau en question s’écoule depuis une source située en amont d’un plan d’eau et captée par un busage. Il n’est pas seulement alimenté par des eaux de ruissellement et de drainage. Si l’eau s’écoule dans des fosses aménagées dans un talweg, le ruisseau présentait bien, antérieurement à son réaménagement, un lit naturel comme en attestent des données cartographiques.

L’arrêt EARL Cintrat du 21 octobre 2011 confère une force juridique à la circulaire du ministère de l’Écologie et du Développement durable du 2 mars 2005 (Circ. min. Écologie, 2 mars 2005 relative à la définition de la notion de cours d’eau), selon laquelle la qualification de cours d’eau repose essentiellement sur les deux critères vus plus haut.
(…) Les conditions de définition d’un cours d’eau sont donc cumulatives :

  • i. Un écoulement d’eau courante originellement naturel, et alimenté par une source,
  • ii. Un débit suffisant la majeure partie de l’année.

Toute autre considération n’est pas essentielle à la définition d’un cours d’eau, notamment la richesse du milieu, le caractère artificialisé du cours d’eau (busé ou canalisé), ou la circonstance que celui-ci soit domanial ou pas (domaine public ou domaine privé).

Il convient également de retenir de cette décision que la qualification de cours d’eau peut dépendre d’une recherche d’antériorité impliquant de déterminer si un cours d’eau artificialisé a antérieurement été naturel (canal artificialisé ou busé par exemple).

 

Carl Enckell  « Définition d’un « cours d’eau » : la réponse du Conseil d’État vaut-elle pour le domaine public ?« 

http://www.carlenckell.com/archive/2011/11/03/definition-d-un-cours-d-eau-la-reponse-du-conseil-d-etat-vau.html

 

A Saint Gengoux le désormais National, les outrages infligés au « ruisseau de Nolange » ne lui ont pas ôté la qualité de ruisseau, même au regard du Droit. D’autant que, comme nous l’avons déjà vu, là où les promoteurs voudraient ne voir qu’une « conduite d’eaux pluviales« , le ruisseau rassemble plusieurs rus et sources. Par conséquent, le Code de l’Environnement s’applique pleinement à la situation. Que dit-il ?


L’article R.214-1 stipule les règles à respecter en matière d’aménagements envisagés dans le lit mineur d’un cours d’eau, comme à Saint Gengoux le National. 


L’observation du Code de l’Environnement aurait entraîné l’application de la Directive-Cadre européenne sur l’Eau (2000/60/CE) et de la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques de décembre 2006 (LEMA).


C’est probablement ce que le gros mensonge sur la réalité du terrain convoité devait permettre d’éviter… Un trop gros mensonge qui, à lui seul, doit frapper de nullité toute la procédure.

Après la reconnaissance géomorphologique et historique du ruisseau, il faut encore souligner que le projet d’urbanisation de son lit ne s’appuie que sur le Code de l’Urbanisme, ainsi que le souligne le Préfet de Saône et Loire dans une lettre le 9 janvier 2014 :

(…) Le dossier a été instruit sur la base du document d’urbanisme en vigueur et de la réglementation du Code de l’urbanisme. (…)

Et il souligne : « Un permis de construire ne pourrait être refusé en raison d’une illégalité relative à la loi sur l’eau » (?!)

 

Or, le Diagnostic du Schéma Régional de Cohérence Ecologique précise clairement page 14, article 1.5.3.1, que le Code de l’Urbanisme doit « prendre en compte » le SRCE :

la nouvelle rédaction des principes fondateurs des documents d’urbanisme (article L121-1 du code de l’urbanisme) ajoute au nombre des objectifs de développement durable « la préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques »

C’est la logique même et, à Saint Gengoux le National, elle est bafouée de manière flagrante.

 

 

 

 

Cependant, une mise en garde s’impose :

8. Contournements et détournements de la législation sur l’eau

et insuffisance de celle-ci

 

Les rédacteurs de l’arrêt EARL Cintra devaient être de bonne volonté et animés par le soucis du bien commun. Leur texte a bien embarrassé ceux qu’un déficit d’ouverture sur le vivant – ou trop d’ouverture sur les intérêts qui lui sont nuisibles – conduit à réduire tout ce qui coule et bouge à sa plus simple expression. Bien à regret, ils doivent reconnaître – pourvu que quelqu’un les y contraigne – l’existence de ce qu’ils niaient éhontément, ainsi un ruisseau récemment enterré comme le Nolange.

Le Nolange en amont

 

Rappelons-nous l’évocation d’Elisée Reclus : 

«Dans nos pays de l’Europe civilisée où l’homme intervient partout pour modifier la nature à son gré, le petit cours d’eau cesse d’être libre et devient la chose de ses riverains. Ils (…) l’emprisonnent entre des murailles mal construites que le courant démolit; ils en dérivent les eaux vers des bas-fonds où elles séjournent en flaques pestilentielles; ils l’emplissent d’ordures qui devraient servir d’engrais à leurs champs; ils transforment le gai ruisseau en un immonde égout. (…) le ruisseau, devenu cloaque, entre dans la cité, où son premier affluent est un hideux égout (…) Le ruisseau que j’ai vu jaillir à la lumière, si limpide et si joyeux, hors de la source natale, n’est plus désormais qu’un égout dans lequel toute une ville déverse ses ordures »

L’eau dans la cité
Histoire d’un ruisseau, ER 1869


La récente reconnaissance de la qualité de cours d’eau n’a pas été faite pour laisser l’heureux élu en son état dégradé par trop longtemps d’ignorance et de malfaisance. Encore moins pour permettre de nouveaux travaux destructeurs qui condamneraient à jamais le ruisseau redécouvert et la tête de bassin versant dont il fait partie ! La reconnaissance implique aussi que soient mentionnés le lit mineur, le lit majeur, la nappe phréatique d’accompagnement (!) et tout (plantes, animaux, qualité de l’eau d’amont en aval, etc.) ce qui en fait un ruisseau – c’est à dire, non pas seulement un flux d’H2O, mais une unité de vie complexe, un écosystème. C’est une première mesure de sauvegarde en attendant la libération et la restauration.

 

Cependant, les rédacteurs de l’arrêt EARL Cintra semblent n’avoir pas vu que la reconnaissance quils amorçaient est loin d’être suffisante. Par exemple, cette phrase :

« Si la richesse biologique du milieu peut constituer un indice à l’appui de la qualification de cours d’eau, l’absence d’une vie piscicole ne fait pas, par elle-même, obstacle à cette qualification.« 

fait dire à Carl Enckell :

« Toute autre considération n’est pas essentielle à la définition d’un cours d’eau, notamment la richesse du milieu (…) »

(« Définition d’un « cours d’eau » : la réponse du Conseil d’État vaut-elle pour le domaine public ?« http://www.carlenckell.com/archive/2011/11/03/definition-d-un-cours-d-eau-la-reponse-du-conseil-d-etat-vau.html)

 

Dans une situation d’oubli et de dégradation souvent complète, il est logique qu’il ne soit pas nécessaire que subsiste tout ou partie de l’écosystème d’origine pour qu’il y ait reconnaissance *. Ponctuellement, c’est très utile pour préserver ce qui a été oublié, maltraité et qui est toujours menacé, même s’il ne reste guère plus que le talweg, le profil du lit majeur et la nappe d’accompagnement. C’est très utile afin de prévenir les inondations et de pouvoir restaurer. Mais il n’aurait pas été inutile de souligner l’importance de la morphologie du lit mineur et du lit majeur, et la nécessité de ne pas la modifier. Plus grave : parce qu’elle ne dit rien de ce qu’est un ruisseau en « bon état écologique« , rien de l’écosystème et de son environnement, et rien de son devenir, on devine déjà que la meilleure intention peut être retournée. Et, en effet, même après la reconnaissance officielle de ce qui reste du ruisseau martyrisé, rien n’empêche les ex-négationnistes de poursuivre leurs projets de saccage et d’assassiner définitivement le « cours d’eau » reconnu en interdisant toute restauration (a). Puisque le ruisseau n’est plus qu’un « cours d’eau« … Enfin « protégé« , mais sous un parking ou une station-service, ou les deux !

* Reconnaissance, pas « définition » comme le Conseil d’Etat l’écrit dès le titre de son arrêt (également la circulaire de mars 2005 du Ministère de l’Environnement)… On ne peut prétendre « définir » quelque chose, surtout un ensemble complexe, à partir d’un état dégradé !

 

Exemple :

Penchés sur la tête de bassin versant de Saint Gengoux le National, les services officiels, ceux qui ont mission de protéger et de stimuler la restauration, ont été contraints de reconnaître le Ruisseau de Nolange nié par l’ensemble de la procédure de permis de construire. Mais, s’appuyant sur l’insuffisance de la législation, ils se sont contentés de changer leur vocabulaire, escamotant tout « le ruisseau«  dans le tuyau. Ils sont simplement passés de la négation de l’existence du ruisseau à la négation de sa géomorphologie et de son écologie. Et d’écrire : « la buse où s’écoule le cours d’eau« . Et d’affirmer sans ciller que « le projet initial* ne prévoyait pas d’intervention sur le ruisseau, il n’était donc pas soumis à la loi sur l’eau.« 

* avant une modification de détail

Notons la glissade du « cours d’eau » au ruisseau.

 

Pourtant, dans toutes ses versions depuis une trentaine d’années seulement, le projet prévoit de bétonner, bitumer et diéséliser une section entière des lits mineur et majeur en laissant l’eau de l’ex-ruisseau (morte et polluée) dans son tuyau. Presque mieux : cet endroit fait partie de la tête de bassin versant qu’il serait encore facile de restaurer (rang de Strahler égal à 2 avec une pente supérieure à 1%). Mais même les fonctionnaires qui doivent servir le bien commun, ceux dont les collègues font la promotion de la protection et de la restauration des ruisseaux et des têtes de bassin versant (http://www.colloque-tete-de-bassin.oieau.fr/), semblent vouloir faire abstraction de l’histoire, du contexte architectural, et considérer que la ripisylve, la faune, la flore aquatique, toute la vie, même l’hydrogéomorphologie du lieu et la tête de bassin, accessoirement la nappe d’accompagnement (!), peuvent être dissociés de l’eau (et celle-ci enfermée dans du béton), anéantis sans soucis pour le village et la campagne, la région et tout l’aval.

 

Hier, le ruisseau n’existait plus. Il est maintenant réduit à un trait sur les plans. Un trait que, bien sûr, les cuves de gaz oil éviteraient soigneusement pour laisser intact le tuyau, désormais « ruisseau« , en total respect avec la législation par le petit bout de la lorgnette. Après la reconnaissance juridique, l’anéantissement écologique.

Comment est-ce possible ?

A y mieux regarder, c’est la législation française qui permet ces dérives.

Qu’il s’agisse de l’Arrêt Earl Cintra ou de la circulaire du ministère de l’Écologie et du Développement durable du 2 mars 2005 (Circ. min. Écologie, 2 mars 2005 relative à la définition de la notion de cours d’eau), l’emploi très répandu de la formule « cours d’eau » – littéralement : mouvement d’eau, flux d’eau, constitue le premier problème.

« Cours d’eau » appartient au langage de l’hydrologue, pas au langage de celui qui s’intéresse aussi à la vie : l’écologiste. Si l’on avait voulu rendre compte de la vie qui accompagne l’eau, à « cours d’eau« , on aurait préféré ruisseau qui, au moins depuis Elisée Reclus (1830-1905) parle de l’écosystème en son entier. Au contraire, « cours d’eau » fait d’un réseau dense d’interrelations – l’écosystème aquatique – un objet simple, trop simple…

« 
La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international – la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous – ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature.« 
« Vers une écologie de l’esprit« 
Gregory Bateson 1972

La formule « cours d’eau » efface la dimension transversale du système aquatique et, donc, toute la vie qu’elle comprend ; en fait, toute la vie du ruisseauCette seule formule réduit la problématique écologique à une simple question de dynamique des fluides. Elle favorise la restriction des interprétations et les solutions simplistes – par conséquent : destructrices.

Certes, l’Arrêt EARL Cintra évoque une « vie piscicole« , mais rien n’est dit des autres formes de vie indissociables qui, avec l’élément physique eau, constituent un ruisseau. Et, là encore, « piscicole » semble restreindre la vie qui accompagne ce « cours d’eau » aux poissons « utiles« , ceux qui sont élevés ou entretenus pour notre consommation.


Certes, « la présence d’une végétation hydrophile et d’invertébrés d’eau douce » est aussi évoquée, mais pour souligner que celle-ci n’est pas nécessaire pour identifier, non pas un ruisseau, mais ce qu’il en reste : son fantôme. Malheureusement, la description reste figée dans le temps de la dégradation, et on en revient au « cours d’eau » rudimentaire…

 

A ce jour, en dépit d’une évolution sensible, les tentatives d’écologisation du droit restent sans effet positif pour les têtes de bassin versant et bien d’autres lieux saccagés et encore menacés. En particulier, elles échouent à convaincre les politiques et l’administration de revenir sur le morcellement du bien commun pour protéger les écosystèmes aquatiques.

 

Cette grande insuffisance du droit est aussi soulignée par Aude Farinetti dans « La protection juridique des cours d’eauContribution à une réflexion sur l’appréhension des objets complexes » (éditions Johanet 2012).

Aude Farinetti souligne « l’incohérence de l’attribution de statuts différents au lit et à l’eau des cours d’eau » (page 164). Incohérence encore avec les statuts différents du lit mineur et du lit majeur des cours d’eau domaniaux (page 165). Incohérence toujours avec « l’attribution de statuts différents à l’eau des cours d’eau et de la nappe alluviale d’accompagnement » (!) (page 168).

Page 487 :  « (…) Si une telle solidarité (la solidarité hydraulique qui unit les Etats situés sur un même bassin versant) peut être considérée comme un aspect de la solidarité écologique, elle est beaucoup plus pauvre que cette dernière. Elle n’envisage pas les relations entre les milieux et les espèces et ne s’empare que de façon très incomplète des relations qui unissent les espaces aquatiques et les espaces terrestre. Une telle lacune est d’autant plus regrettable que la solidarité hydraulique est simplement envisagée du point de vue anthropique (…) ».

Un point de vue anthropique dont le droit français et les services officiels de Saône et Loire font une démonstration permanente. Comme le souligne Aude Farinetti, les exigences de la vie biologique sont passées sous silence. Certes, la directive-cadre européenne sur l’eau du 23 octobre 2000 « s’inscrit dans une démarche résolument écologique, puisqu’elle poursuit l’atteinte de bon état écologique et chimique des masses d’eau de surface ou, lorsqu’elles sont fortement modifiées, de leur bon potentiel (…) » (page 515).

Sur le bon état écologique et le bon potentiel :

« Le bon état écologique est donc d’une certaine façon la résultante de compromis entre un certain niveau d’exigence environnementale (maintien des fonctionnalités écologiques et des communautés biologiques caractéristiques du type de milieu considéré) et le développement des activités humaines (…) »
« Le bon état chimique est acquis par le respect des engagements européens en matière de réduction ou de suppression des contaminants qui sont identifiés comme des substances prioritaires et substances prioritaires dangereuses en raison de leur caractère fortement toxique, rémanent (c’est-à-dire persistant) et bioaccumulable (c’est-à-dire que leur concentration augmente tout au long des chaînes/réseaux alimentaires dans les écosystèmes) »
Même pour les masses d’eau fortement modifiées, « un bon potentiel écologique doit être recherché de manière à minimiser autant que faire se peut les incidences écologiques sur ces milieux et ceux sur lesquels ils sont susceptibles d’avoir des incidences environnementales. Les contraintes liées aux rejets polluants doivent être réduites ou supprimées dans tous les cas, sans différence avec les situations où le bon état écologique est recherché. »
http://www.corse.eaufrance.fr/dce-sdage-2010-2015/documents/bon-etat-eaux-mars2011.pdf


Sur le terrain, la « démarche résolument écologique » de la nouvelle législation semble avoir complètement échappé aux administrations. Celles-ci paraissent toujours soucieuses de ménager les propriétés privées qui, en dépit de toute logique vitale, ont morcelé l’unité du bien commun. Car, en effet, beaucoup de propriétés font toujours obstacle à la réunion des différentes parties des hydrosystèmes et à la restauration de la vie et de la qualité des eaux (maintenant, certaines propriétés communales aussi). Le dépeçage du bien commun – les communaux – a connu son plus grand essor à la fin du XVIIIème siècle, quand, au détriment des dynamiques écologiques et sociales, la propriété privée a été sacralisée.

 

Elisée Reclus le dénonçait à la mi-temps du XIXème siècle : « (…) Actuellement, l’exploitation de ces richesses se fait dans le plus grand désordre et presque au hasard, suivant les caprices des propriétaires riverains, et les résultat de ces disparates est trop souvent le désastre pour tous. L’un égoutte le sol de son domaine en le drainant par des canaux souterrains,et par ces apports grossit ainsi le volume du ruisseau : un autre l’appauvrit au contraire en faisant des saignées à droite et à gauche pour arroser ses champs ; un autre encore abaisse le niveau moyen des eaux en nettoyant le fond et en détruisant les arêtes des rapides et des cascades, tandis qu’ailleurs des usiniers relèvent la surface du courant en construisant des barrages. Ce sont des fantaisies contradictoires, des avidités en conflit, qui prétendent régler la marche du ruisseau. Que deviendrait un pauvre arbre, à quelles maladies monstrueuses ne serait pas condamné, qui, vivant encore, il était partagé entre plusieurs propriétaires, si des maîtres nombreux pouvaient exercer le droit d’us et d’abus, qui sur les racines, qui sur le tronc, les branches, les feuilles ou les fleurs ? Le ruisseau dans son ensemble peut être comparé à un organisme vivant comme celui de l’arbre. Lui aussi, de ses sources nombreuses à son embouchure, forme un tout harmonique avec ses fontaines, ses méandres, les oscillations régulières de ses eaux, et c’est un malheur public lorsque la série naturelle de ses phénomènes est troublée par l’exploitation capricieuse de riverains ignares (…) ». Rien n’a encore vraiment changé ! Reclus décrit l’état dégradé qui perdure à Saint Gengoux le National et en beaucoup d’autres lieux.

 

Elisée Reclus fait un constat qui témoigne d’une dégradation rapide depuis la fin du XVIIIème, époque à laquelle où, justement,

dans la traversée de la cité médiévale, la majeure partie du lit mineur du Ruisseau de Nolange (les fossés du rempart ouest) a été privatisée et détruite par le « sieur Baudement« . Depuis, en dépit d’un début d’évolution récente sous la pression d’une prise de conscience des saccages réalisés, rien n’a changé dans les faits : les priorités demeurent inversées. Le droit français échoue toujours à restaurer l’unité écologique des ruisseaux et des têtes de bassin versant. La propriété individuelle est encore privilégiée et, entre autres dégradations, l’eau reste un élément physique sans vie, malléable à merci, sans souci du bien commun, juste un flux sans écosystème : le « cours d‘eau« . Insuffisance de la description et silence sur les obligations qui résultent de la reconnaissance… Même le meilleur de la législation française semble dire que, là où s’épanouissait la vie du ruisseau, un flux d’eau résiduel, quel que soit son état, même s’il coule dans un égout, suffit, et que peu importe le devenir de l’ex-ruisseau ! Et, c’est ainsi, du choix d’un vocabulaire inapproprié au glissement de sens et à la réduction du sujet, que le ruisseau, la vie, l’écologie peuvent être escamotés à vue par les mal intentionnés.


Là encore, nous voyons que le cas du Ruisseau de Nolange et de la tête de bassin de Saint Gengoux le National est exemplaire de l’histoire des destructions écologiques et de l’impuissance actuelle à réparer.

 

Devant ce que, pudiquement, on peut appeler un déficit de connaissance en matière d’écologie et une faiblesse culturelle et législative, une question vient naturellement à l’esprit :

– la carence de l’identification du bien commun et de son contexte, ici un ruisseau et sa tête de bassin versant, cette carence qui favorise tous les tours d’escamotage exécutés par les promoteurs et l’administration, ne serait-elle pas intentionnelle ?

 

En prenant de la hauteur et du recul pour embrasser l’ensemble de l’opération réductionniste – « La monstrueuse pathologie atomiste«  dénoncée par Bateson – on peut dire que la vision utilitariste a rétréci le droit de l’environnement en lui cachant la vie (surtout quand elle n’est pas « piscicole« ), toute la vie qui accompagne le « cours d’eau« , dans l’eau et alentour.

 

La redéfinition claire du bien commun, en tous lieux et en soulignant la relation avec le bien commun des biens communs : la biosphère, devrait être le premier souci de qui doit tendre vers l’objectif de « bon état écologique » et s’efforcer de limiter le changement climatique. Alors que l’on constate l’effondrement de la biodiversité et le bouleversement climatique, la reconstitution des ruisseaux, des têtes de bassin versant, des écosystèmes démembrés par la cupidité (et la cécité vis à vis des conséquences) devrait être une priorité absolue.

Devrait…

 

L’expérience de la défense de la tête de bassin versant de Saint Gengoux le National démontre que nous en sommes loin.

 

Le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité ont encore un bel avenir !

 

 

(a) Et, c’est très curieux, les mensonges énoncés dans la demande de permis de construire (« le terrain n’est pas traversé par un ruisseau« ), qui frappent automatiquement de nullité la procédure, semblent ne frapper personne dans les services !

Le ruisseau de Nolange appartient au patrimoine commun :

Code de l’Environnement

Article L110-1

Modifié par LOI n°2012-1460 du 27 décembre 2012 – art. 1
I. – Les espaces, ressources et milieux naturels, les sites et paysages, la qualité de l’air, les espèces animales et végétales, la diversité et les équilibres biologiques auxquels ils participent font partie du patrimoine commun de la nation.
II. – Leur protection, leur mise en valeur, leur restauration, leur remise en état et leur gestion sont d’intérêt général et concourent à l’objectif de développement durable qui vise à satisfaire les besoins de développement et la santé des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Elles s’inspirent, dans le cadre des lois qui en définissent la portée, des principes suivants :

Le principe de précaution, selon lequel l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économiquement acceptable ; (…)

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000022494168&cidTexte=LEGITEXT000006074220

 

 

Le ruisseau de Nolange appartient au patrimoine commun

Code de l’Environnement

Article L110-1

Modifié par LOI n°2012-1460 du 27 décembre 2012 – art. 1


I. – Les espaces, ressources et milieux naturels, les sites et paysages, la qualité de l’air, les espèces animales et végétales, la diversité et les équilibres biologiques auxquels ils participent font partie du patrimoine commun de la nation.


II. – Leur protection, leur mise en valeur, leur restauration, leur remise en état et leur gestion sont d’intérêt général et concourent à l’objectif de développement durable qui vise à satisfaire les besoins de développement et la santé des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Elles s’inspirent, dans le cadre des lois qui en définissent la portée, des principes suivants :

1° Le principe de précaution, selon lequel l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économiquement acceptable ; (…)


http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000022494168&cidTexte=LEGITEXT000006074220

 

 

 

 

 

 

9. Une pluie… et le ruisseau de Nolange réapparaît

Enfin, plus exactement, sa nappe phréatique d’accompagnement


Dimanche 28 juillet 2013, après une période de sécheresse et de baisse de la nappe phréatique, il a plu toute la journée, de pluies abondantes et pluies régulières alternées sans discontinuer. Après quelques heures, la nappe phréatique avait suffisamment monté pour mouiller le Pré A l’Agasse et révéler, sinon le talweg où coulait le Nolange avant qu’il ne soit réduit à un égout, du moins le creux correspondant sans doute à la tranchée de la buse où il est enfermé – bref, le talweg actuel. Les photos prises l’après-midi montrent ce qui semble être un cours d’eau étendu sur une bonne trentaine de mètres, comme un fantôme du Nolange non loin de son tracé initial. Cet affleurement spectaculaire de la nappe d’accompagnement du ruisseau démontre, s’il en était besoin (il s’agit du fond de vallée et, justement là, du talweg), que le pré où la municipalité voudrait implanter un supermarché et une station-service est, au moins, traversé par une « zone humide longitudinale » correspondant au lit mineur du ruisseau historique de la cité. L’ensemble du pré est le lit majeur, entre la pente de La Grande Terre à l’Est et le petit relief séparant la vallée du Chirot de celle du Nolange. 

* http://www.archives71.fr/arkotheque/arkotheque_visionneuse_archives.php?arko=YTo0OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMTMtMDctMjgiO3M6MTA6InR5cGVfZm9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO2k6MztzOjQ6InJlZjIiO2k6NDg2O30

 


Saint Gengoux le National – son eau perdue

Après quelques heures de pluies abondantes le 28 juillet 2013, la nappe phréatique affleure dans le Pré A l’Agasse, au point le plus bas du fond de vallée.

TAN_054

photo ACG 2013

C’est là que la municipalité veut faire construire un supermarché, un parking et une station-service. Exactement dans le lit du ruisseau historique de la cité, au mépris de la Loi sur l’Eau et des programmes de protection (Natura 2000, Trame Verte et Bleue*…) !
* Correspondant évidemment à la situation, une définition de la TVB, la Trame Verte et Bleue :

« (…) Cette trame (Trame Verte et Bleue) doit permettre de limiter la diminution de la biodiversité, y compris pour les espèces ordinaires, de permettre aux écosystèmes de continuer à rendre des services écologiques indispensables à notre vie et ce dans un contexte de changement climatique. La trame verte et bleue nationale doit constituer une infrastructure écologique du territoire sur laquelle doit s’inventer un aménagement durable et qui contribuera à l’amélioration du cadre de vie aussi bien dans les paysages urbains que ruraux.

Les changements très rapides1 des conditions climatiques prédits vont nécessiter des déplacements d’espèces car elles n’auront pas le temps pour évoluer et s’adapter localement.(…) »

 

1 Pour 22 papillons non-migrateurs européens (sur 35 étudiés), leur limite Nord de distribution a progressé de 35 à 240 km vers le Nord au cours du XXème siècle.

 

« Prise en compte de la TVB dans les infrastructures linéaires de transport (ILT) »
http://www.oree.org/docs/grenelle/ch7grenelle2tvb3.pdf

le 20 novembre 2013, l’eau monte à nouveau dans le talweg du Nolange

Le 4 novembre 2014 après un épisode pluvieux. On voit distinctement le lit mineur du Nolange venant de la Rue des Tanneries via le remblai-parking de GammVert (la cité médiévale est maintenant cachée par les hangars et les pavillons du nouveau lotissement).

 

D’après le recoupement des observations en différents endroits (Bourg Hameau, rues du bas de la cité médiévale, Rue des Tanneries, Route de Saint Martin de Croix), cette montée des eaux était moindre que celle, plus soudaine, survenue le 10 juin 2008 pendant un orage. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Ruisseau de Nolange reprend son cours naturel, exactement comme sur les plans anciens : revoir, par exemple, le descriptif de la Route n° 34 de la limite de la généralité de Franche-Comté à la limite de la généralité du Bourbonnais, portion de Joncy à Tournus
http://www.archives71.fr/_depot_cg71_imgs/AD71EAD/CSUPPC1_7.pdf

 

C’est là, c’est bien là, droit devant, qu’il est prévu d’implanter cette station-service (autorisée par toutes les autorités)

En aval, un ruisseau encore en bon état, un important captage, la Rivière Grosne (protégée), la Saône, le Rhône, la Camargue, la Méditerranée 
 

Ces deux submersions remarquables que nous avons eu l’occasion d’observer en 8 ans* démontrent, s’il en était besoin, qu’il ne s’agit pas d’un événement exceptionnel. D‘ailleurs, les deux crues sont très loin d’avoir l’ampleur des crues classées « catastrophes naturelles » de 1982 et 1983, très loin des crues de 1867 et 1875 (ci-dessous).  

* Vu l’omerta très efficace sur les inondations, et leur négation, il a pu y en avoir d’autres

 

 

 

 

10. L’observation géomorphologique est confirmée par l’historique des inondations…


« (…) Considérant que ce danger de grande crue n’est pas un danger illusoire et que la population de Saint Gengoux le National, a parfaitement conservé le souvenir de la crue de 1867, où les eaux se sont élevées à plus d’un mètre sur la route et ont envahi les maisons voisines (…) »
Il s’agit d’un extrait des c.r. du Conseil Municipal de St Gengoux, 11 septembre 1902.

« la route » est la Route des Tanneries qui longe le Pré A l’Agasse, et « le ruisseau des Tanneries » est décrit comme étant « d’une grande largeur et assez grande profondeur« .
(…) En 1867, une poche d’eau creva dans la montagne. En quelques heures, l’inondation envahit l’école. L’eau monta dans les classes presque jusqu’au plafond (…) ».

Extrait de « Trois siècles d’enseignement libre » par J.D.M. Dutroncy, bulletin La Paroisse, juillet 1938.

L’école était, alors, dans le couvent des Ursulines, l’actuel Foyer Rural, Rue des Tanneries.

Et, en juin 1875, d’après le « Registre d’ordre. Notes diverses 1889-1865« , à la rubrique « Sinistres de 1875 » (pages 75-76), ce sont 150 hectares qui ont été inondés. 150 hectares représentent presque 1/6ème du territoire de la commune (936 ha). Schématiquement, cela correspond à une large part des lits majeurs du Nourue ***, du Nolange et du Chirot.

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
***Il est curieux que, vers la Grosne, après sa réunion avec le Chirot, l’Ermite et, d’une manière ou d’une autre*, avec la source de Montvallet (sans oublier la source de Manon qui coule toujours à perte), les cartes récentes donnent au Nolange le nom de Nourue. Cette appellation et la qualification de « ruisseau principal » appliquée à la réunion des ruisseaux vers la Grosne, plus un tronçon de l’Hermite, semble témoigner d’une faiblesse des récentes identifications qui pourraient avoir été influencées par les transformations et les destructions plutôt que de tenir compte de l’histoire et de la géomorphologie

C’est d’autant plus étonnant que ce tronçon était il n’y a pas si longtemps – au moins jusqu’aux années 1930, appelé Mesceau ruisseau de Mesceau, du nom du moulin dont le nom actuel s’écrit : Messeau. Il apparaît, donc, que le même ruisseau – de Nolange, à son origine – change de nom plusieurs fois en descendant vers la Grosne, suivant l’usage qui est fait de son eau (Tanneries, Nourue, Mesceau).

* ru de l’eau non captée ou retour en eaux usées via le lagunage

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

 

Un détour éclairant par la définition du lit majeur :

Lit * maximum qu’occupe un cours d’eau * dans lequel l’écoulement ne s’effectue que temporairement lors du débordement des eaux hors du lit mineur* en période de très hautes eaux (en particulier lors de la plus grande crue* historique). Ses limites externes sontterminées par la plus grande crue historique. Le lit majeur du cours d’eau permet le stockage des eaux de crues débordantes. Il constitue également une mosaïque d’habitats pour de nombreuses espèces. Cet ensemble d’habitats est aussi appelé « annexe hydraulique* ».

c’est là : http://www.glossaire.eaufrance.fr/concept/lit-majeur


Jusqu’au début de l’année 2013 – date à laquelle nous en avons retrouvé trace, ces crues centennales semblaient avoir été complètement oubliées. Plusieurs autres aussi, par exemple les inondations de mai 1983 :

 


extraits du compte-rendu du Conseil Municipal du 27 mai 1983 
C’est un oubli d’autant plus étrange que les inondations de mai 1983 ont fait l’objet d’un classement pour catastrophe naturelle et que l’on découvre qu’il y en avait eu d’autres, mémorables pourtant, seulement 6 mois auparavant :  
Liste des catastrophes naturelles recensées pour cette commune (Journal Officiel)
Catastrophe naturelle Date début Date fin Date arrêté reconnaissance Date publication au JO
Inondations et coulées de boue 12/05/1983 13/05/1983 21/06/1983 24/06/1983
Inondations et coulées de boue 08/12/1982 31/12/1982 11/01/1983 13/01/1983
Tempête 06/11/1982 10/11/1982 18/11/1982 19/11/1982

Dans la nuit du 12 au 13 mai 1983, l’eau d’un orage a déferlé dans le fond de vallée, donc sur le bas de la cité. Rue des Tanneries, dans ce faubourg où certains veulent implanter une station d’hydrocarbures et un supermarché dans le lit du ruisseau, l’eau est montée très vite et des habitants piégés chez eux appelaient Au secours dans la nuit. Ils sont peu nombreux à se souvenir et ne semblent pas réaliser l’importance de cette mémoire. Les brèves du journal régional révèlent bien cette perte de la connaissance de l’environnement et de l’histoire.

 

En dépit des antécédents (autres crues centennales) et des avertissements des anciens, rien n’avait été préparé, les dégradations (artificialisations) du lit du ruisseau n’avaient pas été effacées, et la suite allait être pire.


… Il est donc d’autant plus étrange qu’aucun repérage des espaces submergés n’ait été fait et que la seule zone inondable déclarée soit cantonnée aux abords de la Grosne, à 3,6 kilomètres en aval.

 

Plus récemment, le 10 juin 2008, l’orage déjà évoqué aurait dû réveiller les consciences…

Au nord de la cité, vers l’amont du ruisseau de Nolange, le remblais de la DDE (submergé) faisait obstacle à l’écoulement des eaux. Du fait de l’enterrement du Nolange dans sa traversée de la cité, le Bourg-Hameau était inondé : l’atelier de la menuiserie était sous 30cm d’eau (conséquence de la restriction à l’écoulement constitué par la première buse) et l’eau passait par-dessus le pont du ruisseau de Nolange (départ de la mise en égout du ruisseau) et s’écoulait dans les rues.

 

En aval de la cité, la Rue des Tanneries était inondée – avant le fameux « déversoir d’orage«  et sa remarquable buse de 1 mètre de diamètre qui interdit l’écoulement des crues dans le lit majeur encore libre de constructions : le Pré A l’Agasse !  Juste après, en allant vers Saint Martin de Croix, le centre des pompiers et la route étaient inondés – comme d’habitude : c’est le lit majeur du Ruisseau de Chirot.

 

Deux brèves du Journal de Saône et Loire ont immortalisé l’événement :

Remarquons particulièrement :

« La rue des Tanneries était submergée ainsi que la route de Burnand avec un violent courant et le carrefour du centre de secours« . En effet, à la sortie sud de la cité, il n’était pas possible de passer sur plusieurs tronçons de route tant le débit était impressionnant.

Aussi :

« Les champs étaient transformés en rivières« … Rien de plus normal : c’est le fond de vallée, le lit majeur du Ruisseau de Nolange, sa zone d’expansion des crues, et c’est au niveau du centre de secours (remarquablement situé !) qu’il est rejoint par le lit majeur du Ruisseau de Chirot *.

* le lit majeur du Chirot et le Pré A l’Agasse (lit majeur du Nolange) ne sont séparés que par une bande de terre étroite et basse qui s’achève juste avant la route transversale (c’est parfaitement visible sur la carte d’état-major du XIXème siècle).

 

Le Journal de Saône et Loire nous fait découvrir une inondation comparable en 1968 – ce qui nous a été caché durant l’enquête. Mais… et les submersions de décembre 1982 et mai 1983 ?


L’orage de juin 2008 
aurait dû rappeler que l’ignorance de l’hydrogéomorphologie la plus élémentaire (entre autres), à laquelle sont dues les destructions successives infligées au ruisseau de Nolange, a déjà coûté très cher – surtout avec les « catastrophes naturelles » de 1982/83… « Naturelles » mais largement aggravées, donc, par les mauvais traitements infligés à la campagne et aux ruisseaux en amont, et par les busages et les nouveaux remblais de la cité. A ce propos, il faut noter que l’écoulement du ruisseau de Nolange, dont le bassin versant a été débocagé, qui a été privé de sa ripisylve, de ses zones humides, de ses méandres, etc., est plus rapide qu’il ne l’a jamais été et que cela accroît les submersions du Bourg-Hameau et du bas de la cité lors des gros orages. Même observation pour le Vernet, le Chirot et l’Ermite.

 

Entre juin 2008 et novembre 2014, date de la dernière submersion que chacun a pu constater au matin d’un grand marché, la mémoire semble avoir été perdue par les défenseurs du projet de station-service les pieds dans l’eau puisque ceux-ci ont osé affirmer que l’inondation la plus récente était de « fréquence centennale » *! Gommées les inondations de 2008, de 1983, de 1982, de 1968, etc. (et toutes celles que nous ignorons encore car nous n’avons pu mener une recherche exhaustive).

* article du JSL du vendredi 18 déc 2015 signé par Thierry Dromard : « Supermarché : le site fait débat« .

 

C’est toute la connaissance de l’eau et la mémoire du risque qui ont été perdues à Saint Gengoux le National – volontairement perdues. Tout aussi étonnant : les services officiels de prévention et de protection de l’eau (?) ont également perdu la mémoire !

 

Pour se faire une petite idée du phénomène auquel Saint Gengoux est exposé, voici une petite crue éclair du Vidourle à l’échelle de la crue des ruisseaux de Saint Gengoux en juin 2008 :

https://www.youtube.com/watch?v=X-qnkehqj0Y

 

 

Et encore, à propos de la relation avec le climat… 

Evidemment, les destructions constatées sont très loin d’avoir l’ampleur de la destruction des forêts primaires qui bouleverse les climats régionaux, déstabilise profondément les échanges atmosphériques et océaniques (par exemple, avec l’oscillation El Niño/La Niña) et participe pleinement à la dégradation climatique planétaire. Cependant, elle est loin d’être un détail à l’échelle de la région et, même, du bassin Rhône Méditerranée. Enfin, tout étant important quand il s’agit de l’eau, de la vie, du climat, on peut avancer que les destructions des têtes de bassin versant, comme à Saint Gengoux le National, ont contribué aussi, entre autres régressions, aux changements en cours. Cela, le stade de gravité où en est la dérive climatique et, simplement, la nature agricole du terrain, auraient dû imposer une étude d’impact qui aurait vite révélé l’absurdité et la nuisibilité du projet. Mais d’étude préalable, point *. Ni d’écoute et de concertation depuis ! 
* Seule une « 
notice paysagère et environnementale » qui, dans le dossier d’instruction du permis de construire, affirme : « Le terrain n’est pas traversé par un ruisseau » !
 

 Il ne serait pas bête de réparer !


 

L’architecture parle aussi

 

Il est assez révélateur que, les maisons anciennes du bas de la cité et des faubourgs du fond de vallée, près du ruisseau, ont des espaces d’habitation nettement surélevés. Ils sont « hors d’eau« .

et, tout d’abord, toutes celles qui ont été détruites, comme pour effacer l’histoire et, du même coup, la mémoire du risque et la connaissance du lieu


photo ACG 2013


photo ACG 2013

 les espaces d’habitation sont hors d’eau dans le Bourg-Hameau et tout le long du Nolange


photo ACG 2013

y compris en allant vers le Pré à l’Agasse, après les arbres à droite

 

 

 

 

 

11. L’oubli officiel de l’eau et des têtes de bassin versant

 



Ces documents, qui abordent plusieurs des problèmes dont souffre la tête de bassin versant de Saint Gengoux, ont été présentés lors d’un colloque sur la protection des ruisseaux…

Pour comble, ce colloque s’est déroulé à Saint Gengoux le National, là même où plusieurs ruisseaux sont enterrés (au total, environ 3 km)

  • au plus bas du fond de vallée,
  • très près de la nappe phréatique,
  • exactement au-dessus d’un ru enterré,
  • à 70 mètres du Ruisseau de Nolange pollué depuis les sources, enterré dans un égout, stérilisé,
  • à 800 mètres de la source de Manon, la source historique de la cité médiévale, gravement polluée depuis une cinquantaine d’années par une décharge brute toujours non curée,
  • et à 250 mètres du Pré A l’Agasse où est programmée la destruction définitive du ruisseau principal de cette petite tête de bassin saccagée d’étape en étape depuis les années cinquante.

Aucun des organisateurs ne pouvait ignorer ces petits détails, mais il n’a pas été question des sources, des ruisseaux et des ripisylves de Saint Gengoux !

 

Autre curiosité : parfois à quelques encâblures seulement des 3 kilomètres de cours d’eau enterrés de Saint Gengoux le National, des techniciens des administrations de la protection des eaux et de l’environnement et des élus du Comité de Rivière mobilisent des subventions et font des plans pour effacer des ouvrages de faible impact écologique, tels des seuils de moulins multi-centenaires. Or, ce sont les mêmes qui refusent de voir le saccage de la tête de bassin versant,
 

 

 

 

12. L’importance de la perte et ses conséquences

Parce que l’eau est l’un des premiers biens communs et, qui plus est, la manne qui a décidé les hommes à s’installer là, la perte de l’eau et de sa culture développée siècle après siècle est très significative. Car, de réduction du ruisseau en canal, en pollution de la source principale, en dégradation de tous les ruisseaux dans les pâturages, en enterrement du ruisseau historique et de plusieurs autres dans des égouts, etc., c’est aussi tout le savoir des anciens qui a été perdu. Pour beaucoup, l’eau est même devenue une gène, voire un sujet de mépris. Cela témoigne d’une rupture radicale avec l’histoire et le pays, donc d’une rupture avec le bien commun et tout ce qui fonde et structure une société adaptée à son environnement. De ce fait, la plupart sont tombés sous l’emprise des industries financiarisées en conquête du marché local et n’ont plus pour ambition que d’ouvrir le plus possible leur village et leur économie aux prédateurs les plus boulimiques. Le processus est mortifère et il est loin d’être rare, mais, là, il est poussé à son paroxysme. Evidemment, il est aussi un grand handicap pour l’évolution nécessitée par la crise écologique et climatique.


Alain-Claude Galtié
avec le précieux concours de
Marcellin Babey,
Jacqueline Bridet,
Yvette Gressard,
Hélène Mondange,
Henri Moreau,
la Confédération des Associations de Protection de l’Environnement et de la Nature,
et l’aide de techniciens de l’Institut Géographique National
– à partir de mars 2013

notes

(a)  
Insalubrité ? La pauvreté de l’argumentaire montre la mauvaise foi puisque les pollueurs appartenaient, évidemment, à la population ! L’insalubrité évoquée avait créée de toutes pièces avec une décharge municipale précisément installée dans le lit du ruisseau, en amont *, avec d’autres dégradations au niveau du Bourg Hameau, la diminution du débit du fait de captages excessifs, et de probables déversements d’eaux usées, etc.
* Le déversement de la collecte des fosses septiques dans la nouvelle décharge brute du vallon de la source de Manon nous renseigne sur les pratiques qui polluaient le Nolange.

(b
Pas seulement à Saint Gengoux, hélas. C’est une époque où l’on a beaucoup détruit inutilement. Cependant, à Saint Gengoux, la destruction du patrimoine s’est poursuivie à grande échelle jusqu’aux années 1980-90 (réalisation de l’îlot HLM de l’Abondance au détriment des maisons médiévales, par exemple).

(c)
Sous l’autorité du préfet de département, la DDA (direction départementale de l’agriculture) était un Service public de proximité effectuant des missions relevant d’abord du ministère de l’Agriculture et de la Pêche mais aussi du Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire.
(…) la DDAF adoptait et mettait en œuvre, au niveau départemental, les politiques publiques relatives aux productions agricoles et forestières, à la protection et à la gestion de l’eau et de l’environnement, à l’aménagement et au développement de l’espace rural. 


Les principales missions des DDAF étaient les suivantes :

  • l’économie agricole et agroalimentaire départementale avec notamment le soutien aux exploitations agricoles et aux industries agroalimentaires ;
  • l’aménagement rural et le développement local avec notamment l’appui aux collectivités ;
  • la forêt et le bois ;
  • l’eau et l’environnement avec notamment la gestion et la police des eaux, la protection de la nature, l’organisation et l’exercice de la chasse et de la pêche ;
  • la politique sociale agricole ;
  • les statistiques agricoles. (…)


. . . On pouvait s’en douter, la DDA, un service public, donc au service du bien commun, n’était pas chargée de dévaster les ruisseaux, les ripisylves, les continuités écologiques, etc., comme à Saint Gengoux le National, mais, tout au contraire, de les protéger.




(d)

La décroissance de la diversité biologique est connue… 
« (…) Cependant, on constate que cette biodiversité régresse, plus ou moins fortement selon les territoires. Parmi les écosystèmes les plus menacés figurent les vallées alluviales et les zones humides. Ainsi, plus du tiers des prairies inondables de Saône-et-Loire et de Côte-d’Or ont disparu au cours des 40 dernières années. Dans les espaces agricoles où les haies ont été réduites de près de moitié en 50 ans, la biodiversité s’est fortement appauvrie. 
(…) 
la Bourgogne s’est dotée d’un plan régional en faveur de la biodiversité en 2006 visant à améliorer la connaissance du patrimoine naturel régional, préserver la biodiversité, développer le tourisme de nature et favoriser les activités agricoles et forestières  respectueuses de l’environnement. Enfin, une étude d’identification, de préservation et de restauration de la trame écologique bourguignonne a été lancée en 2009 et une stratégie régionale de la biodiversité sera prochainement élaborée. »
(La biodiversité en Bourgogne : une richesse pour l’avenir, enjeux et perspectives)

Et l’on a vu apparaître, en effet, cette « stratégie régionale pour la biodiversité » dans des textes purement théoriques.

Quelle traduction pratique ? Une seule indication :
« Pour vous associer à la démarche : tenez-vous informé(e), consultez le site internet : http://www.strategiebiodiversite.bourgogne.fr
Faites entendre votre voix auprès de vos représentants, membres du Comité Régional Biodiversité…
« 

Mais, en plusieurs endroits (comme à Saint Gengoux le National), l’opération semble ne pas exister puisque personne ne s’est, jusqu’à présent, intéressé aux réalités de terrain et n’a daigné répondre aux associations, à commencer par ces « représentants, membres du Comité Régional Biodiversité« .

(d bis) La raréfaction des oiseaux est partout constatée. Parmi ses causes : la destruction des écosystèmes et l’abus des pesticides, comme à Saint Gengoux.

La sixième extinction de masse est en cours

www.lemonde.fr/planete/article/2015/06/20/la-sixieme-extinction-animale-de-masse-est-en-cours_4658330_3244.html#0qy3yyehTljqmVie.99

 

un livre :

Biodiversité : vers une sixième extinction de masse, par R. Billé, P. Cury, M. Loreau et V. Maris, La Ville Brûle 2014

 

Accelerated modern human–induced species losses: Entering the sixth mass extinction

http://advances.sciencemag.org/content/advances/1/5/e1400253.full.pdf

 

Common European birds are declining rapidly while less abundant species’ numbers are rising

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/ele.12387/full

 

Dramatique déclin des papillons en Europe

http://www.actu-environnement.com/ae/news/papillons-declin-rapport-AEE-habitats-19135.php4

Biodiversité : disparition de la moitié de la population des papillons de prairie en seulement 20 ans

http://www.actu-environnement.com/ae/news/papillons-declin-rapport-AEE-habitats-19135.php4

 

 

 

 

 

 

13. Les articles parus sur les mauvais traitements infligés à cette tête de bassin versant

Journal de Saône et Loire avril 2015

Journal de Saône et Loire mars 2015

 

 

L’eau perdue de Saint Gengoux… et la dégradation de la qualité des eaux de l’aval

N°29 ACE ARCONCE (2ème semestre 2014)

(Association des usagers de l’eau et de l’assainissement et pour l’environnement)

http://www.ace-arconce.fr/source.htm

 

 

 

site de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée juillet 2015

http://www.sauvonsleau.fr/jcms/c_7716/un-ruisseau-a-sauver-d-urgence–le-nolange#.U7qqE6uqD_M

 

 

 

site de l’Agence Rhône Méditerranée juin 2015

http://www.sauvonsleau.fr/jcms/c_7681/l-eau-perdue-de-saint-gengoux—-et-la-degradation-de-la-qualite-des-eaux-de-l-aval#.U7VnPquqD_M,

 

St Gengoux : un exemple national

sur le site de l’OCE en mai 2014 :

http://oce2015.wordpress.com/2014/05/27/st-gengoux-un-exemple-national/

 

 

On achève bien les rivières, ou l’histoire désolante d’une destruction ordinaire

http://www.reporterre.net/spip.php?article5634

 

 

ST GENGOUX LE NATIONAL : un centre commercial et une station service sur un ruisseau ?

publié en février 2014 sur le site de la Confédération des Associations de Protection de l’Environnement et de la Nature

 

http://www.capen71.org/dossiers-particuliers/super-marche-de-saint-gengoux-le-national-1-41.htm

 

 

On achève bien les rivières

sur Les Eaux glacées du calcul égoïste

en janvier 2014

http://www.eauxglacees.com/On-acheve-bien-les-rivieres-par

 

 

 

Menace de destruction définitive d’un cours d’eau du Clunysois

sur le site de l’OCE (Observatoire de la Continuité Ecologique et des usages de l’eau)

en novembre 2013


http://oce2015.wordpress.com/2013/11/17/des-rivieres-perdues/

 

 

 

 

La suite du dossier :
http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=167:l-eau-perdue&catid=9&Itemid=470

Par défaut

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie

Après le Ruisseau de Nolange,
les autres cours d’eau de la tête de bassin versant de Saint Gengoux le National

Le Montmarché

Le Vernay


Le Manon


Le ruisseau de… 


Le chirot 


La source de Montvallet


Le Ruisseau de l’Ermite


Stérilisation


Les pertes du bien commun


L’heure de la restauration

La démonstration par les photos aériennes

Documentation et bibliographie 


Le Montmarché



C’est la petite colline à l’ouest du Bourg Hameau. Elle est traversée par la Rue du Montmarché qui se prolonge en petite route vers La Rochette.

Depuis la propriété qui jouxte le croisement de la Rue du Montmarché et de la voie qui monte de la Rue de la Tuilerie, au plus haut de la colline, coule une eau claire dans un tuyau sortant du mur d’enceinte. Elle passe sous la route et est dirigée vers la Rue de la Tuilerie dans une canalisation ponctuée de plusieurs regards.


Sur le versant Est de la colline, en période pluvieuse, coule l’eau qui inonde la chaussée de la route du Creusot.






Le Vernay

A l’ouest de la route du Creusot, dans le vallon où se trouve le hameau du Vernay, naît cet autre cours d’eau presque oublié. L’eau de sa source était autrefois très appréciée et on lui prêtait des vertus thérapeuthiques.


Long d’à peine 1 Km, il rejoint le Nolange à l’extrême pointe du Bourg Hameau, devant le parking de la DDE, là où l’un et l’autre sont réduits à des fossés nus sans aucune protection vis à vis des pollutions automobiles.


Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le Vernay le long de la route du Creusot
Nol_024

                                                                                                                                                                                           photo ACG 2013


La limpidité de son eau fait contraste avec la turbidité de celle du Nolange.


Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le Vernay et le Nolange enfin réunis !
Nol_026

                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013


Dans son vallon (secteur du Boulay) encore à peu près préservé et surtout consacré au pâturage, des haies ont été détruites récemment (Vernay_015, Vernay_016) et un nouveau dépôt de fumier s’étend déjà sur 4 rangs (Mont_035) *.*photos et capture Géoportail avec indication des lieux dans L’eau de St Gengoux, « Montvallet bassin versant ».

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Autre dépôt en cours de développement en juin 2013. A environ 250m du précédent, au Nord Est, il est au bord du vallon du Vernay.
Mont_0035

                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Destruction d’une ligne de haie dans le vallon du Vernay, à 200m du nouveau dépôt de lisier.
Vernay_015

                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013
Vallon du Vernay : la végétation récemment disparue

photo du 04/06/1983, mission aérienne 3027 – 0151

 




Le Manon


Avec ce cours d’eau qui coulait depuis la source du même nom située sur le Mont Goubot qui domine la cité, dans le vallon où pénètre le Chemin des Buis, c’est encore plus simple : il n’existe plus ! La source et le tracé du ruisseau n’apparaissent même plus sur la carte officielle de la cité. La carte hydrographique, elle-même ne signale plus rien ! Pour les retrouver, il faut consulter la carte de Cassini. Mais, méfiance, il vaut mieux regarder de plus près – sur le terrain…


A la grande époque de la cité médiévale, le ruisseau de la source de Manon est réputé avoir alimenté le fossé haut de la muraille (Rue de l’Arquebuse) et avoir fait tourner un moulin qui était situé dans le fossé de la muraille Sud, là où est maintenant le monument aux morts. Son débit devait, donc, être abondant et à peu près régulier. Mais l’eau de Manon ne pouvait être la seule ressource de la cité qui, pour d’évidentes raisons de sécurité, devait disposer d’eau intra-muros dès la première installation.


Aujourd’hui encore, beaucoup d’eau coule sous la cité médiévale en différents endroits. Apparemment, beaucoup trop pour qu’il puisse s’agir de la même source. Beaucoup de maisons ont un puits intérieur et, parfois, c’est de l’eau courante qui passe sous les maisons.


Il est vrai que la source de Manon (275m) a été détournée très tôt, au moins dès le XVème siècle *. Car, en contradiction avec la carte de Cassini qui montre un ruisseau allant du vallon de Manon aux remparts, il fallait capter et détourner l’eau de la source pour la conduire à la cité en lui faisant franchir un petit relief :

– le vallon de Manon (« en Manon« ) n’est pas orienté à l’ouest, vers la cité. Il est orienté au Sud, à l’Est du Chemin des Gourles, vers l’espace séparant les bâtiments HLM et les hangars de la menuiserie industrielle Bertrand. D’ailleurs, il est révélateur que Saint Gengoux ait dû disputer la source au « sire de Cercy« . Au-dessous, l’axe du creux du vallon paraît orienté vers le lagunage.
* Il serait passionnant de découvrir – par comparaison avec d’autres sites ou par fouilles – comment la source a été captée à l’époque ; peut-être dès le XIIIème siècle, car on peut imaginer que, pour approvisionner une population croissante et, éventuellement, mouiller les fossés hauts, le détournement de la source de Manon faisait partie du grand chantier de construction de la nouvelle enceinte.

Il y a une soixante ou une cinquantaine d’années (suivant les témoignages), le Conseil Municipal décida d’installer une nouvelle décharge brute municipale en haut du vallon de la source de Manon, juste au-dessus de celle-ci !

Les conséquences évidentes de cette décision ne se sont pas faites attendre. Peu après l’ouverture du site, le produit de la collecte des fosses d’aisance y a été déversé. Et, dans la bonne cité de Jouvence (son nom révolutionnaire) chacun a bientôt eu un fameux élixir au robinet... L’expérience a-t-elle profité ? S’est-on empressé de déménager la décharge brute vers un lieu moins sensible ? Point du tout ! Plutôt que d’arrêter de souiller la source et de la récupérer, on décida de l’abandonner et de continuer à la polluer – donc de polluer toutes les eaux de l’aval jusqu’à la Méditerranée ! Depuis, les polluants les plus nocifs ont été jetés dans la décharge de la source de Manon : batteries de voitures, huiles de vidange, déchets des traitements pesticides des vignes, etc.

Constante dans l’acharnement à détruire le bien commun, la municipalité de 1982 jugea bon d’agrandir encore la décharge brute qui polluait la source de Manon depuis une vingtaine d’années !

compte-rendu du Conseil municipal du 23 juin 1982 :

Remarquable, « la déclaration d’utilité publique » pour intensifier la pollution de la source et des eaux de l’aval ! Elle témoigne d’une perte des connaissances élémentaires pour la bonne gestion du bien commun, en particulier de la perte de conscience de l’eau.


 

emplacement des parcelles correspondantes dans le vallon de Manon (cadastre Géoportail)

Aujourd’hui, la décharge est enfin fermée, mais seulement depuis cinq ou six ans, et elle n’est toujours pas résorbée en dépit de 28 ans d’incitations et, désormais, de l’obligation légale. L’eau de Manon coule toujours mais dans quel état ? Nul ne s’en est soucié ; pas une analyse et, encore moins, la perspective d’une réhabilitation, en particulier de la perte de conscience de l’eau.



d – Le vallon et la source de Manon
principale source de St Gengoux pendant au moins six siècles
Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le vallon de Manon au sud de l’Allée des Buis
Manon_001

                                                                                                                                                                                                                                                             photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le vallon et la cadole abritant la captation de la source
Manon_002

                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le haut du vallon et l’ex-décharge brute créée dans les années cinquante, celle qui a pollué la source et a provoqué son abandon
Manon_003

                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
L’ex-décharge brute où sont aujourd’hui déversés des déblais de chantier, comme pour compliquer l’indispensable résorption-réhabilitation de cette décharge polluante
Manon_004

                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013


Il ne reste rien du ruisseau d’origine, juste ce qui semble être une signature : une ligne sombre sur la photo aérienne du vallon.

A gauche du Chemin des Gourles depuis la Route de Chalon (donc à l’Ouest), 50m après avoir quitté cette dernière, donc nettement plus haut que le talweg, on trouve une mare sous les arbres. Elle est alimentée par une source, ce qui atteste de l’active circulation de l’eau sur les flancs du Mont Goubot.


Pendant le temps de cette étude, à partir de mai 2013, la mare a été saccagée : sa végétation abondante rasée et des matériaux de démolition déversés dans l’eau. La mare n’est pas bien grande, mais elle s’inscrit exactement dans la continuité écologique que le programme Natura 2000 veut préserver et restaurer. Dans ce secteur déjà considérablement dégradé, elle est un relais important de cette continuité. En outre, il est remarquable que le saccage ait été opéré en pleine période de reproduction.


Saint Gengoux le National – son eau perdue
Au bord du vallon de Manon, près du cimetière, la mare naturelle en cours de destruction en mai-juin 2013. A la mi-mai, elle était encore intact, entourée d’une végétation dense.
Manon Chemin des Gourles

Printemps 2011

Etat en juin 2013

                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013

3 mois plus tard

 

                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013
La mare a disparu, noyée dans les déchets. Mais l’eau est toujours là…


Ailleurs, par exemple en Champagne-Ardennes, en Basse Normandie, dans les Pyrénées… on réhabilite les mares ou on en creuse de nouvelles

Un autre creux de vallon, plus timide, s’amorce à l’ouest du Chemin des Gourles et plonge au-dessous de l’actuel jeu de boules, derrière l’école maternelle. Au début du terrain de jeu coule l’eau captée de la source de Manon et on voit une réserve d’eau récente à gauche de l’accès des voitures descendant du calvaire. Au-dessous, dans un grand jardin, le fond du vallon – le talweg – paraît correspondre à une ligne d’arbres et à une trouée entre les maisons de part et d’autre de la Grande Rue. Ne serait-ce pas le lieu de passage du cours d’eau qui, au-dessous, devait alimenter les jardins des Ursulines et passe encore sous le Foyer Rural… A moins qu’il s’agisse d’une partie détournée de l’eau de Manon. 

Plus de zones humides, plus de végétations, plus une goutte d’eau pour la vie des vallons et d’ailleurs.


En partie haute du Jeu de boules et jusqu’à l’école et à la Fontaine de Manon, dite aussi « des Manants » (en haut de la Promenade), passe l’une des conduites de la captation de l’eau de Manon (il y en aurait 2).


Il est probable que la cité médiévale cache une ou plusieurs autres sources. En effet, vu le relief, on ne voit guère comment Manon alimenterait les rus qui échappent au réseau de la distribution et coulent un peu partout sous la cité (à moins d’imaginer d’invraisemblables pertes sur le réseau public). Ainsi, la Fontaine de Jouvence (« Grande Fontaine » avant la Révolution) serait alimentée par 7 canalisations « à sable et à chaux » venant peut-être d’autres sources et résurgences. Et, juste au-dessus, au débouché de la ruelle descendant depuis le Prieuré, au plus haut de la Place de l’Eglise, 3 autres canalisations ont été trouvées à l’occasion de travaux récents (il y coule une eau claire). Il est remarquable aussi qu’une serve existait il y a peu en haut de la Promenade, au-dessus de la Fontaine de Manon (ou des Manants). Une serve… Donc une eau qui ne devait rien au réseau public. Plus haut encore (300m), le Château, c’est à dire les vestiges de fortifications du Mont Goubot, semble attester la présence de l’eau, une eau qui viendrait de plus haut encore (altitude 340m juste derrière, dans les Buis). 


Enfin, dans les années cinquante*, la nouvelle décharge des ordures municipales a été créée dans le bassin versant, en haut du vallon de Manon. Beaucoup mieux qu’au bord du ruisseau de Nolange ! Une décharge brute où l’on pouvait tout jeter, juste au-dessus de la source. Et… ça ne s’invente pas, on s’empressa d’y déverser le contenu des fosses septiques. Mais la leçon n’a pas profité. Plutôt que d’arrêter là l’expérience et de réhabiliter le site pour retrouver la jouissance de la source, la décharge a été maintenue ! Et de bien plus graves pollutions allaient devenir monnaie courante… Plusieurs fois au cours de l’enquête, il a été révélé que des batteries de voitures et des huiles de vidange étaient jetées à cet endroit.

* mais peut-être était-ce dans les années soixante (les témoignages varient beaucoup)

Des vignes – mais pas en culture biologique – entourent la source qui doit être, également, polluée par les traitements chimiques de cette culture ou d’autres situées plus haut.


La source abandonnée (en 1952), le ruisseau n’a pas été réhabilité. La décharge non plus en dépit de l’obligation depuis 1985.

Cette histoire témoigne d’une invraisemblable insouciance des ressources et des biens essentiels. Sans cesse relancé depuis 30 ans, le projet de supermarché et de station-service, à l’entrée de la cité médiévale et à la place même du ruisseau, confirme la perte du sens du bien commun et de l’économie locale.

Complètement inutile, invisible, stérile et polluée, l’eau coule toujours.

Source abondante utilisée pendant plus de cinq siècles, Manon ne sert plus à rien ! Elle ne donne plus naissance à un ruisseau et son eau se perd on ne sait trop où, puisqu’elle n’apparaît même plus dans les ouvrages légués par les anciens ; ceux-ci ayant été détruits ou enterrés. On ne sait même pas si cette eau est séparée du réseau des égouts…


Nous sommes face à une alternative : ressusciter le ruisseau de Manon pour qu’il participe à nouveau à la vie du bassin de la Grosne, ou, de façon plus utilitariste, reprendre l’exploitation de l’eau en complément de la source du Montvallet.


Après une privatisation du bien commun justifiée par la dégradation et la perte d’une ressource abondante, il peut sembler assez incroyable que rien ne soit envisagé pour récupérer ladite ressource. D’autant que les installations de captage et de distribution sont toujours en état.


Quelle que soit l’option choisie : restauration du ruisseau ou tentative de récupération de la source pour l’usage domestique, il importe de mesurer le pouvoir de nuisance de la décharge brute abandonnée et de lancer la réhabilitation des lieux. Que ce soit pour dépolluer toutes les eaux de l’aval, mer comprise, ou pour retrouver une bonne qualité sanitaire de l’eau publique, il sera vraisemblablement nécessaire de réaliser d’abord la résorption de la décharge. D’ailleurs, la circulaire n° 87-63 du 25 janvier 1985 (Code Permanent de l’Environnement et des Nuisances) y invitait déjà. C’est un autre problème prioritaire pour le programme d’assainissement (e).

 



Le ruisseau de… 


Celui-ci n’a même plus de nom. Appelons-le de la Courtille puisqu’il alimentait le fossé Nord, entre la place de la Courtille et la Porte du Montgoubot qui, faute d’entretien, vient de s’effondrer. Peut-être s’agit-il d’un détour du Manon par le fossé haut de l’enceinte…


Mais, pour un fantôme, il semble bien se porter puisqu’un courant d’eau passe toujours sous les maisons.

 



Le Chirot


 

e – Le Chirot

                                                                                                                                                                                                                                                             photo ACG 2013


Ce ruisseau réunit plusieurs rus dont l’un semble effacé entre le Chemin de la Tanière et le Bois de Got. La végétation de ses berges a été en grande partie détruite sur le territoire de Saint Gengoux et il est exposé au piétinement des bovins.


Curiosité : sur la carte de Cassini, le Chirot est orienté vers l’Est et se jette directement dans les fossés de la muraille Ouest. Existait-il un canal pour alimenter le fossé ? Aujourd’hui, son lit, étrangement rectiligne aux abords du Faubourg de Joncy, genre fossé de drainage, fait brutalement un angle à 110 degrés vers le Sud, juste à la lisière d’une grande parcelle. Cependant, après l’orage du 10 juin 2008, le Chirot avait inondé le faubourg, paraissant révéler l’orientation de son véritable cours.


Rue de l’Abattoir qui est parallèle du ruisseau, à droite en allant vers la ferme du Pigeonnier, juste avant le virage devant le bâtiment de la Poste, il y a une mare. Plus loin à gauche, à hauteur de la salle du Comité des Fêtes, de l’eau coule au fond d’un regard.


Saint Gengoux le National – son eau perdue
Une mare au bord de la Rue de l’Abattoir, non loin du Chirot
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                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013


Après la route de Joncy franchie sous un pont, après avoir longé une prairie, il passe sous la route de Saint Martin de Croix dans une buse trop petite (avec dénivelé et chute) : le 10 juin 2008, après l’orage, l’eau passait en torrent par dessus la route, cela sur une grande largeur.

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le Chirot juste avant le pont de la route de Joncy
CHI_015

                                                                                                                                                                                          photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le Chirot après le pont, dans une portion où subsiste encore une double bordure d’arbres, mais plus de végétation basse, ni de clôture, faisant obstacle au passage des bovins

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                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013
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                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013

Plus loin, sur le site de la ferme de Montvallet, des grands remblais ont été réalisés dans l’axe du lit mineur qui paraît avoir été détourné dans un simple fossé de drainage pour les contourner. Entre le Mont Saint Roch et le Mont Péjus – deux sites Natura 2000 (f), cette artificialisation du lit et l’absence de toute végétation font obstacle à la circulation des espèces : le Chirot a dû être la relation la plus naturelle entre ces massifs et plusieurs autres. De toute évidence, comme le Nolange, il ne l’est plus.


Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le Chirot venant de la route de Joncy, depuis la route de Saint Martin de Croix.
A cet endroit, le Chirot relie le Mont Saint Roch au Mont Péjus, deux zones Natura 2000, mais le ruisseau – corridor écologique s’il en est – ne bénéficie d’aucune protection.
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                                                                                                                                                                                           photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le passage de la route de Saint Martin

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                                                                                                                                                                                           photo ACG 2013

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                                                                                                                                                                                           photo ACG 2013

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                                                                                                                                                                                                         photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le Chirot vers le sud, la ferme industrielle développée dans le lit du ruisseau et le Mont Péjus 

 Etat en 2011

 

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Printemps 2013

                                                                                                                                                                                           photo ACG 2013


 

Source de Montvallet 

(avant Saint Martin de Croix, là où le Chirot et l’Ermite se rejoignent)


C’est aujourd’hui la source qui alimente Saint Gengoux. A 800m de la cité et à une moyenne d’une vingtaine de mètres au dessous, son eau est poussée par des pompes (à la différence de l’eau descendant de la source de Manon).


La source ne paraît pas être entièrement captée car un ru s’écoule jusqu’au ruisseau de l’Ermite, à quelques dizaines de mètres.

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le captage de Montvallet et la convergence des ruisseaux
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                                                                                                                                                                                           photo ACG 2013


Le bassin versant s’étend au moins jusqu’à Saint Maurice des Champs. Il jouxte celui du Chirot, s’il ne lui correspond pas pour partie. Sur ce territoire, encouragés par des subventions décidées et attribuées sans connaissance et discernement, des propriétaires sûrs de leur « bon droit« , ont mis en culture des pâturages (quid des haies ?). Et, paraît-il, en culture de maïs (d’après les informations données par la municipalité de Saint Gengoux). Et, en effet, à seulement 450m de la source, juste passé le sommet du Mont Saint Roch, presque 100m au-dessus, commence le premier grand champ labouré. Le résultat ne s’est pas fait attendre : privés du réseau dense des racines de la prairie et vidés de la majeure partie de leurs organismes, bref : appauvris, les sols s’érodent et se dégradent en boues qui polluent la nappe aquifère et la source.

  

g – Le bassin versant de la source du Montvallet

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Exactement de l’autre côté du Mont Saint Roch par rapport à Montvallet, après les bois et à quelques mètres de la zone protégée Natura 2000, les premiers champs labourés.

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                                                                                                                                                                                                                                                            photo ACG 2013
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                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
En contrebas du chemin de contournement du Mont Saint Roch vers Les Chailloux (vers l’Ouest), la continuité du labourage
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                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
A 500m au Nord du Mont Saint Roch, à l’orée du Bois de La Rochette par la petite route qui mène à Saint Gengoux (au Rompar), un dépôt de lisier. Cet endroit est réputé être compris dans le bassin versant de la source de Montvallet. C’est 300m au-dessus du Chirot sortant de la Croix Segaud. Les dépôts de cette sorte se multiplient.
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                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013

Le problème n’est par bien grand. D’ailleurs, la solution a été proposée quand, officiellement, la privatisation n’était pas encore arrêtée mais seulement envisagée*. Mais la restauration de la qualité de l’eau, tout en conservant le contrôle de la ressource, n’a pas été choisie. C’est d’autant plus remarquable que « la solution » retenue consiste à pomper l’eau polluée de la Grosne (!) au Pont d’Epinet (197m), encore 28 mètres au-dessous de la source de Montvallet, ce qui nécessite évidemment un équipement incomparablement plus coûteux à l’achat, en énergie et en entretien, que les seules canalisations et réservoir de l’exploitation de la source de Manon.

* se concerter avec les communes et les propriétaires du bassin pour retrouver le sens du bien commun et conclure un accord profitable à tous sur les bonnes pratiques agricoles et environnementales.

 



Le Ruisseau de l’Ermite



 

f – La source du Montvallet et l’Ermite (Saint Martin de Croix)
Saint Gengoux le National – son eau perdue
Chemin de Chauvet, le bassin de rétention pour le chemin de fer à vapeur

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                                                                                                                                                                                                                                                             photo ACG 2013
Saint Gengoux le National – son eau perdue
Canaux de décharge du bassin

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                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013
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                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le fossé au bord du Chemin de Chauvet vers Saint martin de Croix. Il ne recueille que le trop plein des bassins. 
Où passe l’eau du ruisseau ? Dans quelle canalisation ? Celle de l’époque du Chemin de Fer ? Jusqu’où ? 
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                                                                                                                                                                                                         photo ACG 2013


Ce ruisseau naît au-dessus de Saint-Martin de Croix dans le Bois au Procureur ou, plus probablement, à la Croix au Procureur, au-dessus de la route de Joncy. Juste au-dessus du chemin de Chauvet, il arrive dans un grand bassin qui aurait été créé pour alimenter le chemin de fer à vapeur Chalon-Mâcon (aujourd’hui la Voie Verte). Début mai 2013, après une longue période pluvieuse, l’eau du bassin était extrêmement boueuse, semblant attester du mauvais état du ruisseau dès l’amont. A première vue, l’Ermite n’en sort que par deux canaux de décharge pavés avant de s’écouler dans un vulgaire fossé au bord du chemin de Chauvet. Après… il disparaît et la carte hydrographique de l’IGN indique un tracé canalisé énigmatique. Cependant, il existe probablement une buse captant l’eau en profondeur dans le bassin et elle semble toujours en fonction, non plus pour alimenter le chemin de fer, mais le ruisseau qui reparaît mystérieusement dans le village suivant le tracé repéré sur la carte de Cassini et la carte d’état-major de 1820 à 1866 (ci-dessous).


Suite à l’orage du 10 juin 2008, une vague a déferlé dans les bassins et en aurait éjecté des poissons.

Saint Gengoux le National – son eau perdue
L’Ermite au sortir du Moulin de Chattemine
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                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
Le captage de la source de Montvallet vu depuis Saint Martin de Croix
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                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013

Saint Gengoux le National – son eau perdue
La rencontre du Chirot, de l’Ermite et du ru résiduel de Montvallet. Derrière, le Hameau de Nourue.
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                                                                                                                                                                                                        photo ACG 2013


Passé Saint Martin de Croix, après le moulin de Chattemine, l’Ermite passe juste au-dessous de la source de Montvallet et se mêle au Chirot avant de rencontrer le Nolange sur le territoire du Hameau de Nourue. Sur tout ce parcours, il est piétiné par les bovins.

Le cours d’eau résultant de la réunion des ruisseaux de toute la tête de bassin versant s’appelle le Nourue.

 



Stérilisation 


Est-il besoin de souligner que la bonne santé des têtes de bassin est déterminante pour les eaux de l’aval ? 

(…) Les milieux aquatiques sont directement concernés par la suppression des accès aux zones de reproduction, de croissance et de nourrissage (risquant d’entraîner la disparition d’espèces) et la modification/dégradation de la qualité physico-chimique des eaux.(…)


Dans la tête de bassin versant de Saint Gengoux, l’altération est générale. Le couvert forestier des bassins versants a été réduit pour faire place à des cultures polluantes (maïs et vignes industrielles), le bocage (dont on voit encore les traces) a beaucoup régressé, plusieurs sources ont été saccagées, le chevelu des cours d’eau est exposé à toutes les agressions, la végétation des bords de l’eau (la ripisylve) n’existe presque plus, etc. Cette dégradation n’a pas seulement abîmé les paysages et produit une pénurie là où la ressource en eau était abondante. Directement et par une succession d’effets, elle affecte l’ensemble du réseau hydrographique et compromet les chances de succès des tentatives de régénération qui seraient tentées en aval.


A elles seules, les boues libérées par le passage dans les fossés de drainage, et les agressions physiques, sont une pollution pour la plupart des organismes aquatiques. Pour les animaux d’élevage aussi qui figurent parmi les victimes de cette dégradation : la boue des rives piétinées d’un ruisseau et l’eau boueuse et polluée par les déjections sont des transmetteurs de maladies :

BANDES TAMPONS, ABREUVOIRS ET RIPISYLVE :

http://www.lignonduforez.fr/telechargement/03-Eau%20et%20biodiversite/04-Agriculture/02-Dossier%20d%27informations/2011-09-30_4-Bandes_tampons_et_abreuvoirs.pdf


La réduction de la diversité biologique des prairies traversées par les cours d’eau, les recalibrages et la pollution par les boues de l’érosion intense due au piétinement des troupeaux, les busages répétés, mal calibrés et trop longs, le recouvrement des canaux sur des centaines de mètres (voire le détournement dans des tuyaux), etc. ont stérilisé la majeure partie des eaux de la vallée de Saint Gengoux. Cela contribue à appauvrir toutes les eaux en aval (et la mer) : celles-ci sont privées d’un apport important pour les populations piscicoles.


Toute la tête de bassin versant a été détruite en tant que frayère, nurserie et habitat pour la plupart des espèces animales et végétales.


Sur toute cette tête de bassin versant de la Rivière Grosne, nous constatons une violence systématique faite à l’eau, à ses environnements et à toutes les formes de vie, et même d’architecture*, liées à l’eau.
* fossés de la muraille, ponts, lavoirs, fontaines, serves…


Avec la disparition des fossés de l’enceinte médiévale et la canalisation,

– l’enterrement des ponts,
– les pertes de terres agricoles,
– les remblais de plus en plus importants en travers des lits,
– les passages de routes et de parkings dans des tuyaux,
– les recalibrages et les passages dans des fossés de drainage (et combien de drainages cachés ?),
– avec la destruction de la végétation des bords de l’eau et – comme en complément – de si nombreuses haies qu’il n’y a plus de bocage, plus de maillage,
– avec la réduction drastique des habitats…
la plupart des continuités écologiques (les corridors biologiques ou couloirs de circulation) ont été rompues. La fragmentation du paysage est devenue telle qu’elle entrave le déplacement de nombreuses espèces et a réduit la biodiversité à sa plus simple expression (ce que savent bien les pêcheurs et les chasseurs).

Tant de destructions ! Une sorte d’acharnement contre le bien commun par ceux-là mêmes qui ont tout intérêt à le préserver, sans doute parce que celui-ci n’est plus compris.


De négligence en abandon, d’oubli en ignorance, Saint Gengoux a finit par perdre la jouissance de ses eaux, de ses campagnes, de son patrimoine et de ses paysages :

– Perte de connaissance et de conscience de l’eau (pourtant la première ressource choisie et protégée par les anciens, siècle après siècle).
– Développement d’une incompréhension de l’écologie de la campagne (des conditions de sa bonne santé) et d’une incapacité à lire les paysages – à les interpréter.
– Perte des relations de bonne intelligence et coupure relationnelle avec ceux qui pâtissent des conséquences de décisions désormais considérées comme d’ordre « privé« .
– Développement de l’individualisme et de la dissociation sociale.
– Dégradation de la démocratie locale avec pour corollaire logique l’entrisme croissant des lobbies et le développement de travaux et de projets de plus en plus destructeurs pour la cité et l’environnement (destructeurs de l’autonomie et de la diversité économique également),
etc.


Comme ailleurs, en amont de tout cela, à l’origine de tous ces désordres, il y a la perte des pratiques et du sens communautaire, et la déresponsabilisation consécutive à la privatisation des communaux : bois, pâtures, terres agricoles, etc. Rien n’a échappé à la conception absolue de la propriété privée ignorante des interrelations et des continuités, avec autorisation de faire n’importe quoi sur « son » terrain ; pas même l’espace des sources et des ruisseaux, enfin l’eau dont tout le monde dépend, de la première goutte de pluie à la mer.


Parallèlement à l’oubli de l’eau et des conditions de sa qualité, comme nourrie par l’ignorance et l’inconscience, la violence n’a cessé de croître :

– la destruction soudaine de la mare du Chemin des Gourles au printemps 2013, 
– les arrachages de haies et d’arbres, 
– les dépôts de fumier dans les bassins des sources ou au bord d’un cours d’eau (g), 
– le projet de supermarché-station-service dans le lit même du Nolange et en amont des captages, 
– la périurbanisation galopante qui encrasse, qui obstrue les espaces ménagés par l’urbanisme traditionnel adapté au site, 
– la construction de lotissements sans idée qui semblent tout droit sortis des cartons d’il y a 50 ans, 
– et la destruction des jardins et d’excellentes terres…
Autant de manifestations de la déculturation qui est la première cause de cette dérive nuisible à la commune et à la région (h).

La privatisation de l’eau des sources, sa pollution par ajout de chlore et l’augmentation aussi spectaculaire qu’injustifiée de ce qui fut gratuit, est le dernier épisode de cette perte progressive du bien commun. Cette dérive en est maintenant arrivée au point où des grandes entreprises dictent leur volonté à la municipalité.

Et le Droit, ce Droit qui a beaucoup évolué afin d’assurer la protection de l’eau et des continuités écologiques ? Il semble ne pas s’appliquer dans le secteur.

De bout en bout, l’affaire de l’eau à Saint Gengoux le National est exemplaire.

 



Les pertes du bien commun

Même privé de sa végétation, stérilisé, piétiné, recalibré et enterré sur 800m, le ruisseau structure toujours le paysage et l’urbanisme : c’est tout de même lui qui a creusé la vallée et façonné son histoire. Et c’est en fonction de lui que la cité s’est organisée et développée, cela dès la première implantation et, très clairement, avec l’installation des moines de Cluny. 

Les outrages faits au ruisseau se traduisent par d’autres pertes que celles que chacun peut estimer en lisant sa facture d’eau, d’autres pertes que celles directement liées à la ressource. On peut les exprimer de différentes façons…


Une perte de l’agrément à vivre à Saint Gengoux :

La disparition de l’eau libre, de la végétation et des formes de vie qui l’accompagnent, mais aussi des ouvrages légués par les anciens (fossés, fontaines, lavoirs, ponts…), a fait perdre une grande partie de l’attrait de la cité, des lieux de promenade et de rencontre, etc. Il n’y a plus un seul lieu agréable où s’arrêter et regarder couler l’eau, comme le bord des canaux et les parapets du Pont des Fainéants qui devaient être des lieux de convivialité et d’échange – lesquels, par exemple, manquent cruellement aux pensionnaires de la maison de retraite et aux anciens de la cité (et aux plus jeunes).

Une perte de la relation avec l’histoire et l’architecture :
Avec l’eau, la cité a perdu une grande partie de sa cohérence, ce qui a contribué à entretenir et développer l’inconscience de la richesse du bâti ancien à Saint Gengoux. Les violences faites à l’eau et à la biodiversité font logiquement écho aux dégradations du patrimoine architectural et historique.

                                                                                                                                                                                           photo ACG 2013
 
Une perte de la relation avec les campagnes de l’amont et de l’aval :
Avec l’effacement progressif de l’eau dans la cité – surtout avec la destruction du Nolange, la conscience de son importance et des conditions de sa qualité s’est amenuisée. Cela a contribué à faire perdre la vigilance vis à vis des milieux naturels qui lui sont indispensables, qui la font vivre, et la compréhension de ceux-ci.


Des pertes pour l’économie locale :

La perte d’attractivité de la cité médiévale amputée de ses eaux et d’une partie de son sens se traduit par une fréquentation touristique très inférieure à ce qu’elle pourrait être.

Tout cela a eu des conséquences majeures sur le dynamisme commercial et social de la cité.


Le projet de construction d’un grand supermarché, d’un parking et d’une station-service dans le lit du Nolange (lit mineur et majeur), dans le Pré A l’Agasse, est un projet vieux de plus de 20 ans qui avait été abandonné après l’affirmation d’une opposition et le classement de l’endroit pour son intérêt historique et architectural. C’est typiquement un projet qui appartient encore au temps où beaucoup tournaient le dos à leur propre passé et méprisaient les legs des anciens, croyaient que les ressources naturelles sont inépuisables – en particulier les bonnes terres agricoles, minimisaient la nécessité de préserver l’espace d’expansion des crues, et où la conscience de l’écologie de l’eau et de son environnement avait encore quelque peine à émerger. C’est un temps révolu. – surtout depuis la nouvelle Loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006.


Ce projet témoigne de la gravité de l’oubli et de la perte de connaissance de l’eau et de la biodiversité atteinte ici. Il menace d’une nouvelle destruction qui aurait des conséquences encore plus graves que les précédentes (i).

 

Saint Gengoux l’ex-Royal serait-elle une cité oubliée, une sorte de Monde Perdu, pour être à ce point abandonnée des Dieux et de l’évolution de la législation sur l’eau et l’environnement ? Pas tout à fait…

La cité médiévale de Saint Gengoux le National est un site classé pour son intérêt historique, urbanistique et architectural. La cité et ses paysages font également partie du Pays d’Art et d’Histoire entre Cluny et Tournus (http://www.pahclunytournus.fr/documents/portal651/pah-diagnostic-indentification-du-vivant.pdf).

Le territoire de la commune comprend deux « réservoirs de biodiversité » qui correspondent en grande partie aux lits de ses cours d’eau oubliés par le projet de SRCE, le reste étant classé « continuum écologique » (d’après la sous-trame Prairie et bocages). Il est inclus dans la ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique) « Côte Chalonnaise de Chagny à Cluny ». Il comprend et jouxte deux sites Natura 2000 (Mont Saint Roch et Mont Péjus). Malheureusement, aucun de ces classements ne protège quoi que ce soit sur le territoire de la commune !

Quant au Ruisseau de Nolange, il est la continuité écologique intermédiaire à protéger et réhabiliter entre les massifs naturels désormais protégés.

Là, entre les sites protégés de Culles les Roches, de Saint Gengoux le National et la Grosne : le Nolange dont le tracé n’apparaît, sur cette carte Natura 2000, que sur les deux derniers kilomètres.


 

L’heure de la restauration


En mars 2013, une pétition des habitants de Saint Gengoux révoltés par la privatisation et ses conséquences, a proposé :
« et pourquoi pas un retour aux sources avec le retour à la régie publique ? « Retour aux sources, en effet. Il faut restaurer l’eau de Saint Gengoux, depuis les bassins versants des sources jusqu’aux cours d’eau pour retrouver la jouissance du bien commun.

Car les temps ont enfin changé. Depuis la circulaire n° 87-63 du 25 janvier 1985 du Code Permanent de l’Environnement et des Nuisances, citée plus haut, et la « Directive Cadre sur l’Eau » (DCE) du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000, entrée en vigueur en décembre 2000 et traduite en Droit français en avril 2004, la restauration des milieux aquatiques et de la qualité des eaux, la « restauration de la continuité écologique » – redonner vie aux cours d’eau – est la nécessité partout reconnue – ou imposée. Restauration jusqu’aux bassins versants des sources, bien entendu (j). Et l’objectif arrêté est d’atteindre le « bon état des eaux » en… 2015 !


Douze ans après l’officialisation de cette évolution générale, des années après le lancement des politiques de bassins, dans la tête de bassin versant de Saint Gengoux, l’heure est venue de préparer la récupération des eaux vives, et en « bon état« , donc la récupération de l’eau comme bien public.


Depuis les sources jusqu’au Bourg Hameau, les cours d’eau pourraient être aisément restaurés (k).


Dans la pointe agricole du Bourg Hameau, la restauration obligerait à réduire, voire à supprimer le maraîchage et, surtout, l’important captage d’eau. Cela peut être réalisé sans préjudice pour le maraîcher. Au contraire, un échange avantageux peut lui être offert : tout ou partie de son champ actuel contre une partie de la prairie promise à la destruction par le projet de parking, supermarché, station-service, entre la cité médiévale et la Tour des Archers. Cette prairie est beaucoup plus proche de l’installation principale du maraîcher (économies de temps et d’énergie). Les terrains laissés disponibles par une opération de restauration pourraient être consacrés au jardinage (manque chronique de terrains disponibles pour les habitants de la cité).


Dans la traversée de la cité médiévale, la restauration de la continuité écologique impose un réexamen complet des busages et la réouverture des canaux dans lesquels les eaux du Nolange, du Vernay et des rus de la cité ont été contenues : celui du XVIIIème siècle et celui de la rue des Tanneries. Ces canaux étant réputés avoir été simplement recouverts *, le coût du chantier devrait en être réduit.

* Rue des Fossés, en contrebas du muret de clôture cimenté, un appareil de grosses pierres semble attester la présence du canal du XVIIIème siècle.

Cela sera-t-il suffisant pour permettre à la vie aquatique de revenir ? La restauration du bassin de la source de Manon semble aussi une nécessité, même si la dépollution de l’ex-décharge risque de nécessiter un gros travail. Mais pouvoir à nouveau utiliser cette eau gratuite et, peut-être, la voir couler libre serait une grande récompense pour tous.


Les enjeux locaux ne sont pas seuls à plaider pour la restauration de toutes les eaux de Saint Gengoux le National et alentour. Celle-ci est d’autant plus impérative que le changement climatique rapide impose la protection et le rétablissement du bon état de l’eau, sous toutes ses formes, et des écosystèmes qui l’accompagnent. Cela tant pour l’eau elle-même (pour tout l’aval, Méditerranée comprise) que pour la libre circulation des espèces animales et végétales poussées par le réchauffement.
La solidarité de bassin est donc essentielle, en particulier à l’amont de prises d’eau couvrant des besoins stratégiques pour l’alimentation en eau potable ainsi que pour la préservation des zones humides et très petits cours d’eau, reconnus en terme de valeur patrimoniale et souvent d’intérêt écologique majeur. L’Agence de l’eau Loire-Bretagne intègre par conséquent pleinement cette problématique dans le SDAGE, approuvé par le Comité de Bassin en novembre 2007 : « La sensibilité des têtes de bassin et l’influence essentielle de ces secteurs dans l’atteinte des objectifs de bon état à l’aval justifient d’identifier précisément ces zones et de définir des mesures de restauration spécifiques lorsque c’est nécessaire. » Au même titre, le Plan Loire Grandeur Nature 2007-2013 adopte une démarche de préservation et de restauration des biens communs que sont la ressource en eau, les espaces naturels et les espèces patrimoniales, dans l’enjeu 2 du Programme Opérationnel Plurirégional Loire et des dossiers financés au titre de la plate-forme « eau, espaces, espèces ».  
Malheureusement, Saint Gengoux le National ne dépend pas de l’Agence Loire Bretagne ! D’importantes corrections sont indispensables pour redonner la santé à la tête de bassin versant de Saint Gengoux, des corrections qui, à priori, pourraient contrarier l’intérêt de quelques propriétaires. Mais, même individuelles, les erreurs sont le résultat d’une perte de vigilance et d’une dérive collectives étendues sur plusieurs générations. La compréhension du fait collectif devrait faciliter l’élaboration de solutions supportées par tous. L’effort devrait être stimulé par la perspective des bénéfices de la restauration et par les économies réalisées grâce à la récupération du contrôle de l’eau. Cette dynamique profitable à tous devrait permettre de dégager les financements nécessaires aux dédommagements et de trouver des solutions amiables dans tous les cas. D’autres pistes pourraient être explorées avec bénéfices : l’engagement de chômeurs et le bénévolat, le volontariat et les chantiers de jeunes (l).



Alain-Claude Galtié
avec le précieux concours de Marcellin Babey,
Jacqueline Bridet,
Yvette Gressard,
Hélène Mondange,
Henri Moreau,
la Confédération des Associations de Protection de l’Environnement et de la Nature,
et l’aide de techniciens de l’Institut Géographique National
– à partir de mars 2013

notes

(e)
La qualité de l’eau et l’assainissement en France
http://www.senat.fr/rap/l02-215-2/l02-215-219.html

Réhabilitation des décharges
http://www.ademe.fr/languedoc-roussillon/docs/brochure%20d%C3%A9charges%20LR.pdf

Après la fermeture d’une décharge, la commune d’Avoudrey a sélectionné l’ONF pour des travaux de réhabilitation
http://www.onf.fr/produits_prestations/++oid++c2d/@@display_reference.html
Gestionnaire de patrimoine, vous souhaitez remettre en valeur un site qui a subi une dégradation liée à une activité industrielle passée ou à une surfréquentation touristique.
Notre solide compétence environnementale nous permet de vous proposer d’intervenir à divers titres – assistant au maître d’ouvrage, expert, maître d’œuvre, entrepreneur – au cours des différentes phases d’un projet de réhabilitation (…) (f)
D’ailleurs, il est étonnant que les aires de protection Natura 2000 du Mont Saint Roch et du Mont Péjus ne s’étendent pas jusqu’aux cours d’eau qui joignent ces sites et les suivants (?). En effet, l’objectif majeur du classement Natura 2000 n’est évidemment pas de protéger seulement des enclaves ça et là. Il est de préserver ou de restaurer une continuité entre tous les espaces sauvegardés. Or, les cours d’eau de la tête de bassin versant de Saint Gengoux constituent les corridors écologiques les plus favorables au déplacement des espèces animales et végétales (axe Saône-Rhône et, même, Côte dijonnaise-Côte beaujolaise). Enfin, ils devraient l’être, mais nous constatons partout un saccage systématique, une volonté de détruire le paysage et la diversité qui le constitue et en fait tout l’intérêt. Cette constance destructrice puise dans un oubli de l’eau développé jusqu’à une perte de conscience et de compréhension de la ressource, des écosystèmes et, même, des crues.(g)
La multiplication des épandages de fumier a aussi pour conséquence la dégradation des chemins et des terres sous les engins.
Plutôt que d’encombrer et de polluer, ce « déchet » pourrait être considéré comme « ressource » à valoriser en le traitant dans des unités de méthanisation à la ferme (biogaz).
Production de biogaz avec du fumier chez Denis Brosset en Vendée
http://www.dailymotion.com/video/xx4evo_economie-autonomisante-activite-autogestion-nature-112_news(h
A l’inverse des lotissements bouffeurs de terre agricole, de campagne et destructeurs de la vie de la cité…  quelques alternatives aux lotissements, éco-hameaux, architectures évolutives :
Ensemble à Beaumont en Ardèche
le hameau du Blat http://www.blogg.org/blog-70509-billet-projet___le_hameau_du_blat-1401684.html
http://www.atelierdesfantasques.com/mediation/beaumont/

 

l’exemple donné par la commune de Burdignes La commune de Burdignes a lancé un projet d’éco-hameau sur une parcelle à 1 kilomètre du village, exposée au sud et qui a fait l’objet d’une démarche participative. Les conseillers municipaux, les habitants du village, les partenaires de la municipalité (Parc du Pilat, … ) et des personnes intéressées pour y habiter ont formalisé leurs souhaits pour faire de cet éco-hameau un lieu de vie pensé à l’avance pour être accueillant et respectueux de l’environnement et des pratiques de chacun. http://burdignes.com/eco-hameau.html http://blog.ecohabiter-via.fr/urbanisme-participatif-ecohameau-de-mirosse-burdignes-42/(i)
C’est aussi un projet du temps où l’on n’avait pas encore fait le bilan de toutes les nuisances induites par la grande distribution pour les économies locales et la vie sociale.(j)
Principe de base de la «loi sur l’eau et les milieux aquatiques» du 30 décembre 2006 (la LEMA) :«L’eau n’est pas un bien marchand comme les autres mais un patrimoine qu’il faut protéger, défendre et traiter comme tel».Parmi les nouveaux enjeux : «le renforcement de la protection des milieux aquatiques et leur restauration».(k)

Cours d’eau enterrés en tête de bassin : préconisations pour leur restauration
http://www.eau-rhin-meuse.fr/tlch/rivieres_et_zh/guides/Guide%20restauration%20des%20cours%20d%27eau%20enterres.pdfQuelques-uns des nombreux exemples proposés par l’ONEMA :
LES JEUDIS DE LA RESTAURATION DES COURS D’EAU
(…) nous vous proposons de découvrir un ou deux exemples de restauration de la continuité écologique d’un cours d’eau français, entrepris par un maître d’ouvrage, avec parfois de nombreux partenaires. Ces exemples, anciens ou plus récents, ont été réunis par l’Onema et les agences de l’eau dans un recueil d’expériences sur l’hydromorphologie.
http://www.onema.fr/Les-jeudis-de-la-restauration-06_10_2011

 

Remise à ciel ouvert du ruisseau du Trégou à Luc-la-Primaube
La plupart des cours d’eau situés sur le territoire a connu de lourds travaux – notamment drainage, recalibrage, busage – réalisés dans les années 70-80 et destinés à gagner de l’espace agricole et favoriser la mécanisation du travail. Quelques retenues collinaires, destinées à l’irrigation, sont présentes en amont du Trégou, au niveau des zones de sources et des affluents.Ces différents travaux ont contribué à modifier le régime hydrologique du Trégou – par l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des crues et des étiages – et à altérer les conditions morphologiques. Les busages successifs ont fractionné le cours d’eau provoquant des pertes de linéaire, des ruptures de pente, des phénomènes d’érosion régressive et progressive et créant des chutes infranchissables pour les poissons. Le lit mineur s’incise de plus en plus et provoque une déstabilisation des berges ; les substrats perdent en capacité d’accueil des espèces du fait de l’érosion et du colmatage…Le Trégou est un cours d’eau de 1ère catégorie, abritant truite et espèces d’accompagnement – vairon, goujon. À proximité de la commune de Luc-la-Primaube, en tête de bassin versant, le Trégou est recouvert par une succession de buses sur 30 m de long. Ces buses, sous-dimensionnées, provoquent un problème d’érosion progressive qui s’étend désormais sur 200 mètres linéaires. L’aval de la buse se retrouve déconnecté du lit du cours d’eau et crée une chute de 80 cm, infranchissable pour la truite fario. Par ailleurs, la divagation du bétail dans le lit mineur est source de multiples problèmes pour les animaux (risques sanitaires et de chute aux endroits incisés) et de perturbations pour le milieu aquatique (piétinement et effondrement des berges, homogénéisation des faciès et élargissement du lit mineur, dégradation de la qualité de l’eau, destruction des habitats…
http://www.onema.fr/IMG/Hydromorphologie/REX_r9_Tregou_ok.pdf

 

Le reméandrage de la Drésine et du ruisseau de Remoray
Entre le début du XIXe siècle et la fin des années 1980, plusieurs cours d’eau situés dans le marais sont tour à tour réaménagés. Ils sont recalibrés et transformés en fossé rectiligne dans le but d’assécher le marais et de conquérir de nouvelles parcelles agricoles. Au final, aucune terre agricole n’est gagnée sur le marais. Par contre les travaux ont des effets négatifs sur le milieu : la nappe d’accompagnement s’abaisse et le marais s’assèche progressivement conduisant à une banalisation des habitats et des espèces du marais (faune et flore) ainsi qu’à l’augmentation de la compétition inter-espèces. Les habitats et les espèces des ruisseaux se banalisent également. Cette altération globale de la zone humide réduit les capacités d’accueil pour les oiseaux (bécassine des marais, râle d’eau, etc.), les amphibiens (grenouille rousse, triton, etc.), mais aussi les poissons : la truite de lac ne fraye plus dans les cours d’eau.
http://www.onema.fr/IMG/Hydromorphologie/27_3_rex_r7_dresine_vbat.pdf

 

Création d’un chenal d’étiage sinueux en milieu urbain sur le ruisseau de Montvaux (Moselle)
http://www.onema.fr/Les-jeudis-de-la-restauration-06_01_2011

 

Restauration des habitats de l’écrevisse à pieds blancs par la recharge sédimentaire du ruisseau de Saulny
http://www.onema.fr/IMG/Hydromorphologie/24_3_rex_r4_saulny_vbat.pdf…et une somme sur la question :
LA RESTAURATION DES COURS D’EAU : RETOUR D’EXPÉRIENCES SUR L’HYDROMORPHOLOGIE
Le recueil d’expériences sur l’hydromorphologie des cours d’eau, destiné aux acteurs de l’eau et partenaires locaux a pour ambition d’inciter à la mise en œuvre de nouvelles actions de restaurations physiques du cours d’eau. Il regroupe sous forme de fiches, des arguments en faveur de la restauration des cours d’eau et présente plus de 60 exemples d’opérations qui ont eu lieu ces 20 dernières années. Il est le fruit d’un partenariat entre le ministère en charge du développement durable, les agences de l’eau et l’Onema.
http://www.onema.fr/Hydromorphologie,510(l)
Chantiers Histoire et Architecture Médiévales (CHAM)
Site internet : www.cham.asso.fr
Club du vieux manoir
Site internet : www.clubduvieuxmanoir.asso.fr
Compagnons bâtisseurs
Site internet : www.compagnonsbatisseurs.org
Etudes et Chantiers – Unarec (Union nationale des associations régionales Etudes et Chantiers)
Site internet : www.unarec.org
Rempart
Site internet : www.rempart.com

Création d’une ripisylve à Saint Martin d’Hardinghem (Pas de Calais)

 

 

La démonstration par les photos aériennes

accessible sur Géoportail : « remonter le temps »

 

Sur les photos, jusque dans les années 1970, comme sur les cartes anciennes*, on distingue nettement les fonds de vallée les plus inondables des terrains plus hauts – même très légèrement. Les premiers sont consacrés aux pâturages, les seconds aux jardins, puis les habitations (exceptées celles construites pour affronter les crues). Le Pré A l’Agasse actuel appartient aux premiers (le plan cadastral du hameau de Nourue datant de 1827** confirme que le terrain où a été réalisé le remblai Jardinat/GammVert faisait partie de celui-ci).

*en particulier la carte d’état-major 1820-1866 qui indique le relief (également sur Géoportail).

 

**http://www.archives71.fr/arkotheque/arkotheque_visionneuse_archives.php?arko=YTo0OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMTMtMDctMjgiO3M6MTA6InR5cGVfZm9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO2k6MztzOjQ6InJlZjIiO2k6NDg2O30

 

 

 

Dans le secteur du Pré A l’Agasse, le cliché n° 158 de la mission photographique 3026-0021 du 20 septembre 1945 permet de deviner le canal du Nolange et son tracé vers la route des Tanneries (bientôt le long du bord Est de la route, à la limite de la Grande Terre). Son tracé correspond encore à celui relevé par le plan cadastral du hameau de Nourue de 1827*. « Le canal« , pas le lit naturel du cours d’eau qui suivait le talweg dans le pré, avant d’être détourné pour alimenter le moulin de la Boutière. Une double ligne d’arbres (ripisylve) le protège entre le croisement avec la route perpendiculaire et l’ancien emplacement du moulin de la Boutière. La route devait franchir le ruisseau sur un pont.

*http://www.archives71.fr/arkotheque/arkotheque_visionneuse_archives.php?arko=YTo0OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMTMtMDctMjgiO3M6MTA6InR5cGVf

 

 

Confirmation avec la mission 2828-0041 du 11 juillet 1946

 

 

 

Le cliché n° 233 de la mission photographique 2924-0021 du 12 mai 1954 révèle un élargissement de la route des Tanneries avant le carrefour avec la route perpendiculaire. A cet endroit, la route des Tanneries faisait un coude avant franchir le Nolange et de poursuivre vers le hameau de la Nourrue. Les deux portions sont maintenant presque alignées. Très clairement, l’élargissement a été réalisé au détriment du ruisseau (ou plutôt du bief du moulin) qui disparaît sous le nouveau carrefour. Et la ligne d’arbres du côté Est de la route des Tanneries, du côté de la Grande Terre (ripisylve du Nolange) a régressé.

 

 

Les clichés n° 15 et 16 de la mission 3027-0111 du 22 juin 1960 confirment l’élargissement de la route des Tanneries, au niveau du carrefour, au détriment du ruisseau.

 

Ce qui allait devenir le parking de la coopérative est l’ancien tracé de la route. Le tracé initial du Nolange traverse le carrefour d’aujourd’hui et suit la portion de route devant la coopérative.

 

 

 

Le cliché n° 187 de la mission 3026-0031 du 05 juin 1962

 

montre que le jardin du début de la rue de la Tuilerie (perpendiculaire aux Fossés) a disparu – avec sa fontaine. Au même endroit, apparition d’un édicule face au débouché de la rue des Jardins (probablement le nouveau poids public). L’ancien est toujours en place (à côté du Donjon).

 

1962 est l’année du recouvrement du canal du Nolange dans la rue des Fossés. Les photos aériennes ne sont pas encore assez bien définies pour le constater, mais la disparition du jardin de la rue de la Tuilerie et la nouvelle construction peuvent être des manifestations secondaires du chantier.

 

 

 

 

Mission 2526-0031 du 07 juillet 1963 (clichés n° 78 et 79)

 

 

 

Mission 3027-0101 du 23 juin 1967(clichés n° 2512 et 2513)

 

La photographie prise en 1963 ne permettait pas d’en être sûr… Cette fois, la disparition de l’ancien poids public est évidente

 

Rue des Fossés, beaucoup d’arbres ont disparu côté extérieur.

 

Il y a toujours des jardins là où allait être construit Jardinat et les deux maisons voisines. Le ruisseau se dessine en face, le long du dernier bâtiment de la rue des Tanneries (la ferme Bayard ?).

 

Le long du Pré A l’Agasse, beaucoup d’arbres ont disparu.

 

 

 

 

Mission 3027-0091 du 26 juin 1970, cliché n° 68

 

 

 

Mission 2927-0041 du 13 août 1974, cliché n° 37

 

 

 

Mission 3027-0051 du 02 juillet 1980, cliché n° 228

 

Au Nord du Bourg-Hameau, à la Croix de Rimont, le remblai de la DDE n’existe pas encore. Là où il sera construit, il y a un pré bordé d’arbres que le Nolange traverse en biais.

 

Rue des Tanneries, le remblai Jardinat semble terminé (bâtiments construits).

 

Plus loin, à partir du carrefour, devant le futur emplacement de la coopérative, apparaît plus clairement 1 tranchée en biais jusqu’à la seconde ligne d’arbres (mais la trace se devine déjà en 1970… un égout ?).

 

Pas encore de lagune. Le canal du ruisseau est toujours là, en parallèle à la route des Tanneries vers Nourue.

 

 

 

Mission 2826-0161 du 22 juillet 1980, cliché n° 23

 

 

 

mission 0600-0421 du 28 septembre 1983, cliché n° 178

Le remblai Jardinat est réalisé. Au moins à partir du carrefour jusqu’à l’ancien emplacement du moulin de la Boutière, la ripisylve et l’ancien bief où coule le ruisseau ont été détruits. A leur emplacement, un chemin empierré, nu.   Dans le Pré A l’Agasse, entre l’angle du remblai Jardinat et la ligne d’arbres du Pré de la Tour, une nouvelle tranchée en biais. La canalisation du Nolange ?    

mission 3027-0151 du 04 juin 1983, clichés n° 7 et 8 : Au Nord du Bourg-Hameau, l’amont du Nolange est encore fourni en haies et ripisylve. A la Croix de Rimont, le remblai de la DDE n’existe pas encore. 

Mission 3027-0041 du 25 avril 1985, clichés n° 44 et 42 : A partir du Bourg Hameau, le Nolange est enterré partout. Complètement effacé.


En complément de l’examen des cartes du passé, l’observation des photos aériennes est d’autant plus révélatrice qu’elle couvre la période des destructions les plus remarquables.  A partir du début des années cinquante (époque de la pollution de la source de Manon par la nouvelle décharge municipale), on assiste au développement d’une longue série de saccages de l’environnement et des biens communs légués par les anciens. Un processus de dégradation qui se poursuit inexorablement jusqu’à aujourd’hui et explique comment a pu naître le projet de remblayer le lit du Nolange, pour y planter un supermarché-station-service, sur fond d’oubli de l’histoire de l’eau et d’ignorance de l’hydrogéomorphologie la plus basique.  Il est stupéfiant de constater combien la perte de mémoire et de conscience du bien commun a été rapide, et comment elle a maintenant aveuglé les services officiels.  

Documentation et bibliographie 

sur l’eau perdue :

 

Guide méthodologique réalisé par l’agence de l’eau Loire-Bretagne

Guide méthodologique – Restauration des cours d’eau – Agence de l

avec, en particulier, la présentation du cas des rivières oubliées ou « inexistantes » : (…) Dans certains cas, la rivière n’est même plus visible. Canalisée et enterrée, elle n’existe plus dans l’inconscient collectif, si ce n’est ponctuellement et de façon négative par exemple lors de débordements des réseaux. (…)
 

 

Toujours sur l’oubli de l’eau et de beaucoup d’autres choses :

Rivières perdues

film de Caroline Bâcle

Il était une fois, des centaines de rivières sillonnaient nos villes. Pourquoi ont-elles disparues? Comment? Et pourrions-nous les revoir un jour? Ce documentaire tente de trouver des réponses en rencontrant des urbanistes, des militantes et des artistes visionnaires du monde entier.

Site officiel

http://rivieresperdues.radio-canada.ca/

page FaceBook

https://www.facebook.com/LostRiversDoc

 

 

 

Sur l’incroyable oubli des têtes de bassin versant

 

Elles sont un espace extrêmement important pour la diversité biologique et la qualité des eaux de l’aval. Et elles sont, évidemment, très nombreuses. Elles couvrent de grands espaces où chaque intervention devrait être soigneusement mesurée. Mais, comme en d’autres domaines, les petites choses éparses (sources, zones humides, rus, mares, ripisylves, boqueteaux…), les commencements diffus, les ensembles complexes mais peu denses sont comme imperceptibles pour la plupart. En particulier, pour les institutions de l’eau et de l’environnement (en tout cas, en Bourgogne Sud !). En-dessous d’une certaine dimension, d’un débit minimal, c’est comme si rien n’existait.

 

Les altérations physiques en têtes de bassin versant sur les régions Bretagne – Pays de la Loire. A la recherche d’« aqua incognita »

Rémi Nguyen Van, 2012

http://www.onema.fr/IMG/pdf/2012_013.pdf

 

La grande majorité des politiques de l’eau omettent cependant un élément essentiel du réseau hydrographique, les têtes de bassin versant. Ces petits cours d’eau à l’amont des bassins versant représentent pourtant entre 60 et 80% du linéaire total (…). Cette omission est particulièrement motivée par le manque de connaissance sur ces milieux.

 

Alors qu’il est supposé que ces espaces ont été intensément dégradés depuis le début des années cinquante, l’inexistence d’état des lieux et l’inadaptation des protocoles existants à leurs petits gabarits contribuent fortement à un immobilisme latent. L’ignorance ne pouvant se justifier à elle-même, des études au niveau national commencent progressivement à voir le jour sur les têtes de bassin versant.Actuellement, les gestionnaires s’interrogent sur la meilleure manière d’appréhender, de gérer et de connaître ces milieux.Cette étude s’interroge sur le rôle et l’état des têtes de bassin, la manière d’améliorer la connaissance de ces milieux et les meilleurs moyens de les gérer.
(…)

 

Cette étude aborde aussi le problème de la dégradation cartographique que l’on observe à Saint Gengoux le National :

2.3.1 LA MEMOIRE CARTOGRAPHIQUE

Quelque peu poétique cette citation n’en est pas moins une réalité, il existe de nombreuses eaux de surface qui ne sont pas prises en compte par les politiques de l’eau.

 

C’est suite à une étude minutieuse du réseau hydrographique suédois que Bishop et al. (2008) citée précédemment met en évidence l’imprécision des cartes utilisées quant à la connaissance des eaux de surfaces. Ils ont proposé de nommer ces eaux «Aqua Incognita» pour ne pas les oublier. Ils concluent notamment que les travaux des chercheurs et gestionnaires doivent s’orienter vers la recherche de ces eaux.

 

En France l’étude de Therin et Le Bihan (2008) fait également état de l’absence de presque 25 à 40% des cours d’eau dans les secteurs qui souffrent d’accessibilité (bois, haies).

 

La FDPPMA 56 lors d’inventaires de cours d’eau a également trouvé des résultats similaires. Sur le bassin de Draya près de 37% des cours d’eau sont manquant, ces chiffres vont jusqu’à 50% sur certains bassins. Plus tard, Le Bihan (2009) pousse son analyse plus loin en effectuant des tests expérimentaux sur certaines zones. Il met ainsi en évidence que dans le cas analysé, près de la commune de Bermering (57), il existe des différences de tracés à la fois entre les cartes IGN de 2006 et les orthophotos de 2006 et entre les cartes IGN de 2006 et celles de 1950 (Le Bihan, 2009).

 

Il souligne l’intérêt des anciens référentiels cartographiques et d’une manière plus générale des documents de mémoire, qui montrent en l’occurrence la disparition de 86,7% du réseau hydrographique. Ce fut l’une des motivations pour lancer le sujet initial de cette étude.

 

Bien que les modalités de cette étude aient été modifiées, une expérience venant conforter les résultats identifiés par Le Bihan (2009) a été réalisée à partir de cartes anciennes empruntées à nos partenaires. (cf partie 2.5.2.2).

(…)

 

 

Redécouverte de l’eau et de son environnement


Trame bleue – l’évolution de la protection des eaux

http://fr.wikipedia.org/wiki/Trame_bleue


Mise en œuvre de la réglementation relative aux zones humides

http://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/GuideRegionalZH_V3_20120716_cle27e177.pdf


Régulation des activités humaines dans les zones humides

http://siecorse.eaurmc.fr/zones-humides/documents/chapitres-guide-juridique/regulation-activites-humaines-zh.pdf



 

Sur la ripisylve

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ripisylve

http://www.crpf-poitou-charentes.fr/Panneaux-d-exposition.html


L’influence de la ripisylve sur la bonne santé des cours d’eau

http://www.onema.fr/influence-de-la-ripisylve


Bandes tampons, abreuvoirs et ripisylve

http://www.lignonduforez.fr/telechargement/03-Eau%20et%20biodiversite/04-Agriculture/02-Dossier%20d%27informations/2011-09-30_4-Bandes_tampons_et_abreuvoirs.pdf

 

Ecrevisses du Morvan: les vraies causes de leur disparition


L’écrevisse à pieds blancs dans le département de l’Yonne

en particulier, page 43 :

3.5. Facteurs limitants dans le département

3.5.1. Réduction et destruction de l’habitat

http://www.eau-seine-normandie.fr/WebOaiDoc/176560.1.0.pdf

 

 

 

Sur les couloirs ou corridors écologiques 

 

Les corridors écologiques : outils d’aménagement durable du territoire pour une conservation dynamique de la biodiversité 

S’intéresser au réseau écologique d’un territoire, c’est juste en assurer une nouvelle lecture pour mieux comprendre le fonctionnement naturel, reconnaître les fonctions naturelles qu’exercent depuis longtemps certains espaces : cœurs de nature, corridors écologiques ou matrice paysagère et qui sont à ménager.

 

Identifier le réseau écologique d’un territoire, c’est savoir mieux accompagner les transformations du paysage, pour éviter une fragmentation supplémentaire ou irrémédiable liée à l’aménagement, à la banalisation ou/et à l’urbanisation de l’espace.

 

Connaître le réseau écologique d’un territoire, c’est aussi préserver la biodiversité et lui permettre de mieuxs’adapter aux changements climatiques 

http://www.parcs-naturels-regionaux.fr/upload/doc_telechargement/Journal%20Corridors%202.pdf 

 

 

LE LIVRET DE LA HAIE CHAMPETRE EN GASCOGNE

Près des maisons, dans les champs, le long des routes, au bord des rivières, au village, dans le lotissement, autour des bâtiments, la haie se faufile partout, pour le plus grand bonheur des promeneurs et des amoureux de la nature. Mais au-delà de l’esthétique, la haie présente de nombreux intérêts, et c’est bien pour en tirer profit que l’homme l’a inventée et l’entretient.

 

En quelques dizaines d’années, près de la moitié des haies de l’hexagone a été sacrifiée à la modernisation de la campagne. Ce désarbrement massif a révélé l’importance de nos haies et de nos arbres champêtres dans le fonctionnement et l’économie des territoires :
• ils protègent et améliorent le sol,
• ils participent au cycle et à l’épuration de l’eau,
• ils influencent localement le climat et atténuent les dégâts des intempéries,
• ils sont un formidable gisement de “biodiversité“,
• ils sont l’allié incontournable d’une agriculture durable,
•ils sont des outils d’aménagement originaux, polyvalents et bon marché.
http://www.arbre-et-paysage32.com/pdf/page02/livret_haie_champ_gasc.pdf 

 

Et encore :
http://www.arehn.asso.fr/publications/cpa/cpa59.pdf

 

 

 

Sur l’abreuvement du bétail 

 

Systèmes d’approvisionnement en eau de remplacement 

Quand les animaux au pâturage s’abreuvent à même les sources d’eau de surface (ruisseaux, rivières, étangs, fossés, etc.), ils contaminent l’eau par leurs excréments et provoquent la sédimentation des cours d’eau, dont ils piétinent le lit et les berges. En tenant les animaux à distance des eaux de surface, on améliore leur santé et on protège la qualité de l’eau en aval (…)

 

 

 

Pour la diversité biologique, pour le climat, pour redonner du sens au paysage et à la cité,

Restaurer

 

MANUEL DE RESTAURATION HYDROMORPHOLOGIQUE DES COURS D’EAU

Des milliers de kilomètres de cours d’eau français ont vu depuis plusieurs décennies (parfois plusieurs siècles) leurs caractéristiques géomorphologiques (géométrie, substrats, etc.) et géodynamiques (processus) fortement altérées (…)

De très nombreux cours d’eau français ont été fortement chenalisés, endigués, rescindés, recalibrés, etc. Cette chenalisation a parfois été poussée à l’extrême, notamment en milieu urbain ou périurbain, avec la couverture ou la mise sous tuyau complète du cours d’eau sur des linéaires pouvant être très importants. Ces actions ont occasionnellement été conduites en milieu rural dans le but de « gagner » des terrains agricoles et de favoriser l’intensification de l’agriculture.

Les cours d’eau touchés par ce type d’intervention ont donc complètement disparu des cartes… et de la surface de la Terre.

(…)

La couverture complète de cours d’eau est sans conteste l’intervention humaine la plus traumatisante pour le milieu naturel puisqu’elle se traduit par la disparition totale de ce dernier.

Il s’agit alors à la fois d’une disparition complète des habitats, des faciès, de la ripisylve, des relations entre la nappe et les berges, etc., mais également d’une discontinuité écologique majeure sur le réseau fluvial.

(…)

http://www.eau-seine-normandie.fr/fileadmin/mediatheque/Collectivite/HYDROMORPHO/01Manuel_restauration.pdf

 

Excellente information qui a le grand mérite de mettre l’accent sur un problème répandu et l’un des plus graves, et pourtant souvent oublié : l’enterrement de cours d’eau.

Par contre, il est dommage que les têtes de bassin versant soient, elles, oubliées. Comme éliminées par les calculs hydrauliques sur la « puissance spécifique » et les spéculations sur le « score d’efficience probable« . 

Au fait, lors des crues, la puissance spécifique… Et le résultat après crue ?


 

Promouvoir la restauration

un document de l’ONEMA

L’altération de la morphologie des cours d’eau est l’un des principaux obstacles au bon état écologique des milieux aquatiques. C’est pourquoi la mise en œuvre d’opérations adaptées de restauration physique des milieux aquatiques basées sur de bonnes pratiques de génie écologique et portées par des maîtres d’ouvrage locaux est une nécessité. Face à la proche échéance de 2015 pour la reconquête du bon état et l’ampleur des travaux à mener, il est urgent d’accélérer la diffusion de bonnes pratiques déjà connues, d’améliorer les techniques de restauration et le niveau d’ambition des projets. En 2010, l’Onema a mobilisé et sensibilisé les acteurs et piloté l’élaboration d’une méthode de suivi des opérations de restauration.

Reconstitution de méandres, remise du cours d’eau dans son lit d’origine, suppression des protections de berge, remise à ciel ouvert d’un cours d’eau… De nombreux chantiers de restauration visant à rétablir les processus hydromorphologiques des cours d’eau ont vu le jour ces dernières années, associant des acteurs divers. Les objectifs visés par ces opérations sont multiples : réduire les risques d’inondation, faciliter le transport sédimentaire, restaurer la continuité pour les espèces aquatiques, rétablir les connexions hydrauliques et les habitats, améliorer la qualité de l’eau, améliorer le cadre de vie et aménager des espaces de détente.

Pour atteindre le bon état écologique, ces opérations doivent être démultipliées. Afin de sensibiliser les collectivités locales, les élus, les syndicats de rivières, les parcs naturels régionaux ou encore les gestionnaires domaniaux à l’importance de restaurer la morphologie des cours d’eau et de s’engager dans des projets ambitieux de maîtrise d’ouvrage de restauration, l’Onema a publié un recueil d’expériences sur l’hydromorphologie. Cet ouvrage argumente sur l’intérêt de restaurer, apporte des éléments techniques et des outils sur la démarche à adopter et présente une soixantaine de retours d’expériences d’opérations de restauration, réalisées sur l’ensemble du territoire français ces vingt dernières années. Ce recueil a été diffusé à plus de 2 500 exemplaires aux acteurs de l’eau, dont également des représentants d’usagers ou d’associations. Il est le fruit d’un partenariat entre le ministère en charge du développement durable, les agences de l’eau et l’Onema. Il a vocation à être enrichi ultérieurement par de nouvelles expériences. A Saint Gengoux le national, en particulier.

http://www.onema.fr/Promouvoir-la-restauration

 

 

 

Premiers travaux de remise en état d’une zone humide réalisés dans la châtaigneraie cantalienne, sur le bassin de la Rance

  • remise en état d’un ruisseau recalibré sur 95 ml (près de 150 m³ de matériaux remobilisés) ;
  • effacement d’un busage de 18 ml au profit d’une passerelle ancrée en haut de berge ;
  • fermeture d’un collecteur de drains enterrés.

 

http://www.smbrc.com/news/36/85/Les-premiers-travaux-de-restauration-d-une-zone-humide.html

 

 


     
DROIT

 

Définition d’un « cours d’eau » : la réponse du Conseil d’État vaut-elle pour le domaine public ?

http://www.carlenckell.com/archive/2011/11/03/definition-d-un-cours-d-eau-la-reponse-du-conseil-d-etat-vau.html

 

Le cours d’eau : définition (par la DDAF 70)

http://ddsv70.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/22_TEC_071031_def_cours_d_eau_cle8f9611.pdf

 

Conseil d’Etat 27-01-01 EAUX.

RÉGIME JURIDIQUE DES EAUX.

RÉGIME JURIDIQUE DES COURS D’EAU.

– NOTION DE COURS D’EAU

– 1) DÉFINITION

– 2) INDICE CONSTITUÉ PAR LA RICHESSE BIOLOGIQUE DU MILIEU

– MANIEMENT.

http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&idTexte=CETATEXT000024698697&fastReqId=1952805752&fastPos=1

 

 

Circulaire du 11 février 2013

relative à la feuille de route des services déconcentrés dans le domaine de l’eau, de la biodiversité et des paysages pour la période 2013-2014

http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2013/02/cir_36545.pdf

 

source :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie

Direction générale de l’aménagement du logement et de la nature

Direction de l’eau et de la biodiversité

Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages

Sous Direction de l’Action Territoriale

Sous direction de la qualité du cadre de vie

Bureau des polices de l’eau et de la nature

 

sur les insuffisances et les ambiguïtés du droit français :

La protection juridique des cours d’eau

Contribution à une réflexion sur l’appréhension des objets complexes

par Aude Farinetti, éditions Johanet 2012

 

 

 

Et, à part Saint Gengoux le National, quelle politique de l’eau et de l’environnement en Bourgogne ?

La Bourgogne : un territoire engagé pour la biodiversité

http://www.strategie-biodiversite-bourgogne.fr/

Le Conseil régional de Bourgogne et l’Etat en région (Préfecture de Bourgogne) et DREAL élaborent et mettent en œuvre conjointement une stratégie régionale pour la biodiversité (SRB) articulée avec le schéma régional de cohérence écologique (SRCE), ainsi qu’un observatoire de la biodiversité (ORB) à l’échelle régionale. (…)

 

La stratégie bourguignonne pour la biodiversité a vocation à être un document fondateur visant trois objectifs :

– apporter des éléments d’éclairage sur l’importance de la biodiversité en vue de permettre à chacun de porter un autre regard sur le rapport entretenu avec le vivant ;

– aider les acteurs bourguignons à saisir la complexité de la biodiversité – qu’elle soit remarquable ou ordinaire, sauvage ou domestique, génétique, spécifique ou écosystémique – et faire émerger des comportements favorables à sa préservation et à sa bonne gestion ;

inciter les forces vives du territoire bourguignon à mettre en commun leurs compétences, leurs connaissances et leurs moyens en vue de valoriser la biodiversité.

 

 

Vers une stratégie pour la biodiversité en Bourgogne

https://e3a8545b-a-fb33b0b6-s-sites.googlegroups.com/a/alterre-bourgogne.org/bourgogne-territoire-pour-la-biodiversite/plaquette%20SRB%20V_DU_03_07.pdf?attachauth=ANoY7cq1mLXfOVSz8j-xRGqlZTtC1pziE90rWaOPSx2h01sFKI4K6YXDzaGPbSlt-hur__tEhwGzna5iBKsXuoKvQr2_nrXRPX12ugOI1L8r2GBJdrLmqDpYicK-9uwVTOgp5PfzAN0-_0hjPo-grXiiPDFD_ucl0AyTWUMwF57QXjlIislKCUOFLwoxh-suNaYvW4drvW_LpQ-6UhZQsyJQ1263JHD4D_5ZtqHCSigUdkeOMLv4Q3hmJuG8aJZ_tCmUKzhOq6MQSk2rJzgK5iJkxkl45KnIgg%3D%3D&attredirects=0

 

Un Forum régional de la biodiversité a eu lieu le 2/12/2013

http://www.bourgogne.developpement-durable.gouv.fr/retour-sur-le-forum-regional-de-la-a1418.htmlb

(…) Un large processus de concertation a été engagé depuis cette date (30 janvier 2012) avec l’organisation de nombreux temps d’échanges (les assises de la biodiversité en septembre 2012 ; des séminaires, des ateliers thématiques et des rencontres d’acteurs de différents secteurs socio-économiques) et la mobilisation de près de 1500 acteurs du territoire concernés par les enjeux de la biodiversité. (…)
… sauf à Saint Gengoux le National et largement autour, entre Saône et Guye et entre Grosne et Corne, car aucun de nos nombreux correspondants ne nous en a parlé.

   

 

 

Mais, ailleurs…

 

Bassin-versant : des cours d’eau à rénover

Poumon d’un écosystème à protéger, le conseil général et le syndicat du Loc’h et du Sal oeuvrent à leur remise en état.


Le temps presse. La directive européenne sur l’eau oblige, d’ici 2015, ses pays membres à remettre en état les cours d’eau abîmés par les remembrements ou aménagements qui ont souvent dévié le lit des petits cours d’eau.

La France et la Bretagne n’y échappent pas. Le pays d’Auray non plus. Sur le bassin-versant, les techniciens du conseil général (une quinzaine), associé au syndicat du Loc’h et du Sal et à l’office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), opèrent ces jours-ci des repérages sur le terrain.

L’objectif avoué: déterminer une méthodologie d’actions qui pourront remettre en état les petits cours d’eau qui se jettent dans le Loc’h ou le Sal. « Nous sommes à pied d’oeuvre sur les têtes de bassin-versant, explique Arnaud Cholet, technicien du conseil général. Nous identifions un par un les cours d’eau inférieurs à 1 m de large qui alimentent les zones humides en vue de les restaurer si besoin. Nombre d’entre eux sont fragilisés du fait d’un recalibrage effectué lors des remembrements de 1994. Remis en ligne droite, drainés, ces cours d’eau se sont banalisés : ils ont perdu une bonne part de leur richesse écosystémique. Leur capacité d’épuration s’est également beaucoup réduite ».

En deux journées distinctes, les techniciens de rivière ont arpenté, avec l’appui bienveillant d’agriculteurs de Plumergat (Jean-Marc Corlobé, Jean-François Le Priellec, Thierry et Pascal Le Ray), ces cours d’eau déjà identifiés par les services du syndicat du Loc’h et du Sal.

« Ici, sur cette portion du bassin-versant, ça va, jauge Arnaud Cholet. Les cours d’eau n’ont pas trop souffert des aménagements passés. On sait néanmoins que nous n’y arriverons pas globalement face à l’urgence de la directive européenne. Mais nous nous dotons des outils qui permettront de rattraper le temps perdu. Pour nous, cette directive agit comme une ligne de conduite ». Pour d’autres, c’est juste une épée de Damoclès…

 

Bassin-versant : des cours d’eau à rénover

http://www.ouest-france.fr/bassin-versant-des-cours-deau-renover-1733628

 

 

 

 

 

Par défaut

Contribution du collectif de sauvegarde de Saint Gengoux le National au projet de SRCE

Projet de Shéma Régional de Cohérence Ecologique

la participation du collectif de sauvegarde de la tête de bassin versant de Saint Gengoux

La consultation publique en rapport avec l’établissement d’un Schéma Régional de Cohérence Ecologique
http://www.region-bourgogne.fr/Le-Schema-regional-de-coherence-ecologique-SRCE,5,8523
http://www.strategie-biodiversite-bourgogne.fr/
est terminée.

* Nous avons rencontré le commissaire enquêteur à la mairie de Chalon sur Saône le lundi 13 octobre et lui avons remis un dossier de 70 pages réalisé à partir de « l’Eau perdue de Saint Gengoux le Royal… »
L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-lengrenage-exemplaire-de-la-degradation-du-bien-commun/

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-seconde-partie/

* Et nous avons adressé une lettre à la commission d’enquête pour détailler les oublis étonnants constatés dans le Projet de SRCE (ci-dessous).

 

 

 

 

Lettre accompagnée de la carte de la tête de bassin versant complétée avec les cours d’eau et des obstacles à l’écoulement des crues et à la continuité écologique oubliés

Collectif de sauvegarde de l’eau de Saint Gengoux le National
(Saône et Loire)

Suite à notre rencontre avec un commissaire-enquêteur, le 13 octobre à la mairie de Chalon sur Saône, et au dépôt du dossier :
« Saccage d’un cours d’eau – L’histoire du Nolange »

le 23 octobre 2014

Commission d’enquête publique sur le projet de Schéma Régional de Cohérence Ecologique

Monsieur le Président de la Commission d’enquête,
Mesdames, Messieurs,

Nous travaillons depuis plusieurs années à la protection des sources, des cours d’eau et des corridors écologiques dans le secteur de Saint Gengoux le National, un haut lieu de l’histoire régionale.

Notre effort correspond en tous points aux objectifs du projet de SRCE puisque nous tentons d’éveiller l’attention sur les obstacles à la fonctionnalité des continuités écologiques de cette tête de bassin versant de la Rivière Grosne*. Des obstacles aussi importants que nombreux. A cet effet, nous avons, en particulier, développé une recherche sur la tête de bassin et son histoire. Elle se traduit par le mémoire L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal (compris dans le dossier remis à la permanence de Chalon) (1).
*
Elle comprend une partie du territoire de la commune de Culles les Roches. Sur l’ensemble de la tête de bassin : plus de 11 sources (sans compter celles qui coulent sous la cité médiévale), 5 cours d’eau, des petites zones humides, des mares, des ripisylves, etc. (pour ce qui subsiste malgré les destructions)

C’est donc avec grand intérêt que nous avons appris – mais tout à fait par hasard – l’ouverture de l’enquête publique.

Nous avons, donc, à nouveau consulté les documents préparatoires au SRCE et avons encore fait ce constat étonnant :
Excepté le Ruisseau de l’Ermite qui traverse Saint Martin de Croix, la tête de bassin versant de Saint Gengoux le National, qui fut longtemps préservée et où coulait en abondance une eau abritant toutes les formes de vie aujourd’hui protégées, est comme ignorée par le projet actuel.

Ainsi, sur la carte de l’atlas du projet de SRCE, les ruisseaux sont plutôt bien dessinés, mais la source de Manon (7 siècles d’histoire, abondante et polluée par une décharge brute) est oubliée. Et surtout, sauf pour le Ruisseau de l’Ermite (pourquoi lui seul ?), les obstacles sont ignorés sur les ruisseaux du Vernet, de Nolange, de Manon, de Chirot… Pourtant, ces obstacles – plus exactement, des destructions – et d’autres dégradations sont spectaculaires et ont complètement ruiné ces cours d’eau et leur environnement où prospéraient hier écrevisses et poissons, sans compter les mollusques, les amphibiens, les mammifères, les insectes, les oiseaux, les plantes… Par exemple, le Ruisseau de Nolange qui a creusé la vallée principale et coulait dans les douves du rempart de la cité médiévale, puis dans un canal jusqu’en 1962, est maintenant enterré dans toute la traversée du village, invisible là même où la carte de l’atlas du SRCE le montre coulant librement ! Ce saccage ajoute la perte du sens de l’histoire et de l’urbanisme originaux du lieu à la rupture écologique.

Ci-joint une carte IGN de la tête de bassin versant complétée avec les principaux obstacles. Les longues suites de points bleus indiquent les parties enterrées de quatre ruisseaux (Vernet, Nolange, Manon, Ermite).

Pour préciser combien tous ces oublis sont étonnants, il est bon d’intégrer quelques données remarquables : la cité médiévale de Saint Gengoux le National est un site classé pour son intérêt historique, urbanistique et architectural. La cité et ses paysages font également partie du Pays d’Art et d’Histoire entre Cluny et Tournus (http://www.pahclunytournus.fr/documents/portal651/pah-diagnostic-indentification-du-vivant.pdf).

Le territoire de la commune comprend deux « réservoirs de biodiversité » qui correspondent en grande partie aux lits de ses cours d’eau oubliés par le projet de SRCE, le reste étant classé « continuum écologique » (d’après la sous-trame Prairie et bocages). Il est inclus dans la ZNIEFF « Côte Chalonnaise de Chagny à Cluny ». Il comprend et jouxte deux sites Natura 2000 (Mont Saint Roch et Mont Péjus).

Nous espérons, donc, que le projet sera complété en intégrant les sources, les ruisseaux, les ripisylves, les zones humides, etc., et en relevant les obstacles à la continuité et autres destructions qui constituent ensemble une importante rupture entre les différents espaces protégés du nord au sud de la région, et produisent une eau morte et polluée nuisible à toutes celles de l’aval.

Nous sommes à votre disposition pour toute demande de renseignements complémentaires.

Avec nos meilleures salutations

pour le Collectif
JB

​​


​le collectif :Lucien A, Dominique D, Annick B, Jacqueline B, A​leth​, C, Anne D, Nicolas D, Alain-Claude G, Alain L, Régine S, Francine V, Christophe R,
avec « Agir entre Saône et Grosne« ,
avec la CAPEN 71,
et des amis d’un peu plus loin, mais proches par les continuités écologiques et l’eau :
Eric Feraille pour la « Fédération des associations de protection de l’environnement en Rhône-Alpes » (FRAPNA),
Jean Untermaier pour « Bourgogne Environnement Nature »
Martin Arnould pour Rivières Vivantes (WWF)

(1) sur renaissancerurale71 : 

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie 

 

Par défaut

Stratégie Nationale pour la Biodiversité : un flop magistral

le contexte :

l’EFFONDREMENT biologique… et avant tout culturel

 

 

 

 

janvier 2016

COP 21, législation sur l’eau, organismes officiels, discours, colloques, plaquettes…

Qu’en est-il vraiment ?


Face à l’effondrement de la biodiversité et au dérèglement climatique qui galopent, galopent, galopent… les politiques, les officiels, les entrepreneurs bourguignons ont choisi :

POURSUIVRE LES DESTRUCTIONS !


L’affaire de Saint Gengoux le National était déjà exemplaire à tous points de vue. Elle devient une démonstration.

Devant la révélation des destructions antérieures dommageables à la tête de bassin versant où se trouve la cité médiévale, dommageables au patrimoine architectural et historique, dommageables à la biodiversité, au climat régional et global, à l’eau… l’eau consommée par les habitants, l’eau de tout l’aval jusqu’à la Méditerranée comprise, etc., les « décideurs » – tous sans exception – affirment la volonté inébranlable de poursuivre leur oeuvre de mort. Que voyons-nous sur leurs plans ? Là où le Ruisseau de Nolange a été enterré, après sa destruction sur 1 kilomètre en 1983 (1), le projet d’un nouveau tuyau d’eaux pluviales de 400 mm, et… en réponse à l’alerte pour la biodiversité, le climat et la qualité de l’eau, un nouveau « lit mineur » en béton d’un diamètre de 1200 mm enterré à côté des cuves de carburant en immersion dans la nappe phréatique d’accompagnement !

Euh, ya une nappe phréatique dans le lit d’un ruisseau ?

Notons encore que cet endroit appartient au lit mineur et au lit majeur d’un ruisseau de tête de bassin versant, par excellence le lieu visé par toutes les mesures de protection et de restauration décidées en France et en Europe, et financièrement soutenues, depuis le début des années 2000 – pour revenir sur les erreurs catastrophiques du passé. Mieux encore ! L’endroit fait intégralement partie de la tête de bassin versant, l’un de ces commencements des rivières et des fleuves, l’un des sites précieux que tous s’accordent à classer en priorité parmi les écosystèmes à sauver – précisément – de ce genre de vandalisme d’un autre âge. 


Attitude des administrations publiques en charge d’appliquer la législation en évolution pour protéger les écosystèmes du bien commun : entre omerta et soutien indéfectible aux destructeurs.


Gageons qu’ils vont tous accéder à la postérité.



C’est là :

Le lieu choisi pour réaliser un supermarché, un parking et… une station-service

« le terrain n’est pas traversé par un ruisseau » (le permis de construire signé par tous), 

« pas de surfaces relevant de la problématique zones humides » (la DDT et le préfet)…

(1) Le lit naturel du ruisseau et le bief du Moulin de la Boutière où il avait été détourné depuis le XVIIIème siècle ont été totalement détruits, avec une ripisylve ponctuée de grands arbres, avec leur biodiversité, probablement avec l’idée de changer les prairies humides du fond de vallée en terrains à bâtir. Le projet actuel est l’aboutissement de cette idée folle.

 

De la négation du ruisseau à sa réduction en « cours d’eau » et à son nouvel enterrement de première classe…

Les lois sur l’eau et « l’environnement » vidées de leur sens et réduites à l’impuissance par un vocabulaire inadéquat

Le développement de l’affaire de St Gengoux est exemplaire des « Contournements et détournements de la législation sur l’eau« * réalisés par ceux-là mêmes qui doivent faire respecter celle-ci pour sauver ce qui peut l’être encore, et l’avenir de la planète.

Quand l’alerte a été lancée, il y a 8 ans, l’existence du ruisseau était outrageusement niée par tous. L’étude de terrain et historique a permis cette reconnaissance (mais pas la réalité de la falsification qui aurait dû faire annuler le permis de construire). Cependant, en jouant sur un vocabulaire juridique impropre, plus encore : sur un vocabulaire juridique réducteur changeant le vivant en un Meccano tripatouillable à merci (a), les négationnistes ont immédiatement glissé de la reconnaissance du « cours d’eau » – de l’eau seule, même morte – à la solution tuyaucratique en augmentant l’artificialisation de la tête de bassin versant avec ce projet de doublement du tuyau initial. 

Ainsi, en s’attachant à la lettre de textes mal écrits (ou trop bien ?), plutôt qu’à leur raison d’être – l’esprit des textes – les promoteurs et leurs zélés suivistes avalisent la destruction du ruisseau et de la tête de bassin versant, et l’aggravent au point de compromettre l’avenir, en enterrant l’eau dans une tuyauterie plus grande sous leur chère station-service – toujours sans la moindre considération pour la nappe phréatique qui affleure à la première pluie. 

Ainsi, la législation européenne et nationale a été détournée au point de servir à justifier une mise à mort définitive qui serait un coup de grâce pour tout l’écosystème, là où toutes les politiques affichées parlent d’urgente protection accompagnée d’opérations de restauration des ruisseaux enterrés et des têtes de bassin maltraitées. 

* Contournements et détournements de la législation sur l’eau, dans L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal

https://renaissancerurale71.wordpress.com/

(a) « cours d’eau » au lieu de ruisseau, c’est à dire écoulement d’un fluide au lieu d’écosystème aquatique intimement relié à toute la campagne alentour et à l’aval jusqu’à la mer.

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement. A l’inverse, le mauvais vocabulaire, ou le vocabulaire manipulé, ampute la compréhension et permet tous les détournements  :

 « Qui a le droit d’être libre, qui se sent le droit de réclamer à la société les conditions d’existence qui lui permettront de se vouer, s’il le veut, au travail d’une libération intérieure, celui-ci a également le devoir d’exercer cette liberté car si l’esprit ne se mobilise pas contre l’inertie du langage au sein de sa propre parole, il est en risque de voir les stéréotypes verbaux pénétrer ses démarches les plus intimes, usurper ses motivations, décider pour lui – en bref, faire de lui une chose, ce qui mettrait fin à notre aventure sur cette terre« 

Yves Bonnefoy à propos de ce qu’il nomme l’aliénation du langage, « Entretiens sur la poésie 1972-1990 », chapitre « Poésie et liberté »

 

 

 

 

décembre 2015

Dans la foulée de la COP 21, après les discours et les effets d’annonce, la pulsion de destruction court toujours…

Dénis et mensonges pour poursuivre les destructions et compromettre définitivement l’avenir

On pourrait longuement épiloguer sur les incohérences et contre-vérités qui figurent dans cet article ! Pour en faire le tour, mieux vaut se reporter à l’étude sur la tête de bassin versant dont il est question ici, mais sans jamais reconnaître celle-ci :

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange


L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie


Notons tout de même la négation des inondations à répétition du fond de vallée de Saint Gengoux le National (150 hectares inondables mesurés en 1875). L’histoire municipale et départementale en a gardé d’excellents exemples. Pour la période récente, après l’inondation de 1968, le Journal Officiel aussi a bonne mémoire : 2 submersions et coulées de boues en décembre 1982 et mai 1983, et, en juin 2008, une submersion plus importante et violente que celle (prétendue centennale) de novembre 2014. 

De négation de l’histoire en négation des évidences et des urgences actuelles, remarquons encore l’élimination comme chose négligeable de la législation sur l’eau et l’environnement, et le déni total d’un système aquatique exemplaire, une de ces petites têtes de bassin versant que toutes les instances européennes, nationales, régionales appellent à protéger et à restaurer. 

N’oublions pas que « le terrain » dont parle le journal est, contrairement à ce qu’insinue « le clan Schiever« , en intégralité dans le lit du ruisseau historique de la cité médiévale et qu’il est compris dans la tête de bassin versant comme, d’ailleurs, les prés qui lui succèdent vers l’aval. 

Arrêtons-nous un instant sur l’incroyable minimisation des crues centennales. Elles font pourtant référence partout pour les plans de prévention, et quelques catastrophes récentes démontrent que cela n’est pas un luxe – surtout avec le dérèglement climatique en cours ! Ce propos est d’autant plus invraisemblable – irresponsable – que la crue de référence en Saône et Loire est celle de 1840.

Notons encore l’oubli total, par tous, de la nappe phréatique d’accompagnement qui est, elle aussi, le ruisseau. En novembre 2014, c’est surtout elle que l’on a vu monter dans le pré, reconstituant le lit dont les « aménageurs » irresponsables l’ont privé. D’ailleurs, elle se manifeste lors de chaque période pluvieuse. 

Ah ! Encore une petite observation : et – encore plus spectaculaire que le dérèglement climatique – l’effondrement de la biodiversité dans tout ça ? Encore et toujours oublié par les décideurs, les corps intermédiaires et les arbitres, tous en rupture de biosphère !

Le sinistre sort de la tête de bassin versant de Saint Gengoux le National est exemplaire du déni écologique complet de l’ensemble de l’appareil politique et administratif. En 8 années de démonstrations, pas de concertation, jamais un échange constructif, les amorces de contacts systématiquement avortées et la mystérieuse disparition des interlocuteurs, les oublis, les mensonges, les portes closes partout… tout dit la faiblesse de la position officielle (?) prise au piège de ses contradictions, entre affichage d’une politique de protection des eaux et de sauvetage des têtes de bassin versant, déclarations solennelles sur la biodiversité menacée et annonces tonitruantes sur le contrôle du dérèglement climatique, et… poursuite forcenée des destructions. Une attitude criminelle, surtout au vu de l’ampleur et de la rapidité des effondrements et dérèglements en cours.

 

Sur ce qui devrait prévaloir : 

Les têtes de bassin versant : des territoires à préserver


Plan de bassin d’adaptation au changement climatique dans le domaine de l’eau

Une campagne de l’Agence de Bassin Rhône Méditerranée dont dépend la tête de bassin de Saint Gengoux le National :

Eau et changement climatique : adaptons-nous !

à propos de crue centennale… c’était en 2008

le « terrain à bâtir » en novembre 2014

Pire en 1983, en 1981, en 1968, etc.

En amont de la cité, le Ruisseau de Nolange déjà saccagé

Le Ruisseau de Nolange avant les saccages.

Ce qu’il pourrait redevenir dans l’intérêt de tous aujourd’hui et demain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La sixième extinction de masse est en cours

 

Jamais, selon eux, la planète n’a perdu ses espèces animales à un rythme aussi effréné que depuis la dernière extinction de masse, il y a 66 millions d’années, celle des dinosaures.

 

Leur étude « montre sans aucun doute possible que nous entrons dans la sixième grande extinction de masse », a affirmé Paul Ehrlich, professeur de biologie à Stanford (1).

 

 

Les humains en feront partie

 

Et les humains feront probablement partie des espèces qui disparaîtront, préviennent-ils. « Si on permet que cela continue, la vie pourrait mettre plusieurs millions d’années à s’en remettre, et notre espèce même disparaîtrait probablement assez tôt », a précisé Gerardo Ceballos, de l’université autonome de Mexico.

 

Cette analyse s’appuie sur des observations documentées d’extinctions de vertébrés — des animaux avec squelettes internes comme des grenouilles, des reptiles et des tigres — à partir de fossiles et de bases de données. Le rythme actuel de disparition des espèces a été comparé aux « rythmes naturels de disparition des espèces avant que l’activité humaine ne domine ».

 

 

Fourchette basse

 

Ces derniers sont difficiles à estimer, car les experts ne savent pas exactement ce qu’il s’est produit tout au long des 4,5 milliards d’années d’existence de la Terre. Si le taux du passé fait ressortir une disparition de deux espèces de mammifères pour dix mille espèces en cent ans, alors « le taux moyen de perte d’espèces de vertébrés au siècle dernier est cent quatorze fois supérieur à ce qu’il aurait été sans activité humaine, même en tenant compte des estimations les plus optimistes en matière d’extinction », selon l’étude.

 

« Nous insistons sur le fait que nos calculs sous-estiment très probablement la sévérité de cette crise d’extinction, parce que notre objectif était de fixer un bas de la fourchette réaliste en ce qui concerne l’impact de l’humanité sur la biodiversité », précisent les chercheurs. Les causes de la disparition des espèces comprennent notamment le changement climatique, la pollution et la déforestation. D’après l’Union internationale pour la conservation de la nature, environ 41 % des espèces d’amphibiens et 26 % des espèces de mammifères sont menacées d’extinction.

www.lemonde.fr/planete/article/2015/06/20/la-sixieme-extinction-animale-de-masse-est-en-cours_4658330_3244.html#0qy3yyehTljqmVie.99

 

 




 

 

Récente destruction d’une mare au coeur même d’une ZNIEFF* et à bout touchant avec des sites Natura 2000 en Clunisois, dans le Pays d’Art et d’Histoire entre Cluny et Tournus

* Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique

 

L’inventaire des zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) est un programme initié en 1982 par le ministère en charge de l’écologie et piloté par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Il correspond au recensement d’espaces naturels terrestres remarquables dans les vingt-deux régions métropolitaines ainsi que les DOM. On distingue deux catégories de zones :

les ZNIEFF de type I, de superficie réduite, sont des espaces homogènes d’un point de vue écologique et qui abritent au moins une espèce et/ou un habitat rares ou menacés, d’intérêt aussi bien local que régional, national ou communautaire ;

les ZNIEFF de type II sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes ; elles peuvent inclure des zones de type I et possèdent un rôle fonctionnel ainsi qu’une cohérence écologique et paysagère.

 

L’inventaire ZNIEFF est réalisé à l’échelle régionale par des spécialistes dont le travail est validé par le conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) nommé par le préfet de région, puis au niveau national par le Muséum national d’histoire naturelle, bla bla bla. Espérons que c’est quand même utile quelque part, ailleurs…

 

 

(1)

Accelerated modern human–induced species losses: Entering the sixth mass extinction


The oft-repeated claim that Earth’s biota is entering a sixth “mass extinction” depends on clearly demonstrating that current extinction rates are far above the “background” rates prevailing between the five previous mass extinctions. Earlier estimates of extinction rates have been criticized for using assumptions that might overestimate the severity of the extinction crisis. We assess, using extremely conservative assumptions, whether human activities are causing a mass extinction. First, we use a recent estimate of a background rate of 2 mammal extinctions per 10,000 species per 100 years (that is, 2 E/MSY), which is twice as high as widely used previous estimates. We then compare this rate with the current rate of mammal and vertebrate extinctions. The latter is conservatively low because listing a species as extinct requires meeting stringent criteria. Even under our assumptions, which would tend to minimize evidence of an incipient mass extinction, the average rate of vertebrate species loss over the last century is up to 100 times higher than the background rate. Under the 2 E/MSY background rate, the number of species that have gone extinct in the last century would have taken, depending on the vertebrate taxon, between 800 and 10,000 years to disappear. These estimates reveal an exceptionally rapid loss of biodiversity over the last few centuries, indicating that a sixth mass extinction is already under way. Averting a dramatic decay of biodiversity and the subsequent loss of ecosystem services is still possible through intensified conservation efforts, but that window of opportunity is rapidly closing.

http://advances.sciencemag.org/content/advances/1/5/e1400253.full.pdf

 

 

Il s’agit là d’une énième confirmation de l’alerte qui a été donnée il y a déjà longtemps (assortie des principales solutions). 


Comme l’indique encore cette étude, les responsabilités sont claires. Cette connaissance et cette urgence devraient inspirer un changement radical des modes de vie, au niveau personnel et collectif. Devraient


Comme le démontre le sujet précédent, il est urgentissime de dépolluer les processus de décision pour restaurer la communication entre tous. 

 

 

Préserver la biodiversité au vignoble : le projet Life+ BioDiVine en Bourgogne

Ce projet a pour but de comprendre et renforcer les structures paysagères favorables au maintien de la biodiversité. Il se décline en un axe expérimental, de compréhension des mécanismes influençant la biodiversité à l’échelle du paysage, et un axe de gestion territoriale/du paysage viticole via la mise en place d’actions de conservation favorables à la biodiversité. L’exemple du vignoble bourguignon est présenté ici. (…)
http://www.oeno.tm.fr/extraits/wod/clst/2571x11072n11479_vRub/25715899x1x2571x11072x11455x11460x11479.html

ce joli programme s’inscrit dans ce cadre :

Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2011-2020

La stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) est la concrétisation de l’engagement français au titre de la convention sur la diversité biologique (CDB), ratifiée par la France en 1994. Le ministère chargé de l’Environnement avait alors été chargé de présenter une stratégie qui puisse être déclinée au sein de l’ensemble des services de l’État, avec un but précis, stopper la perte de biodiversité d’ici 2010, comme s’y étaient engagés tous les pays de l’Union européenne. Cette finalité a été déclinée dans la SNB pour chacune des composantes essentielles du vivant : les gènes, les espèces, les habitats, les écosystèmes et leur traduction dans une trame écologique. (…)

quelques têtes de chapitre :

Un instrument majeur de la mobilisation nationale


Face à la détérioration continue de la biodiversité et pour assurer un mieux-être humain, une nouvelle ambition internationale 


Une nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité


Agir ensemble

Tous les constats convergent pour affirmer que, face à l’érosion de la biodiversité, l’une des clefs de la réussite est la mobilisation de l’ensemble de la société. La stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020 a été conçue en ce sens. Le choix d’un processus collaboratif a été fait dès le lancement de la révision, lors d’une conférence nationale tenue en mai 2010 à Chamonix, intitulée Quelle gouvernance pour réussir ensemble ? (…)

Les citoyens sont incités à formaliser leur engagement personnel, notamment auprès des acteurs adhérents à la SNB ; ces derniers sont également encouragés à inventer des instruments de cette mobilisation. Chacun à son niveau de moyens et dans le cadre de ses compétences respectives peut contribuer ainsi à ce que l’ambition, les six orientations stratégiques et les vingt objectifs soient atteints (…)

La stratégie nationale pour la biodiversité permet, par une mobilisation du plus grand nombre, de renforcer notre capacité collective à agir, aux différents niveaux territoriaux et dans tous les secteurs d’activité. Une adhésion et un dispositif d’engagement sont mis en place pour concrétiser cette volonté. Tous les acteurs sont ainsi invités à adhérer pour valoriser et faire connaître la SNB (cf. encadré). Chacun est aussi invité à s’engager dans l’action, sur la base de principes d’action et de gouvernance actés lors de l’élaboration de la stratégie. L’engagement volontaire vise à développer des actions significatives en faveur de la biodiversité avec une amélioration progressive et proportionnée des pratiques des acteurs concernés. Ce cadre cohérent d’adhésion et d’engagement fait partie intégrante de la stratégie nationale pour la biodiversité. Pour agir et réussir ensemble. 

(sic)

et puis, on y trouve encore cela :

Des pressions qui menacent la biodiversité

Malgré les engagements internationaux, européens, nationaux et locaux, la biodiversité décline fortement. Les objectifs fixés par la Convention sur la diversité biologique (CDB) à Rio de Janeiro en 1992 et celui fixé par l’Union européenne dans le cadre de son plan d’action pour la biodiversité (stopper la perte de biodiversité d’ici à 2010) n’ont pas été atteints. La crise écologique qui touche l’ensemble du territoire résulte de multiples pressions, qui parfois interagissent :

la destruction, la fragmentation et l’altération des habitats réduisent les milieux de vie disponibles pour les espèces et leurs possibilités de déplacement ; 

les pollutions de l’air, des sols, des cours d’eaux et des océans constituent une perturbation de nombreux écosystèmes et un risque pour la santé humaine

(…)

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/SNB_2011-2020WEB%282%29.pdf

 

 

LIFE+2009 BioDiVine
http://www.biodivine.eu/?lang=fr

…2009 !

C’est curieux, on n’a rien vu. 

Sauf le refus de communiquer des « acteurs adhérents à la SNB« . 

Sauf des portes fermées, ou claquées sitôt le premier contact.  

Sauf l’amplification des destructions et la poursuite des projets fous, comme à Saint Gengoux le National et au Rousset.

Et une réduction accrue des populations. 

Car, en dépit de tout ce déploiement, des années plus tard, ceux qui étaient invités à la « mobilisation » sont toujours confrontés à la mauvaise volonté, à l’omerta et à des énormités, comme celle-ci :  

Stupéfiante déclaration d’un agent de l’ONEMA lors d’une réunion du Comité de Rivière Grosne

Comment les petites têtes de bassin versant de Saône et Loire sont sacrifiées

c’est là :

http://renaissancesrurales.blogspot.fr/

 

 

Par défaut

Alternatives pratiques seconde partie

sur le même site, le triste sort d’une tête de bassin versant en Bourgogne :

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-lengrenage-exemplaire-de-la-degradation-du-bien-commun/

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-seconde-partie/

 

 

SOMMAIRE de la seconde partie

  • Agriculture, auto-production, jardinage propre et créatif, semences de tradition paysanne sélectionnées par les autochtones, techniques alternatives
  • Jardin, guérilla des jardins, jardins communautaires, partagés, familiaux, diversifiés… lieux d’échanges, de découverte et de solidarité
  • L’art et la manière de faire pousser la glace
  • compostage
  • Energies biogaz méthanisation digesteurs
  • Assainissement et phyto-épuration
  • Oiseaux, passereaux, moineaux
  • Aider les oiseaux
  • Aider les insectes
  • Restauration écologique et sociale, préserver l’eau, réalimenter les nappes phréatiques
  • Loisirs
  • Deux mains gauches : quand on doit confier les travaux aux professionnels, commence l’aventure et la découverte de la loi de l’emmerdement maximum…
  • Bâti traditionnel et restauration, travaux à la chaux, construction saine et bio-climatique, maison passive, énergies renouvelables, isolants sains et durables, récupération de l’eau de pluie, épuration des eaux usées, etc.
  • Charpente construction bois – l’art du trait de charpente
  • Isolation : découpe et mise en place de panneaux de fibres/laine de bois et autres
  • Consolidation des arases (ou « rampants« ) et bouchage des ouvertures et interstices inacessibles
  • Forums pour apprendre et échanger les expériences
  • Belles techniques économes et saines de la construction
  • Peintures, comment les faire soi-même ? Terres colorantes, pigments, teintures naturelles
  • Collectifs, réseaux, groupements d’achat, coopératives d’artisans
  • Architecture inventive, alternative…
  • Un stage de construction en pierre sèche (photos)

http://v.youku.com/v_show/id_XMTgwMTM2ODA0.html



 

Agriculture, 

auto-production, 

jardinage propre et créatif, 

semences semences de tradition paysanne sélectionnées par les autochtones, 

techniques alternatives :


 

Et, avant tout, 

abeilles et autres insectes pollinisateurs…

Celle-ci est une abeille charpentière

L’abeille olivetaine

http://www.abeille-olivetaine.fr/

L’expérience de Debal Deb

http://connect.state.gov/photo/rice-dreams

http://www.cintdis.org/announcements/77-basudha-relocate


In search of vanishing traditional rice varieties


Debal Deb is on a mission to conserve vanishing traditional rice varieties.

In his two-acre demonstration farm in Basudha of Bankura district in West Bengal, Mr. Deb, a biologist with a doctorate in ecology, has cultivated 720 folk varieties of rice in the last 17 years.

India had a rich treasure of over 1,10,000 indigenous varieties of rice until 1970, says Mr. Deb. After that the country lost almost 90 per cent of them.

“The traditional seeds have amazing adaptability to local environmental conditions and endurance to climatic changes such as draught and flood. They even grow in saline water.”

For instance, a flood-resistant rice variety in Bengal – Lakshmi – grows 18-foot tall. Another variety needs only one spell of rain. The folk variety – Sathy – has three grains in a single seed.

After the Green Revolution, these varieties are fast dwindling from fields. Only a handful of folk rice varieties are being cultivated now. With the extinction of these varieties, the gene pool of the Indian paddy will be highly endangered.

The hybrid varieties, grown generally by the farmers throughout the country, cannot withstand the extreme climatic conditions, says Mr. Deb. They need excessive amount of inputs such as water, fertilizer and pesticides.

“It’s time we reconsider the existing paradigm of development. The common understanding among natural scientists is that development means unlimited increase in production and consumption.”

He ridiculed the myth that hybrid seeds, fertilizers, and pest-control techniques alone can guarantee good yield. “In my 17-years of farming experience, I have proved that most of the traditional seeds with zero input have given more yield than that of hybrid varieties. External inputs are not necessary for getting a good yield. Leave it to Nature, it will take care of everything,” he says.

“In modern farming, any insect is a pest. We should understand that pests are natural occurrences.”

Mr. Deb founded Vrihi, a non-governmental indigenous rice gene bank, in 1997. Vrihi works for biodiversity conservation, knowledge transfer and non-commercial seed exchange within and beyond India’s indigenous communities. Mr. Deb was in Thrissur to take part in a campaign for the conservation of traditional seeds.

Mini Muringatheri – The Hindu



des sources d’information :


Les Quatre Saisons du jardinage

Revue du jardinage biologique publiée par :

Terre Vivante (jardinage bio, habitat sain, édition)

http://www.terrevivante.org



Association Kokopelli (production de semences)

http://www.kokopelli.asso.fr

http://www.kokopelli.asso.fr/

En plus des informations pratiques, voir l’exemplaire procès intenté – et gagné – par l’Etat et les semenciers industriels contre la conservation des variétés anciennes, contre la biodiversité agricole et le droit de cultiver ce que l’on désire. Un recul de plus qui démontre l’inanité des discours.



Biau Germe (production de semences)

http://www.biaugerme.com



Germinance (production de semences)

http://www.semailles.com



Savoirs de Terroirs

Il a fallu des centaines d’années à l’homme pour construire des savoirs nés de son action au contact de la nature et certains sont en voie de disparition.

Des femmes et des hommes cherchent à préserver certaines traditions et connaissances. Il veulent envisager l’avenir en harmonie avec leur patrimoine et avec la nature. Ainsi, loin des excès du modernisme ou du traditionnalisme, sans pensée rétrograde mais tout en renouant avec le passé, riches de leur culture et de leur histoire, ils essayent ensemble d’éveiller leurs sens, leur curiosité à la diversité de leur environnement.

Ces femmes et ces hommes peuvent se retrouver au sein de l’association « Savoirs de Terroirs« 

et la librairie associée :

http://www.naturealire.com/


La Ferme de Sainte Marthe (conservatoire de variétés, semences, librairie, formations)

http://www.fermedesaintemarthe.com



Réseau Semences Paysannes

Cazalens, 81 600 Brens. Tél. 05 63 41 72 86

http://www.semencespaysannes.org

Un réseau de conservateurs, de producteurs, d’échangeurs de semences à sauvegarder d’urgence pour résister au laminage mondial de la biodiversité exercé par l’industrie agro-alimentaire relayée par les « pouvoirs publics ».

Information, stages, publications, DVD, etc.



Association de Promotion d’un Matériel Moderne Agricole à Traction Animale

la poursuite du travail de Jean Nolle

http://www.prommata.org




toujours une vigne en Suisse



Jardin, 

guérilla des jardins, 

jardins communautaires, partagés, familiaux, diversifiés… 

lieux d’échanges, de découverte et de solidarité



Guérilla des jardins


Depuis un quart de siècle, des guérilleros ennemis de la minéralisation de l’environnement sèment et plantent là où la culture du béton, du bitume et du « propre » a tout stérilisé.

voir :

« La guérilla jardinière », Richard Reynolds, Edit. Yves Michel

http://jardinpotagerurbain.wordpress.com



Fédération nationale des jardins collectifs et familiaux

http://www.jardins-familiaux.asso.fr



Réseau du Jardin dans tous ses états

et

Réseau des jardins solidaires méditerranéens

font un site du jardin partagé :

http://www.jardinons.com



Les jardins de cocagne

http://www.reseaucocagne.asso.fr

Des jardins biologiques pour sortir de l’isolement et du désarroi. Par la production de légumes biologiques, ils permettent de retrouver un emploi et de se reconstruire autour d’un projet.

Chaque année, avec 500 techniciens d’encadrement, les Jardins de cocagne permettent à près de 3000 personnes de retrouver une activité sur 250 hectares en maraîchage biologique. 16 000 familles achètent leurs paniers hebdomadaires.


Les jardins du cœur

Un développement des Restos du Coeur pour jardiner la solidarité et la reprise de confiance

http://www.restosducoeur.org


Les jardins du béton

http://www.jardinons-ensemble.org

Les croqueurs de pommes

Les amateurs bénévoles pour la sauvegarde des variétés fruitières

Une action importante pour la préservation de la diversité biologique

http://www.croqueurs-de-pommes.asso.fr





 

L’art et la manière de faire pousser la glace

une technique traditionnelle des montagnards pakistanais pour fabriquer les glaciers qui alimentent en eau leurs villages

http://www.infosdelaplanete.org/3557/l-art-et-la-maniere-de-faire-pousser-de-la-glace.html

Traduction d’un article de New Scientist









 

Collecte, réparation, réemploi, recyclages des matériels électriques et électroniques… et réinsertion sociale


Le Réseau Envie

http://www.envie.org

48 entreprises en réseau






 

compostage


Traitement des déchets, compostage par les populations, les communes (sans les industriels)

récupération de l’organisation locale

l’expérience de la Fédération écocitoyenne de Vendée

http://www.feve.vendee.org

Forum du Compost Compost Citoyen

http://www.compostcitoyen.com


Compostri

http://compostetri.ouvaton.org





Energies biogaz méthanisation digesteurs


ARIA énergies

SCOP spécialiste de l’installtion d’unités de méthanisation

http://www.aria-enr.fr/




Energie hydraulique


Une turbine dans votre ruisseau (bon article du New York Times traduit par Courrier International)

http://www.courrierinternational.com/article/2009/03/26/une-turbine-dans-votre-ruisseau

plus de détails pratiques :

http://www.econologie.com/forums/petite-turbine-hydroelectrique-12v-sur-un-cours-d-eau-vt6063.html

http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=7

http://www.habiter-autrement.org/12.energies/11_ener.htm




 

Assainissement et phyto-épuration


Forum construire

http://www.forumconstruire.com/construire/topic-86421.php

dessin figurant sur le site de :

Designecoconcept

http://www.designecoconcept.com/rubrique,phyto-epuration,681245.html


Terre Vivante

http://www.terrevivante.org/497-une-solution-alternative-la-phytoepuration.htm


Passerelle Eco

http://www.passerelleco.info/rubrique.php?id_rubrique=4


Labelverte

http://www.labelverte.org/produits/phyto-epuration/


Ecohabitat

http://ecohabitat.wordpress.com/category/8-phyto-epuration/


Eau Vivante

http://www.eauvivante.net/spip.php?rubrique4


Un forum sur le sujet (avec d’autres adresses) dans On peut le faire

http://www.onpeutlefaire.com/forum/topic/4228-phytoepuration-individuelle/


Autre forum sur Futura Sciences

http://forums.futura-sciences.com/jardinage/15440-phytoepuration.html





 

Oiseaux, passereaux, moineaux


Aider les oiseaux à passer l’hiver

surtout dans les environnements appauvris par l’artificialisation et les destructions de l’industrialisation


les bons aliments

les préparations maison (comment faire des boules de graisse fraîches)

les aliments à bannir

surtout pas de sel et d’aliments qui gonflent (riz cru, pain…)

et pas de produits à l’huile de palme (pensez aux forêts tropicales… voir sujet plus haut), de graisses hydrogénées, etc (plus nocives encore pour tous que les acides gras saturés, y compris pour les oiseaux)

etc.


http://www.jardinature.net/page-oiseaux-hiver.htm

http://www.google.fr/search?q=www.linternaute.com%2Fnature%2Foiseaux&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=com.ubuntu:fr:unofficial&client=firefox-a

http://www.ornithomedia.com/accueil.php

interroger : pratique, puis : conseils (nourrir les oiseaux en hiver)

http://www.terrevivante.org/

interroger : faune et flore sauvages au jardin, puis : aider les oiseaux à passer l’hiver




Moineaux, passereaux, nourrissage et protection


Dans notre maison, notre immeuble, pendant les travaux de construction ou de restauration, maçons, charpentiers, couvreurs… pensons aux oiseaux !


Les passereaux tels que les moineaux, les merles, les hirondelles, les mésanges, rouge-gorges, etc., nous ont toujours accompagnés. Mais, depuis quelques années, il se font plus rares et, parfois, disparaissent. Certains s’en étonnent. Pourtant…


La densité du trafic automobile, la ville et le moindre village sous la bagnole, et la mode des vitesses excessives en tous lieux, la vague des enduits de ciment aussi nuisibles au bâti traditionnel qu’à l’environnement (sans oublier le gaspillage énergétique à tous les stades), les nouvelles constructions parfaitement étanches, la minéralisation des villes jusqu’au moindre mètre carré, l’agro-chimie et le machinisme agricole lourd, l’empoisonnement des jardins, la raréfaction des poulaillers ouverts et la réduction de la diversité agricole… ont porté de rudes coups à nos petits commensaux. Et à nous.


Même une préoccupation écologiste peut se traduire par des travaux désastreux pour les oiseaux. Un comble. Ainsi l’isolation des greniers pour ne plus chauffer le ciel est-elle trop souvent réalisée sans laisser le moindre espace aux oiseaux. Foutus à la porte, les oiseaux !


Maintenant, il existe même des dispositifs pour interdire tout accès aux oiseaux ! Cela s’appelle « cache moineaux ».

Allez voir « cache moineaux » sur un moteur de recherche. C’est édifiant. C’est l’un des symptômes de la dégénérescence anti-nature, traduction concrète de la culture dominante qui en est venue à considérer toute autre vie comme indésirable ou dangereuse. Nuisible, disent-ils.


Bien sûr, il faut isoler. Mais pas avec n’importe quoi, pas n’importe comment, pas sans faire le petit effort de faire un place aux vieux copains qui nous offrent un peu de joie avec leurs cabrioles et leurs chants. Alors, il est tout à fait possible d’intégrer des niches pour les oiseaux dans la maçonnerie et dans l’isolation sous les toits. Bien sûr, en utilisant les bons matériaux : pas du ciment, du béton de chaux et chanvre, par exemple. Possible aussi de suspendre des nichoirs à l’extérieur.


On attend vos suggestions, trucs commodes pour les réaliser…


Nourrissage et micro jardins où les oiseaux trouvent la pitance et le refuge indispensables dans les villes sous la bagnole et l’asphalte, et protection contre les attaques des prédateurs

A la campagne, on pense généralement aux assauts des chats, des mustélidés…

En ville, surtout en ville où les oiseaux sont souvent à découvert, pensez aussi aux attaques des rapaces (les chers faucons de la LPO qui sont parfaitement capables de dépeupler votre quartier). En effet, certains « protecteurs » qui militent pour la multiplication des rapaces en ville, et facilitent leur nidification, semblent s’être un peu égarés. Ils prétendent alternativement que les faucons se nourrissent de pigeons, qu’ils peuvent donc réguler les populations de ceux-ci, ou qu’ils ne capturent que les petits rongeurs qu’ils chassent à l’extérieur des villes et des banlieues. En fait, pas idiots, les petits rapaces ne suivent pas les conseils de leurs amis. Ils ont bien vu que les pigeons sont trop lourds pour eux. Ils restent en ville et chassent, de préférence, les proies les plus faciles, les moins grosses, celles qu’ils peuvent emporter jusqu’au nid : les passereaux et, en particulier, les moineaux. Précisément les oiseaux qui éprouvent de plus en plus de difficultés à survivre en ville et dont on observe presque partout la régression.


Donc, il est devenu indispensable d’offrir des refuges aux piafs, mésanges, merles, etc. contre les attaques des rapaces – surtout si on donne de la nourriture et de l’eau aux passereaux pour le bain quotidien. Sinon, les faucons et autres éperviers viendront faire leurs courses plusieurs fois par jour autour de votre mangeoire et vous risquez de voir disparaître vos petits compagnons. Un balcon ou une fenêtre habillés d’un claustra suffit, pourvu que les petits oiseaux puissent passer aisément par les ouvertures et que le prédateur n’ait pas la place de voleter derrière le claustra. Des claustras en osier, comme on en trouve dans les jardineries, conviennent parfaitement. Un peu de verdure, par exemple un ou plusieurs buis où les moineaux aiment à se percher, et votre environnement reprendra vie. Et, alors seulement, les prédateurs aillés penseront davantage aux pigeons.


voir les sites

http://www.lamaisonnature.ch

lesoiseauxenville




Aider les insectes


http://jardingues.org/

http://www.aujardin.info/fiches/abris-animaux-jardin-2.php





 

Restauration écologique et sociale, préserver l’eau, réalimenter les nappes phréatiques…


Bien sûr l’article :

Restauration des écosystèmes, restauration des sociétés

http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=51:restauration-des-ecosystemes-restauration-des-societes&catid=34:article&Itemid=70


autres techniques anciennes sur le site Eau Durable :

http://eaudurable.org/astuces




Quand le cacao remplace la coca et restaure la forêt


Au Pérou, la forêt c’est la vie

http://madame.lefigaro.fr/societe/perou-foret-cest-vie-040610-19962

http://www.rfi.fr/emission/20101231-cacao-anti-coca-amazonie-peruvienne

http://www.planete-responsable.com/perou/article/node/691

http://www.dailymotion.com/video/xc5kn4_les-producteurs-de-cacao-peruviens_travel

Mais la coca mérite sans mieux que la réputation qui lui a été faite…

http://www.alterinfos.org/spip.php?article2333





Loisirs


http://www.je-sors.fr

Vous avez envie de sortir mais ne savez ni où aller ni quoi faire. Nous vous présentons tout ce qui se passe en matière de loisirs et d’activités quels qu’ils soient et surtout pas uniquement centré sur le tourisme ou les vacances, car les loisirs ce n’est pas forcément pendant les vacances, ça peut être n’importe quel jour et à toute heure. Bien souvent il y a quelque chose d’intéressant à faire près de chez soi, encore faut-il en être informé.


MAROC inédit

Ecotourisme équitable et solidaire pour un contact direct avec le pays et ses habitants

http://www.maroc-inedit.com/






 

Deux mains gauches

Travaux, malfaçons, incompétences, escroqueries, etc.

Quand on doit confier les travaux aux professionnels, commence l’aventure…


Un exemple de travail à la française…


Dans le centre historique de Paris, une rénovation d’appartement commandée par des nouveaux propriétaires ignorants de ce qu’ils venaient d’acquérir, et sans curiosité. L’entrepreneur, tout aussi ignorant, exauce leur désir de « modernisation » et réalise un sol de béton à la place du plancher ancien. A la poubelle le plancher ancien. Pas de dalle sèche, pas de béton allégé, du béton de ciment, comme pour les travaux publics. Quelques mois plus tard, tout l’appartement « modernisé » est descendu au rez-de-chaussée, deux étages plus bas, et tout l’immeuble a manqué s’effondrer.


Y a-t-il eu enquête pour identifier les travaux déjà réalisés par cet entrepreneur exemplaire, les expertiser et les corriger si besoin est ? Devinez… Tout est retombé, comme l’appartement témoin, et la leçon n’a rien changé.


Dans une cité médiévale protégée, une maison ancienne que je connais très bien. Aussi ignorants que les précédents, les anciens propriétaires l’ont « rénovée » avec force ciment pour la faire ressembler à un pavillon de banlieue. Moderne la maison ! Leur entrepreneur préféré y a réalisé une dalle sur un plafond à la française, à la place du matelas de terre (repoux) qui servait d’isolant aux anciens. Pas une dalle sèche, pas une dalle de béton allégé, à la chaux avec des billes d’argile, ou du liège, ou… Non, une dalle de bon béton de ciment, façon autoroute ou centre commercial, d’environ 16 tonnes qui repose sur des poutres ancrées dans des murs montés à la terre, et sans joints de dilatation pour isoler ce poids mort rigide des murs.


Accessoirement, le pouvoir isolant assuré par l’ancien appareil a été annulé.


En faisant partout des sabotages équivalents et beaucoup de destructions irrémédiables, cet autre entrepreneur vedette a « réussi », se faisant apprécier par les jobards au point d’assurer la prospérité à son entreprise. Ayant conduit à l’amputation d’une bonne partie du patrimoine architectural de la région, de telles compétences méritaient d’être reconnues et mises au service de la collectivité : l’iconoclaste a été porté à la municipalité. Témoignage ultime d’une société ayant perdu ses principaux repères.




Un premier conseil pour avoir quelques chances d’éviter les plus grosses déconvenues :


Apprenez les bases du métier de l’artisan que vous envisagez d’employer. Sinon, vous oublierez toujours quelque-chose d’essentiel qu’il ne vous dira pas et il n’en fera qu’à sa tête en imaginant que vous n’y verrez que du feu. De toutes façons, cela se produira, même en faisant très attention. Alors, autant prendre toutes les précautions pour réduire les déboires. Et puis ces connaissances vous permettront d’écarter quelques faisans – pas tous, mais c’est toujours cela d’économisé (j’ai réussi à en éliminer 3 mais je n’ai pas su en éviter un, un charpentier, et cela a retardé la finition de plus de 4 ans).


Bases sur lesquelles il vaut mieux avoir des lumières :

– Les bons matériaux et produits qu’il faut employer.

– Les travaux qu’il faut exécuter et dans l’ordre (pour qu’il ne les oublie pas, ou ne prétende pas ensuite que cela ne relève pas de sa science).

– Les emplacements, les dimensions qu’il faut respecter.


Précisez par dessins et photos ce que vous désirez.


Autre conseil :

Ne payez pas tant que le travail n’est pas correctement terminé. Et pas du tout si quelque chose cloche.


Une dernière mise en garde, mais pas la moindre :

Si, par extraordinaire, vous n’aviez pas encore pris conscience de la non-communication qui règne dans une société déstructurée, vous allez être servi. La plupart des artisans, entreprises, fournisseurs sont incapables de communiquer avec vous, de vous tenir informé, de vous prévenir, de respecter les délais. Quant à communiquer entre eux, quand les travaux des uns doivent être coordonnés avec ceux des autres, et que vous avez bien insisté sur ce point, il semble que cela relève de l’impossible !


Même en prenant toutes les précautions imaginables, il est probable que vos professionnels laisseront derrière eux quelques nouveaux problèmes à régler à régler par vous car ils ne reviendront pas pour la finition. De quoi s’occuper pour des mois voire des années car, une fois la plupart des « professionnels » partis, le plus dur reste à faire, à commencer par le repérage des « oublis » et des vices cachés.





Energies propres et travaux sales


En matière d’énergies renouvelables et d’économies de consommation, la rumeur des victimes de mauvais travaux et autres arnaques ne cesse d’enfler. Ici, c’est chaque fois la même chose. J’ai connu la même situation avec l’essor de la climatisation et de l’informatisation. Conditionnés par la sous-culture de l’argent à n’importe quel prix, impatients de profiter d’un secteur prometteur, nombreux sont les gougnafiers qui créent des entreprises, ou prétendent offrir de nouveaux services, mais sans prendre le temps de passer par l’enseignement et l’apprentissage du métier, sans acquérir l’expérience indispensable. Résultat : des chantiers à rallonges multiples, voire des installations qui ne fonctionneront jamais (j’ai vu ça plusieurs fois dans la fonction publique). Et, quand à l’incompétence de l’entreprise s’ajoute la malhonnêteté du financier prêteur de tout l’argent nécessaire au fiasco, la mésaventure vire au cauchemard.


Encore une fois, il faut éviter trop de sophistication. Les capacités multi-techniques des vendeurs-installateurs risquent de ne pas être au niveau, ce qui ne les empêchera pas de proposer des contrats d’entretien juteux. Plus c’est sophistiqué, plus il y a d’automatismes, et plus il y aura de pannes et de pièces (très chères) à changer.


« Trop de victimes du business écolo », article édifiant paru dans le journal Le Parisien, consultable sur son site :

http://www.leparisien.fr

(mais cela n’est pas gratuit)


déboires à gogo :

http://www.collectif-france-geothermine-74.com


Sur le forum de

http://www.systemed.fr

(rubrique Chauffage), le sujet : « Clients victimes de France Géothermie ».

Et cet autre sujet : « Mécontent de Domatherm + PAC fuji ».

Et encore : « Changement de fenêtre Kpark ».

Sur le même site, rubrique Gros Oeuvre, un autre exemple : « Isolation et finitions fenêtres et volets ».


Divers autres exemples de malfaçons + des conseils juridiques sur :

http://www.cotemaison.fr


60 millions de consommateurs consacre son numéro de juin (n° 450) à ces problèmes : « Energies vertes : comment éviter les charlatans »


pour compléter son information sur les sources d’énergie :

http://www.hespul.org




à lire et à voir si possible avant de choisir les entreprises :



Du rêve au cauchemar


http://du-reve-au-cauchemar.over-blog.com

Comment un projet sympathique bien construit est naufragé par des entrepreneurs, des artisans, un architecte, l’administration, la justice… par l’incompétence, le j’m’en foutisme, le mépris et la malhonnêteté « à la française » :



« Vous plaisantez, monsieur Tanner« , Jean-Paul Dubois, éditions de l’Olivier.

« Une fois encore, j’avais ramassé la crème des crèmes (…) Ces types devaient se donner le mot. Ils venaient du monde entier, ne se connaissaient pas mais tous portaient le même virus, le même Mal. (…) J’étais confronté à une internationale nuisible, une nébuleuse préparée dans des camps d’entraînement, dressée à tuer le bon sens, à liquider la raison, à égorger la logique »


Le récit vrai d’un chantier de rénovation qui tourne mal, comme souvent.

Une pièce de théâtre a été adaptée du livre.


Quelques commentaires de lecteurs :


« Avec beaucoup de recul sur mes propres problèmes, j’ai beaucoup aimé les péripéties de l’auteur et ai vraiment retrouvé des similitudes avec les artisans que j’ai côtoyés. »


« Pour ceux qui connaissent le sketch de Muriel Robin « La réunion de chantier », on y est mais par écrit ! On termine le roman et l’on se dit : « Le pire, c’est que c’est vrai ! » »

Muriel Robin « La réunion de chantier« 

http://www.youtube.com/watch?v=7xhb5chrJ9U



« Nos travaux ont un peu ressemblé à ce récit de chantier (…) Parfois on ne savait plus s’il fallait rire ou pleurer et on s’est dit, au moins on n’est pas les seuls »


« Lisez ce livre si vous faites faire des travaux.. cela vous aidera à surmonter l’ épreuve… car tous ceux qui vont venir chez vous sont une menace hallucinante pour votre personne et votre maison…
Mon chauffagiste, lui, a simplement omis de vidanger avant de découper le retour général à la disqueuse… inondation, perte de temps… une matinée à éponger…
A l’étranger, les Français sont souvent considérés comme des clowns dans le travail… Je comprends pourquoi à présent »



« Mademoiselle Agnès emménage« , comédie documentaire de Nicolas Perge sur des mésaventures vécues lors d’un chantier de rénovation.


Des expériences traitées avec humour, mais tristes à pleurer quand on réalise que cela donne une idée des mésaventures auxquelles on s’expose en voulant réaliser des travaux de bonne qualité. Et qu’à plus grande échelle, on observe des aberrations équivalentes dans la plupart des grands chantiers publics (avec l’argent public qui coule à gros bouillons, ça ne compte pas). Ah ! Les chiffres de « la croissance », les discours sur la qualité du travail français *, etc. dont se flattent les dirigeants du grand cirque et leurs petits marquis. Ils ne disent rien du gâchis. Au contraire, leurs bases sont si partielles et si orientées que, plus il y a de gâchis, plus les chiffres et leurs adorateurs pavoisent !

* « travail à la française », dit-on dans le nord de l’Europe, comme on disait autrefois : travail à la parisienne.



Un peu d’archéologie des travaux précédents…


Tiens, derrière la cloison, le conduit de la cheminée XVIIIème dont l’âtre a été cassé à la masse en 1971 (devis de l’entreprise trouvé dans un fond de tiroir laissé par les prédécesseurs).



Et, dans le coin droit, une sorte de message laissé par l’entreprise pour les générations futures.



Oeuvre représentative du savoir-faire de l’époque : une authentique concrétion en béton brut !



Et, sous les strates, un lavabo XVIIIème. La raison de la construction de la cloison : il fallait dissimuler cette saleté.




Autre découverte d’importance, en faisant sauter un curieux bout de cloison construit en parallèle à une grande cloison est apparu ça :



En bas, une grosse poutre sur laquelle reposent les extrêmités des poutres d’un plafond à la française. Dessus, une dalle de béton de ciment de 21 cm d’épaisseur. Le béton a été coulé à la place de l’épaisse couche de terre qui faisait isolant, au-dessus de ce plafond :



Béton allégé ? « C’est quoi ? » En effet, ce joli travail a été réalisé en 1979, en pleine ère du tout-ciment. La dalle pèse environ 16 tonnes. 16 tonnes d’une masse rigide, sans joints de dilatation, qui repose sur des murs du XVIIIème siècle montés à la terre.



L’entreprise qui a réalisé tous ces jolis travaux, et bien d’autres proprement stupéfiants, n’a cessé de prospérer tant ses compétences ont été désirées. En quelques décennies, elle n’est pas encore venu à bout du patrimoine régional, mais presque.



Dans un pays où

– beaucoup cassent leur patrimoine sans l’ombre d’un début de conscience, détruisant faune, flore et systèmes ancestraux de régulation des flux de l’eau de pluie,

– il se construit encore des maisons d’habitation en ciment bardées d’isolants nocifs depuis leur fabrication jusqu’à leur destruction,

-là où, dans les catalogues des distributeurs, on trouve la proposition d’un sac de chaux contre trente sacs de ciments plus ou moins modifiés pour les éloigner des qualités de la chaux, précisément celles qui conviennent au travail de la pierre,

-là où les industriels proposent des enduits imperméabilisants pour les façades anciennes, sans doute pour conserver l’humidité à l’intérieur…

chacun doit aider au respect du bâti ancien, et au développement des solutions saines et durables.


Pour ne plus installer et laisser faire n’importe quoi dans sa maison :
Bâti traditionnel et restauration, travaux à la chaux, construction saine et bio-climatique, maison passive, énergies renouvelables, isolants sains et durables, récupération de l’eau de pluie, épuration des eaux usées, etc.




 

Enduits extérieurs, ravalement… et oiseaux


Acteurs du Bâti : pour une mobilisation en faveur des hirondelles de fenêtres

https://docs.google.com/viewer?a=v&q=cache:YmFb8ezS8UUJ:ile-de-france.lpo.fr/lpoidf/fiches_telechargement/Hirondellesok.pdf+&hl=en&pid=bl&srcid=ADGEESicHz8pxHrnP2hjrplsjg2LND7cUB2ReN3xKRKsq2HKxtGmBI2vIEzw5vE7X3d52u-RMuX6TTSva_Y3xREHLy34AK1UErX6KSrImzIkk7FS_nFzrtgpVHR-IdbObGtyLk2WGyzf&sig=AHIEtbR3cep4URcy5xtWv60FyC1jvXoy_g&pli=1


Un exemple de protection communale des nids :

Enquête hirondelles 2010 à Saint-Aubin-lès-Elbeuf

http://www.ville-saint-aubin-les-elbeuf.fr/Biodiversite/enquetes.htm




Charpente construction bois – l’art du trait de charpente

Attention, avant d’entreprendre des travaux de charpente, jetez un oeil à :

Arases, haut des murs sous toiture, interstices… (ci-dessous, avec ISOLATION)

Certains appellent aussi « rampants » les arases


Charpentiers d’Europe et d’Ailleurs

Les savoir-faire pré-industriels du bois, les outils, les hommes, le choix des bois, des arbres, des exemples historiques

http://www.charpentiers.culture.fr/delarbrelamaison/delaforetauchantier/choixdesbois

http://www.hesbayebrabanconne.be/spip.php?article27&lang=fr







Alternatives aux lotissements, éco-hameaux, architectures évolutives…

Ensemble à Beaumont en Ardèche

le hameau du Blat




A l’inverse des lotissements bouffeurs de campagne et destructeurs de vie sociale… l’exemple donné par la commune de Burdignes


La commune de Burdignes a lancé un projet d’éco-hameau sur une parcelle à 1 kilomètre du village, exposée au sud et qui a fait l’objet d’une démarche participative. Les conseillers municipaux, les habitants du village, les partenaires de la municipalité (Parc du Pilat, … ) et des personnes intéressées pour y habiter ont formalisé leurs souhaits pour faire de cet éco-hameau un lieu de vie pensé à l’avance pour être accueillant et respectueux de l’environnement et des pratiques de chacun.



(…) La qualité du cadre de vie, le dynamisme de l’agriculture, l’homogénéité d’un bâti identitaire, la silhouette caractéristique du centre bourg ont été les pistes qui ont guidé l’équipe municipale dans l’élaboration d’un projet de développement qualitatif du village.


Ainsi la commune a-t-elle choisi de garantir la pérennité des espaces de bonne qualité agronomique situés autour du centre bourg et de garantir la préservation de la qualité du cadre paysager en mettant en place une Zone Agricole Protégée (ZAP). En corrélation, les élus municipaux ont fait le choix de renforcer la centralité du bourg et ses fonctionnalités en privilégiant un secteur d’extension proche du bourg, sur des terrains de faible valeur agronomique en interrogeant la typologie urbaine et bâtie des hameaux qui combinent densité des constructions, espaces partagés, relation au paysage, économie de la construction…


C’est tout naturellement que le projet d’extension a évolué dans l’esprit d’un « éco-hameau ».

Un peu plus loin, quelque part à côté de New York : Ithaca




La Zone Agricole Protégée a été instituée sur le territoire de la commune afin d’en pérenniser la vocation agricole.


Objectif : Ne pas consommer de terre cultivable susceptible de supporter l’économie rurale de la commune et du Parc naturel. Dans le respect de la Charte , il s’agissait de localiser ce projet d’urbanisme en dehors du territoire agricole.


Exclure tout empiètement sur la terre cultivable, c’est soutenir l’économie agricole et épargner les terres les plus riches, les plus favorables à la bio-diversité et sauvegarder ainsi le patrimoine naturel de la commune.



Nous illustrerons cette approche de la notion de hameau intégré à l’environnement à partir des exemples de hameaux représentatifs sur la commune de Burdignes. Les références locales sont intéressantes pour guider notre conception à la recherche de formes urbaines et d’habitat adaptées à leur environnement. Consciente d’un gaspillage d’espace lors de la création du lotissement au sud-ouest du bourg, la commune veut adopter pour Mirosse une urbanisation similaire à celle des hameaux traditionnels.


Les Orientations d’aménagement du PLU de Burdignes :


«Toute urbanisation ou construction nouvelle doit prendre en compte l’environnement naturel et bâti, respecter l’histoire et la culture locale. Un certain nombre de règles issues de l’observation du bâti existant tant sur le plan de la forme urbaine que sur la forme architecturale doit être pris en compte dans cette urbanisation future.»

(…)








ISOLATION

découpe et mise oeuvre des panneaux de fibres/laine de bois (et, sans doute, des panneaux de chanvre et autres)

+ Consolidation des arases et bouchage des ouvertures et interstices inacessibles


Des trucs pratiques qui facilitent la découpe et la pose :


Mais, avant tout, si l’on doit faire refaire la toiture, voire changer quelques chevrons, veiller à ce que les charpentiers-couvreurs les placent à intervalles réguliers et les uns en regard des autres, soigneusement, de façon à préparer une pose facile des panneaux. Car, le plus difficile est d’isoler parfaitement la partie la plus haute du toit, la plus inaccessible et la plus compliquée, mais aussi celle à isoler parfaitement : le faîtage, l’angle formé par les deux versants juste au-dessus de la plus haute poutre. On n’évitera pas les sinuosités même des chevrons industriels, mais que de temps et d’énergie économisés par rapport à la même tâche suite au travail ordinaire de ces messieurs quand il se contrefoutent des travaux à effectuer après le leur !


– Un grand couteau de boucher (non-inoxydable), de ceux que l’on affute au fusil, fait merveille. Avec un grand couteau bien affuté, la découpe est facile et nette. Eviter les couteaux à dents et les scies qui déchirent.

– Pour rentrer les panneaux en appui entre des chevrons qui sont rarement lisses, 2 ou 3 plaques de plastique, minces mais rigides, permettent de les glisser aisément et proprement.

– Pour parfaire la pose, fignoler l’ajustement, bien pousser au fond quand cela ne glisse pas tout seul, un tasseau appliqué tour à tour de chaque côté du panneau engagé, au ras des chevrons, quelques délicats coups de marteau sur le tasseau, et le panneau épouse exactement le logement prévu.

– Bien pousser chaque panneau par en-dessous (avec les mains simultanément, puis avec planchette et marteau) pour ne laisser aucun interstice au niveau du faîtage ou de la liaison avec le panneau précédent.




Arases, haut des murs sous toiture, interstices…


Aujourd’hui, vous avez une grande chance que les charpentiers qui vont intervenir/ ou sont déjà intervenus/ chez vous appartiennent à l’engeance désormais répandue qui vous déclare : « on fait pas les arases », dixit Antoine Lazard, un charpentier de Bourgogne Sud qui m’avait été chaudement recommandé. Les arases sont les hauts des murs qu’il convient de remaçonner à la chaux dans les maisons anciennes). Ils ne le disent pas au début, mais trop tard, quand vous vous apercevez qu’en effet ils les ont laissées comme ils les ont trouvées. De même ils n’auront pas maçonné entre les chevrons et les murs, sur les côtés, laissant des interstices par où s’échappera toute la chaleur de la maison dès l’hiver venu. Mieux encore, comme chez moi, ils peuvent laisser derrière eux de vrais machicoulis sur les deux côtés de votre maison qui n’avait pas vocation à plagier les châteaux-forts, charge à vous de coffrer par l’extérieur en jouant les colibris juste sous les gouttières et à déverser des dizaines de seaux de mortier chaux-chanvre pour fermer tout ça.


Bien sûr, ces jean-foutre n’auront pas éprouvé le besoin de vous prévenir, ni même de demander aux maçons présents sur le chantier de faire ce travail indigne de leur confrérie *. Je connais des maisons où ils ont posé leur charpente sur des hauts de murs en ruine, sans sourciller. Tous se contrefoutent de l’isolation – même quand vous leur faites poser un isolant comme pare-pluie, que vous leur faites découvrir les bons matériaux **, et que vous leur expliquez la suite des événements. Rien n’y fait.

* le phénomène est nouveau. Avant, au bon temps du travail bien fait, les charpentiers remaçonnaient soigneusement les arases (ou « rampants« ).

** ils sont capables de vous imposer un isolant mince sans vous demander votre avis, et, vous prenant pour une bille jusqu’au bout, ils vous assure de sa qualité quand vous leur dites NON !)


Bien après le départ de mon charpentier vedette, j’ai cherché et bouché des ouvertures par où la chaleur sortait à gros bouillons et où les lérots entraient en colonnes par trois. Très utiles les petits bandits masqués (les lérots) ! Leur présence dans la maison vous renseigne sur l’existence des dernières ouvertures cachées laissées par vos chers, très chers artisans.


Donc, vous voilà dans de beaux draps ! Impossible de consolider les pierres branlantes et de boucher tout cela avec une truelle, surtout sur cinquante centimètres d’épaisseur et plus. J’ai rêvé quelque temps de poche à douille grand format (comme pour remplir les choux à la crème), puis de grosse seringue… Pas bête la grosse seringue, bricologie.free.fr/trucs.htm donne des conseils pour en réaliser une. Et l’idée : la pompe à mortier. J’ai dû faire une description du matériel qu’il faudrait inventer pour que l’on me dise : mais oui, ça existe. Reste à en trouver une petite avec un petit débit. Ou à fabriquer une seringue.

Mais préparez-vous à détourner et aménager d’autres ustensiles suivant les difficultés que vous allez rencontrer : louches, casseroles, gros-gros entonnoirs, gouttières, tuyaux… et surtout des bons gants imperméables, car la main est souvent le plus pratique des outils.


Mais, ATTENTION, on ne doit pas utiliser en hiver une pompe à mortier ni même une grosse seringue manuelle pour remplir les espaces où l’on ne voit pas ce que l’on fait.

Deux raisons :

– surtout, pensez à épargner les petits hôtes de la maison qui, souvent nichent et hivernent dans ces endroits difficiles d’accès. Donc, pour laisser vivre les lérots, écureuils, chauve-souris, oiseaux, lézards, etc., pas de pompe à mortier entre octobre et avril !

– le mortier de chaux (avec chanvre, avec lin ou autre) qui convient pour ce travail ne peut-être travaillé que par températures relativement douces,




 

Des sites et des forums pour apprendre et échanger les expériences :


Bâtir-sain

http://www.batirsain.org

Association pour le développement de l’écoconstuction biologique et écologique

un bulletin, beaucoup d’informations et de liens avec d’autres sur son site

4, rue des Coteaux

91370 Verrières le Buisson



Systeme-d

http://www.systemed.fr

Le site de la revue SystèmeD avec son forum du bricolage, particulièrement le forum du gros-œuvre où l’on trouve plein d’informations sous la forme de fiches pratiques, de vidéos et dans les échanges passionnants entre passionnés de la bonne construction saine et économe de la nature.



Cyberbricoleur

http://www.cyberbricoleur.com

Autre forum très actif et très informé.



Tiez-breiz maisons et paysages de Bretagne

Association de sauvegarde du bâti traditionnel.

http://www.tiez-breiz.org

Information et formation pour la réhabilitation saine et respectueuse du bâti ancien non protégé.

Elle s’adresse aux amateurs comme aux professionnels de la bonne construction.

Une bibliothèque, des liens et un forum de discussion.

Leurs conseils sont valables aussi loin de la Bretagne.




Le Gabion et son excellent site

http://www.legabion.org




Pierre et Masse

http://www.pierreetmasse.com/

Nous nous intéressons principalement au bâti rural en pierre et en terre particulièrement varié et riche dans notre région.

Nous organisons des stages, des visites conseil et des voyages pour nos adhérents ainsi que des animations pratiques et culturelles sur notre territoire – le Cotentin.

Nous associons un grand nombre d’artisans à notre démarche. Notre objectif est aussi d’impliquer un maximum de jeunes au respect du bâti rural lors d’enquêtes de terrain ou d’animations pédagogiques et culturelles.




Ecolline

A Saint Dié, autoconstruction d’un habitat groupé, toutes techniques économes et saines

http://ecolline.over-blog.com/




Maisons Paysannes de France

http://www.maisons-paysannes.org

Une revue, un réseau, des livres au service du patrimoine rural

Informations et conseils sur la restauration

8, Passage des Deux Soeurs

75009 Paris






Belles techniques économes et saines de la construction



Le bois


Ambiance Bois

Tous produits en Douglas et mélèze

contact@ambiance-bois.com


Maisons et bois international

http://www.maisons-et-bois.com

Solaire, auto-construction, maisons passives, etc.

Informations et forum de discussion





Les isolants sains et durables


des sites documentés pour l’approche des différentes possibilités :


eco-logis.com

bioeco.org

mnfc.fr

qem.fr




les constructions des Ifugao aux Philippines

détail emprunté sur http://www.flickr.com

et une vue d’ensemble

mur Inca

sur http://commons.wikimedia.org


« Les murs montés à la terre, les murs en pierre sèche, ça tient pas ! ». On entend ça dans certaines campagnes, là où beaucoup de descendants des bâtisseurs de beauté d’autrefois ne jurent que par le ciment et commettent tant de mauvaises actions sur le patrimoine commun que l’on s’étonne de voir encore tant de belles choses. Et, s’ils n’abattent pas tout, ils tartinent les pierres de ciment gris pour que ça tienne. Ce qui, d’ailleurs, va dégrader les belles pierres et les murs, et rendre l’habitat humide et malsain. Leurs propres maisons. A les regarder s’acharner encore, à les entendre justifier les destructions innombrables, on comprend que ce que l’on admire aujourd’hui n’est que ce qu’ils n’ont pas eu le temps de détruire.


Pour beaucoup, tout est à redécouvrir.


La pierre sèche


http://www.pierreseche.com

Le portail de l’architecture de pierre sèche. The gateway to dry stone architecture

Beaucoup d’information et d’ouvertures sur d’autres sources


http://www.pierreseche.net

site de l’association de l’Hérault Pierres d’iris


http://pierreseche.over-blog.com


http://www.beaune.educagri.fr

le site présente le programme Hercule de sauvegarde du patrimoine viticole en pierre sèche


http://www.laviers-muraillers-bourgogne.fr/

Association des laviers et muraillers de Bourgogne

exemple de plusieurs restaurations :

http://www.lm2b.fr/photos-videos.wee


http://www.apare-gec.org

L’association pour la participation et l’action régionale (APARE) organise des formations et des chantiers de restauration d’architecture vernaculaire avec des volontaires.

Des documents très intéressants :

http://www.apare-gec.org/apare_fr/reppis3.pdf

au Zimbabwe, vestiges de la civilisation de l’Empire Rozwi


La pierre sèche n’est pas que belle, en harmonie avec le paysage (puisqu’on exploite les gisements locaux), économique… Elle offre aussi des abris à la petite faune, même aux chauve-souris et aux oiseaux quand on ménage des nichoirs dans l’intérieur des murs (sur pierreseche.overblog). Penser tout de même à interdir l’accès des niches aux petits et grands prédateurs, par l’extérieur comme par l’intérieur.





Sur la pierre sèche (dry stone), les sites en anglais sont très riches. Même Wikipedia est plus informé en anglais.


Pour se faire une idée des possibilité de la pierre sèche, rien de tel qu’un petit voyage, au moins en images, chez les peuples bâtisseurs de terrasses rizicoles. En particulier chez les peuples des montagnes de l’île de Luzon aux Philippines. Généralement appelés Igorots, ils ont sculpté les pentes abruptes en y multipliant les terrasses de cultures depuis deux millénaires. Les terrasses de culture des incas, et leurs autres constructions, méritent aussi un détour ébloui.


Pour des explications et des photos, chercher particulièrement les sites en anglais en interrogeant :

dry stone rice terraces farming. Il y a des photos magnifiques sur rice terrace photos from around the world (picturesocial.com).


Il ne faut pas manquer d’admirer l’organisation de la régulation de l’eau au travers de ces terrasses jusqu’aux vallées, depuis les forêts réceptrices (et préservées) qui les dominent. Une grande leçon d’architecture et d’agriculture durables, pardon, écologiques.







Les pavés


Depuis la suprématie des pétroliers et des cimentiers sur la construction, toutes les constructions, les pavés ont pris un coup de vieux. Le métier a régressé et beaucoup prennent les défauts des mauvais travaux de raccord sur les pavages pour des inconvénients communs à tous les sols pavés. On s’y tord les pieds, on ne peut pas marcher dessus sans chaussures de randonnée, etc. A tel point que certains rêvent de tartiner de l’asphalte partout, même si celui-ci est franchement moche, imperméabilise les sols et aggrave les ruissellements, et fait capteur solaire, rendant la ville invivable l’été.


Encore faut-il que les pavés soient posés par des gens de métier et, au préalable, que ceux qui décident des travaux s’informent un peu pour ne pas engager une entreprise qui ne sait pas faire… Une jolie cour parisienne qui avait été ouverte pour passer de nouvelles canalisations vient d’être repavée, sur lit de sable comme il se doit, mais en jointoyant soigneusement, et en tâchant les pavés d’origine au ciment gris.


Même en matière de pavage, la technologie dure s’est imposée au détriment de la qualité.



Pour remettre les idées en place, les sites :


http://www.pavesderue.com





Le pisé


Terre construite

http://terreconstruite.unblog.fr


Pisé, terre d’avenir (association loi 1901)

Jacky Jeannet

Chassenet

F-63260 Thuret




La paille


La paille : une idée fraîche pour le bâtiment

Libération du 8 février 2012

«Avec la paille, il y a une souplesse qui permet de travailler en direct avec les agriculteurs. Sa production et son transport ne consomment presque pas de CO2», explique Jean-Baptiste Thévard, vice-président du Réseau français de la construction paille (RFCP) basé dans la région Centre. D’après ses calculs, 2 hectares de blé suffisent pour isoler une maison de 100 m2. «On n’a pas besoin de mobiliser toute la production. Dans ma région, les 8,5 millions de tonnes produites annuellement combleraient la demande pour 85 000 maisons.» Il n’y aura pas d’incidence sur les cours de la viande et du lait ; ceux de la paille ne s’embraseront pas. «C’est marginal, mais ça permettra aux agriculteurs de dégager de nouveaux revenus», avance-t-il.

http://www.liberation.fr/terre/01012318562-la-paille-une-idee-fraiche-pour-le-batiment



Compaillons (association loi 1901)

Réseau français de la construction en Paille

http://www.compaillons.fr

rassemble des auto-constructeurs, des artisans, des architectes, des formateurs…

asso@compaillons.fr


Approche Paille

Beaucoup d’informations sur des techniques en évolution, des stages, d’autres adresses, des photos, un forum…

http://www.approchepaille.fr


La maison en paille (association)

16 290 Champmillon

Documentation, formation, et un site très informé :

http://www.la.maison.en.paille.com


Le site de Tom Rijven

http://www.habitatvegetal.com


Une maison en paille en Bourgogne

http://maison.paille.bourgogne.over-blog.com/





Peintures à la chaux à faire soi-même


toutes informations chez :

Terres et Couleurs

http://www.terresetcouleurs.com/

avec des vidéos et des « cahiers » détaillés pour passer rapidement aux travaux pratiques

Commandes par correspondance :

13, rue Hérold, 75001 Paris

53, rue Saumaise, 21000 Dijon


d’autres recettes chez Esprit Cabane

http://www.espritcabane.com/faire-peinture/lait-de-chaux.php



Teintures naturelles


L’atelier des couleurs

la résurrection du bleu d’Amiens par la remise en culture de la waide

http://www.latelierdescouleurs.com/





Bibliographie

« Maisons écologiques d’aujourd’hui », Claude Aubert, Antoine Bosse-Platière, Jean-Pierre Oliva, Terre Vivante 2002.


« La conception bioclimatique : des maisons économes et confortables en neuf et en réhabilitation », Samuel Courgey et Jean-Pierre Oliva, Terre Vivante 2006.

Une approche indispensable dans tous les cas. Il y a toujours quelque chose à faire pour améliorer un projet ou l’existant.


« Le guide de l’habitat passif », Brigitte Vu, Editions Eyrolles 2008.


« Maisons passives », Adeline Guerriat, édition L’Inédite 2008.

Tous les cas de figure sont envisagés, de la conception d’une nouvelle construction jusqu’à la reprise en mains d’un bâtiment ancien.


Beaucoup de sites à visiter à l’adresse lamaisonpassive





Presse


La Maison écologique (une Société Coopérative Ouvrière de Production)

http://www.la-maison-ecologique.com





Collectifs, réseaux, groupements d’achat, coopératives d’artisans



Réseau éco-bâtir (association loi 1901)

http://www.reseau-ecobatir.asso.fr

Un réseau français d’auto-constructeurs, l’expérience de plusieurs réalisations toutes différentes, la revalorisation des matériaux simples, économes et sains, la revalorisation de la solidarité et des métiers…


Le Passe Muraille

Il travaille en Languedoc à la sauvegarde des patrimoines culturels et naturels

http://www.lepassemuraille.org




Architecture inventive, alternative…


L’immeuble qui pousse (à Montpellier) et L’Eden bio (à Paris)

http://www.edouardfrancois.com/project_detail.php?project_id=42

http://www.archicontemporaine.org/RMA/p-8-Chateau-Le-Lez-l-Immeuble-qui-pousse.htm?fiche_id=1366

http://midionze.com/mode-de-vie/architecture-ecolo-edouard-francois




Ressources par REGIONS pays départements cités…


Alpes

Terre Vivante

Un centre présentant des techniques écologistes en matière de jardinage et d’habitat (à Mens en Isère).

Une maison d’édition avec un catalogue très étendu.

La revue Les Quatre saisons du jardinage évoquée plus haut.



Hautes Alpes

Le Gabion (association)

Réhabilitation du bâti ancien et construction écologique

http://www.legabion.org un excellent site

Les Rauffes

05 200 Saint André d’Embrun

http://www.lagrandeferme.fr




Ardennes

Eco-Territoires

http://eco-territoires.fr

Eco-Territoires

http://eco-territoires.fr

ecoterritoires@club-internet.fr




Ariège et Aude

ECO-CENTRE Association d’éco constructeurs

http://www.ecorce.org



Batipole en Limousin

Contacts et formations en écoconstruction

http://www.batipolelimouxin.com




Bouches du Rhône

Tout naturellement solidaires (SCIC, Société Coopérative d’Intérêt Collectif)

Conseil, assistance, groupement d’achat en éco-construction

http://www.toutnaturellement.fr

toutnat@wanadoo.fr

Maisons des Alternatives Solidaires

Les Fournaques

CD 561

13 650 Meyrargues




Bourgogne Nord Côte d’Or

Arthema (SCIC SARL Société Coopérative d’Intérêt Collectif)

regroupe des professionnels pour sensibiliser et former à l’éco-habitat, matériaux sains, énergies renouvelables, gestion de l’eau…

et participer à la conservation du patrimoine bâti non classé

http://www.arthema-bourgogne.fr

arthema@alicepro.fr

http://www.annuaire-ecoconstruction.com/fiche_ARTHEMA_412.html

Région de Montbard 21


Une maison en paille en Bourgogne http://maison.paille.bourgogne.over-blog.com/ Gers Au pied du mur (collectif) rassemble des professionnels de la construction saine et économe http://www.collectifaupieddumur.org 32 270 L’Isle-Arné contact@collectifaupieddumur.org Hérault Réseau Terres Vivantes pour une agriculture paysanne et solidaire sur Internet, chercher Terres Vivantes Clermont l’Hérault Atypiques Magazine des idées vertes pour changer d’ère en Languedoc-Roussillon http://www.atypiques-mag.info Ille et Vilaine bio-construction.com (GIE, groupement d’entreprises) réseau de professionnels de la construction écologique http://www.bio-construction.com contact@bio-construction.com 35 270 Saint Léger des Prés Orne Savoir Faire et Découverte http://www.lesavoirfaire.fr des stages et des séjours partout en France chez des paysans, des artisans, des artistes La Caillère 61 100 La Carneille contact@lesavoirfaire.fr Périgord Eco Centre Auto-construction saine et bioclimatique, énergies renouvelables, récupération de l’eau et épuration… 5 constructions présentant différentes techniques. Information, démonstrations, formations, expérimentations http://www.ecocentre.org info@ecocentre.org Froidefon 24 450 Saint Pierre de Frugie Rhône Oïkos (association) réseau de professionnels sur la maison, son environnement Information, formations http://www.oikos-ecoconstruction.com cd@oikos-ecoconstruction.com 150, rue du 4 août 1789 69 100 Villeurbanne Paris Les Eco Entrepreneurs (SCOP, Société Coopérative Ouvrière de Production) http://www.lesecoentrepreneurs.fr jsbatir@free.fr 16, rue d’Alsace-Lorraine bat. 3 75019 Paris Tarn Centre Ecologique de l’Association pour la Formation et la Sensibilisation à l’Ecologie http://www.centre-ecologique.fr a.f.s.e@aliceadsl.fr Eco-construction, jardinage, construction de capteurs solaires thermiques, journées de sensibilisation pour les scolaires Le Cayré 81 600 Gaillac Var Ouvert et durable Association pour la promotion de l’habitat sain présentation sur Etyc : http://www.etyc.org/mchartier/1538-ouvert-et-durable-une-association-pour-la-promotion-de-l-039-habitat-sain.html Photos stage pierre sèche au 

domaine Saint Laurent

               

Par défaut

Alternatives pratiques 1ère partie

Pour sortir de l’impuissance,

de la dépendance et de la revendication,

et commencer à retrouver prise…

Pour ne plus détruire, pour restaurer, pour redonner vie.

 

sur le même site, le triste sort d’une tête de bassin versant en Bourgogne :

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-lengrenage-exemplaire-de-la-degradation-du-bien-commun/

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-seconde-partie/



SOMMAIRE

  • Des adresses en Saône et Loire
  • Exclusion, pauvreté, urgence
  • Ce que l’on peut faire dans son village, dans son quartier… des exemples
  • Comment s’organiser ? Les coopératives (les vraies)
  • Education alternative
  • Information générale pour s’ouvrir au vivant
  • Pour l’éveil des enfants
  • Recyclage (s) , récupération, réparation, réemploi,  
  • Economies d’énergie
  • Transports, vélos, dirigeables, avions allégés, traction animale
  • Béliers d’eau et autres pompes fiables et économiques
  • Consommation, écoconsommation, produits, prévention, santé…
  • L’huile de palme
  • Bons produits alimentaires, transparence des prix, relations directes producteurs-consommateurs, circuits courts… pour s’affranchir des centrales d’achat et redonner vie autour de soi
  •  
  • Qualité du Vin, la question du soufre
  •  
  • Santé, médicaments dangereux 
  •  
  • Chauffage, confort et santé
  • Agriculture durable
  • Huile de palme et autres produits résultant de la destruction du vivant
  • Reconquête de la ville, végétalisation
  • Traditions, résistances et innovations
  •  Abeilles, papillons et autres insectes pollinisateurs
  • Les haies, destruction et renaissance

Seconde partie

• Agriculture, auto-production, jardinage propre et créatif, semences de tradition paysanne sélectionnées par les autochtones, techniques alternatives

• Jardin, guérilla des jardins, jardins communautaires, partagés, familiaux, diversifiés… lieux d’échanges, de découverte et de solidarité

. L’art et la manière de faire pousser la glace

. compostage

. Energies biogaz méthanisation digesteurs

. Assainissement et phyto-épuration

. Oiseaux, passereaux, moineaux

Aider les oiseaux

Aider les insectes

Restauration écologique et sociale, préserver l’eau, réalimenter les nappes phréatiques

. Loisirs

• Deux mains gauches : quand on doit confier les travaux aux professionnels, commence l’aventure et la découverte de la loi de l’emmerdement maximum…

• Bâti traditionnel et restauration, travaux à la chaux, construction saine et bio-climatique, maison passive, énergies renouvelables, isolants sains et durables, récupération de l’eau de pluie, épuration des eaux usées, etc.

. Charpente construction bois – l’art du trait de charpente

Isolation : découpe et mise en place de panneaux de fibres/laine de bois et autres

+ Consolidation des arases (ou « rampants« ) et bouchage des ouvertures et interstices inaccessibles

• Forums pour apprendre et échanger les expériences

• Belles techniques économes et saines de la construction

. Peintures, comment les faire soi-même ? Terres colorantes, pigments, teintures naturelles

• Collectifs, réseaux, groupements d’achat, coopératives d’artisans

. Architecture inventive, alternative…

. Un stage de construction en pierre sèche (photos)

Mise en valeur façon industrielle et techniques douces : 

http://v.youku.com/v_show/id_XMTgwMTM2ODA0.html






Des adresses en Saône et Loire


Depuis la fermeture d’Elémenterre à Cluny, il y a seulement 2 adresses fiables pour les bons matériaux de l’isolation et de la construction :


Nature et Matériaux

à Usigny – 71430 St Aubin en Charolais

tél. 03 85 26 67 63

fax 03 85 70 40 67

contact@espace-nature-materiaux.fr

http://www.materiaux-ecologique-decoration.fr/



Cléau Roger Matériaux SARL

71640 Dracy Le Fort

Tel. 03 85 98 25 25




Exclusion, pauvreté, urgence 

Plateforme d’aide aux sans-abris et aux plus démunis

le 115 des particuliers 

http://www.le-115-du-particulier.fr/

 

Ce que l’on peut faire dans son village, dans son quartier… des exemples


Le blog de la maison de la terre de Poucharramet (Hte Garonne)

http://mdlt.over-blog.com/

et le site de l’association 3PA (association d’information à l’environnement), toujours à Poucharramet

http://3pa.over-blog.org/

… il y en a qui se bougent !


Partageons un jardin


Pour replanter la ville en recréant des relations


L’esprit bistrot de Pays

Ambassadeurs de leurs territoires, relais multiservices, lieux de vie culturelle…


L’esprit Village

Un magazine qui valorise les parcours, les territoires, les savoirs et savoir-faire

Un forum « Installation à la campagne »


Immigration, développement, démocratie IDD

Réseau d’associations de l’immigration marocaine en France investi dans le développement solidaire avec le sud de la Méditerranée. La participation et contrôle actif des populations est au coeur de son action.

http://www.idd-reseau.org/index.php?option=com_content&task=view&id=68&Itemid=74






 

 

Pierre Gire et son père construisent depuis quelques années un village tel qu’il aurait pu voir le jour à l’époque médiévale, dans le respect des textes et des documents historiques.

les Fermes du Moyen Age en Xaintrie
Le Puy d’Arrel
19220 Saint-Julien-aux-Bois

https://www.youtube.com/watch?v=lstq_HYrdQM

https://www.youtube.com/watch?v=uCVDCrrlbVI

C’est en fait un rêve d’enfance auquel le créateur du site s’est employé à donner corps après des années de recherches documentaires sur la région (des actes notariés du XVe siècle), archéologiques et ethnographiques, le rêve de vivre dans un village médiéval paysan avec ses chaumières, ses granges, ses cultures autour, bordées de murets en pierres sèches, son jardin potager (un conservatoire des plantes de l’époque), ses animaux domestiques (vaches, chèvres, porcs, poules) avant l’apparition d’espèces bien distinctes par la sélection, et son rucher.  Et le rêve est devenu réalité à partir de 2006.

 

Tout y est : les habitations sont pourvues de leur ameublement rustique, leur couverture est constituée de chaume (confectionné à partir des hampes du seigle), même les gonds des portes ont été ouvragés à la façon de l’époque. Une partie des matériaux utilisés provient d’ailleurs d’anciens bâtiments de Xaintrie, pierres de taille, pièces de charpente, le reste à été façonné en restant fidèle à l’esprit médiéval.

http://www.franceinter.fr/emission-carnets-de-campagne-correze-25-0

 

 

 



COMMENT S’ORGANISER ?



Une association c’est bien, mais comment éviter la reproduction d’une hiérarchie stérilisante ?


Un « bureau », avec président, sous-président, président d’honneur, trésorier, etc. n’a d’utilité que si l’association veut s’aliéner en brassant des subventions ou si son activité concerne des personnes mineures.


Une association collégiale, sans président, c’est plus collectif ! (exemple de statuts déposés en préfecture pour une association loi 1901 « à direction collégiale » en bas de page) :

http://clownistan.forumgratuit.fr/t42-une-association-collegiale-sans-president-cest-plus-collectif-exemple-de-statuts-deposes-en-prefecture-pour-une-association-loi-1901-a-direction-collegiale-en-bas-de-page




Les coopératives, les vraies…

Un renouveau du mouvement coopératif ?


Sur les formes coopératives, voir les sites :

http://www.les-scop.coop/sites/fr/

http://www.scic.coop/p193_FR.htm

http://www.scop.org/espacecreateurs/index.html



Marinaleda, commune libérée du capitalisme depuis 1978

http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-marinaleda-une-utopie-vers-la-paix


http://alterautogestion.blogspot.com/2011/06/marinaleda-un-village-en-utopie.html


http://icilili.blog.free.fr/index.php?tag/Marinaleda




Villes et communautés en transition

http://villesentransition.net/

La Transition en question est le passage « de la dépendance au pétrole à la résilience locale ». Les populations locales sont invitées à créer un avenir meilleur et moins vulnérable devant les crises écologiques, énergétiques et économiques qui menacent en agissant dès maintenant pour :

réduire la consommation d’énergie fossile ;

reconstruire une économie locale vigoureuse et soutenable et retrouver un bon degré de résilience par la relocalisation de ce qui peut l’être ;

acquérir les qualifications qui deviendront nécessaires.

Chaque collectivité locale trouvera par elle-même les actions qui lui conviennent en fonction de ses ressources et de ses enjeux.


voir aussi SlowFood et CittaSlow (ci-dessous)




un bouquin pour se mettre en appêtit :

Manger Local

S’approvisionner et produire ensemble

par Lionel Astruc et Cécile Gros

Actes Sud

Aujourd’hui, le modèle agricole doit être profondément transformé pour assurer une autonomie alimentaire durable. Ce livre explique concrètement comment s’alimenter localement, en valorisant les circuits courts, l’autoproduction et les solutions collectives





Comment se défendre ?


Le regard des PME éveillées sur la manipulation financière


Collectif PME (ensemble les PME/TPE/artisans ont du pouvoir)

http://www.collectif-pme.com/

– Création immédiate d’un pôle public de financement (10 Mds €) chapeauté par des chefs d’entreprises en activité.

– Réduction des charges sociales de 20% pour PME / TPE. Réduction de l’I.S. à 15%.

– Aider les entreprises à la formation interne par la suppression des charges sur un an.

– Interdiction du système mafieux de reprise des entreprises en liquidation sauf à leur valeur réelle; mobilière et immobilière, clients, etc.

– Maintien des subventions régionales à l’investissement en cas de déficits.

– Abrogation de l’article 104 du traité de Maastricht qui a érigé les banquiers rois du monde





Economie sociale, finances et solidarité


« Le nouveau pari monnaie-terre », Catherine Célimène et Guy Deffeyes, Documents Terre active, 1995.

Sur les monnaies alternatives, locales et fondantes, rendant impossible la capitalisation et la spéculation.

Les auteurs m’avaient demandé d’écrire la préface. Après une mystérieuse intervention, cette « préface » est passée en pages 355 et 356.





Education alternative


le site de Bernard Collot

Réflexions pour une autre école, une autre éducation, sous forme de billets. L’école vue par un ex enseignant toujours parent, en complément au site « Une école du 3ème type » (http://perso.orange.fr/b.collot/b.collot/)

http://education3.canalblog.com/


« On achève bien les écoliers », Peter Grumbel, Grasset

une dénonciation du conditionnement à la domination par le système éducatif français




Information générale pour s’ouvrir au vivant


La Salamandre, revue

http://www.salamandre.net/

sur les plantes et les animaux qui nous accompagnent et que nous devrions mieux accompagner




Pour l’éveil des enfants


La Hulotte

journal le plus lu dans les terriers

Depuis 1972, date de son premier envol, La Hulotte fait découvrir la vie et l’amour de la vie

uniquement sur abonnement

http://www.lahulotte.fr




Recyclage (s), récupération, réparation, réemploi, création…

Les créations de Michael Reynolds

http://www.tudeblogues.com/2008/10/01/365-garbage-warrior



Privatisation et arnaque : plus on trie, plus on recycle, et plus c’est cher


http://forum.quechoisir.org/taxe-d-ordures-menageres-t13604.html



Collecte, réparation, réemploi, recyclages des matériels électriques et électroniques… et réinsertion sociale


Le Réseau Envie

http://www.envie.org

Le réseau ENVIE fait partie de l’Ensemblier DéFI :

48 entreprises en réseau

http://www.ensemblier-defi.fr/


Un site associatif pour recycler les téléphones mobiles dont vous ne voulez plus.

Il informe sur les bonnes raisons de choisir une filière de recyclage pour ses matériels.

Il renseigne sur la valeur de votre appareil.

Il permet de choisir une association bénéficiaire de la récupération des pièces et des matières.

Il permet d’envoyer gratuitement l’appareil.

L’oeuvre de Manfred Gnadinger

http://www.google.fr/search?q=mandfred%20gnadinger&oe=utf-8&rls=com.ubuntu:fr:unofficial&client=firefox-a&um=1&hl=fr&biw=799&bih=410&ie=UTF-8&sa=N&tab=iw

et sa destruction par la pollution du Prestige





Transports

VéLOS


Les contre-sens/double sens à vélo, ça change la vie là oû un monopole radical tel que l’automobile, et son aliénation, ont dégradé la cité.


Demandez qu’ils soient réalisés dans votre commune.

Précision utile : ils peuvent être réalisés même là où il y a à peine la place d’une voiture. Une fois en place, une fois les automobilistes prévenus, tout se passe très bien.


Un vélo à chenille pour la neige : le Ktrakcycle

http://www.ktrakcycle.com

photo empruntée à http://undeveninde.blogspot.com




à l’heure où, près de Nantes, la campagne de Notre Dame des Landes est menacée par un projet d’aéroport de fret géant… 

les DIRIGEABLES et les vaisseaux hybrides


un article sur le site pour introduire la question :

Le poids du profit

(…) Comme pour le sabotage des transports publics aux USA (et ailleurs), et leur remplacement par les bus de Général Motors et les bagnoles de tous les constructeurs ligués, le TGV rigide a été présenté comme un « progrès ». Il est bien d’autres cas où ce qui pourrait constituer un vrai progrès accessible à tous, et qui se glisse en souplesse dans l’économie des sociétés et des écosystèmes, est saboté par les lobbies, sans oublier la technocratie d’état et les « représentations démocratiques » à leurs ordres. Il en est ainsi pour les dirigeables. (…)

http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=65:le-poids-du-profit


http://www.classe5ulmfr.fr/alize.htm

http://balaskovic.pagesperso-orange.fr/actu.html

Pierre balaskovic était à l’origine du projet Pégaze évoqué dans Le poids du profit

http://www.pole-pegase.com/innovation/les-domaines-d-intervention/les-aeronefs-de-demain-129.html

http://www.changertout.com/node/117


http://www.yelomart.com/voitures-transports/appareil-volant-solaire-liaison-new-york-paris

http://www.wat.tv/video/video-premier-vol-p791-avion-re1i_2ey9n_.html

http://www.ddmagazine.com/317-dirigeables-alternative-transport-aerien.html

http://corporates.free.fr/spip.php?article158

http://alexandrecouronne.wordpress.com/2007/10/27/avions-silencieux-et-dirigeables-ce-que-laerien-nous-prepare/

Aeros project

http://www.blimp-n2a.com/projets_dgp.htm

Lokomoskayner

http://technicallyjuris.blogspot.com/2010/05/lokomoskayner-advanced-strategic-lift.html

skylift

http://www.kurzweilai.net/skylifter-airship-could-carry-150-ton-buildings


Thermoplane Aviastar (Russie)


Intermédiaires entre avions et dirigeables (hybrides)

http://www.youtube.com/watch?v=szasukfWXTU

http://dirigeables.pagesperso-orange.fr/thermoplan.htm

http://www.techno-science.net/forum/viewtopic.php?t=3293

http://infonet.thatbest.com/2010/04/15/20-sustainable-airships-promising-a-clean-future-of-transportation-and-surveillance/



Avion solaire

Solar Impulse







Cheval traction animale 

en ville à la campagne dans les champs


Association de Promotion d’un Matériel Moderne Agricole à Traction Animale

la poursuite du travail de Jean Nolle

http://www.prommata.org

L’Atelier Paysan

Fabrique aussi des équipements pour la traction animale

Depuis 2009, nous développons une démarche innovante de réappropriation de savoirs paysans et d’autonomisation dans le domaine des agroéquipements adaptés à l’agriculture biologique. Nous nous sommes dotés en 2011 d’une structure adéquate, un temps sous statut associatif (ADABio Autoconstruction), qui puisse réunir ce qu’il faut d’expertise pour valoriser des inventions fermières, co-développer avec des groupes de pratique agricole de nouvelles solutions techniques adaptées, et rendre accessibles ces connaissances par des documents didactiques papiers ou numériques et des formations à l’autoconstruction.

Nos salarié-e-s sont basé-e-s en Rhône-Alpes, et sur une antenne dans le Grand Ouest. L’acquisition de deux camions transportant machines, matériaux et consommables nécessaires à l’autoconstruction, nous permet aujourd’hui de conduire des chantiers d’autoconstruction en atelier ou « de fermes en fermes ». Partout où la demande s’exprime, nous souhaitons que l’Atelier Paysan puisse accompagner les agriculteurs et les agricultrices de toutes les filières de production, dans leurs cheminements et leurs tâtonnements, individuels et collectifs, autour des agroéquipements adaptés aux pratiques techniques et culturales de l’agriculture biologique.

L’outil de travail adapté et l’autoconstruction accompagnée sont des leviers techniques, économiques et culturels jusque-là peu explorés par le développement agricole. Ils ont pourtant un impact décisif pour faciliter les démarches d’installation, de conversion et de progrès agronomiques en AB.

Hippotese

http://hippotese.free.fr/index1.htm

documentation

Le retour du sabot en ville, article du Monde du 13 mai 2010 accessible sur le site du journal

http://hippotese.free.fr/blog/index.php/post/2005/10/27/23-le-cheval-dans-la-ville-une-solution-economique-ecologique-et-sociale-info-yahoo

http://www.equiterra.fr/articles.php?lng=fr&pg=13

http://hnalsace.blogscheval.net/tag/cheval+en+ville



site de l’association des 9 races françaises de chevaux de trait

http://www.france-trait.fr/fr/utilisation-trait/cheval-en-ville.html


site des Ateliers du trait, le Chemin du halage

qui proposent une réhabilitation du travail avec le cheval et l’âne, à la ville comme à la campagne

http://www.eureasso.fr/web/lecheminduh

Un exemple avec l’épicerie hippomobile de Violaine Frappesauce, l’Equicerie :

alt

http://www.epicerie-pluherlin.com/

L’équicerie de Pluherlin 


 

Percheron International

http://percheron-international.blogspot.fr/2011/08/belgique-des-demonstrations-de.html

 

alt

Béliers d’eau et autres pompes fiables et économiques

les béliers d’eau permettent de monter l’eau sans autre énergie que celle de l’écoulement de celle-ci


Le site de Régis Petit est très complet sur le sujet :

http://regis.petit2.perso.sfr.fr/belier.htm


Energies Alternatives

http://www.energies-alternatives.ca/hydroelectrique.html


Atoutconstruction

http://www.atoutconstruction.fr/?p=117





Consommation, écoconsommation, produits, prévention, changement…


et, d’abord, de l’info sur ce qu’il ne faut pas encourager




Réseau éco-consommation

http://www.ecoconso.be

Entre autres documents intéressants, un dossier « sortir du PVC »




Eclairage

Ampoules à incandescence ou fluocompactes ?

Ampoules fluo-compactes : entre racket, danger et aberration technologique

http://boulesteix.blog.lemonde.fr/2009/07/02/ampoules-fluo-compactes-entre-racket-et-aberration-technologique/





Bons produits alimentaires, transparence des prix, relations directes producteurs-consommateurs, circuits courts… pour s’affranchir des centrales d’achat et redonner vie autour de soi :


pour ne plus voir ça

Terre déchirée, compactée, dévitalisée après le labour avec un engin lourd.

Exposée à l’alternance de la pluie, du soleil et du vent pendant plusieurs semaines, elle est devenue aussi dure que la brique.

Bourgogne sud, septembre 2008


ni ça



Réseaux producteurs-consommateurs :


http://www.paysans.net

A pour objectif de mettre en relation, dans leurs régions, les producteurs et les consommateurs. Rapproche des agriculteurs pour faire vos courses près de chez vous.

Ambitionne de reconstruire la chaîne de l’alimentation en France en-dehors des circuits de la grande distribution.

« Notre pays produit parmi les meilleurs produits au monde et nous voulons aider chaque agriculteur à valoriser sa production à travers un circuit commercial le plus court possible. »

info@paysans.net


Exemple d’une organisation locale :

Le Panier Paysan de Haute-Corrèze

http://www.frcivam-limousin.com


Grap and Wine

pour devenir co-propriétaire viticole, de la plantation à la bouteille, et assurer une sécurité accrue aux producteurs




Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne (AMAP)

sur Internet :


Parmi les pratiques intelligibles et attrayantes qui ouvrent la voie à la récupération de la maîtrise de l’économie sociale et, plus largement, des communaux, il y a les AMAP. A l’encontre des législations « libérales » qui éliminent les petits producteurs de qualité pour favoriser le grand commerce, la finance et l’industrie, donc les monopoles, les AMAP rassemblent producteurs et consommateurs proches. Les premiers y retrouvent une sécurité financière perdue sous la coupe des centrales d’achat et des banques, les seconds la qualité, la variété et un tissu de relations.

AMAP, marché local ou autre formule, participez à tout ce qui rapproche producteurs et consommateurs et soutien les économies locales contre l’offensive des prédateurs.



Les Locavores

Certains de ceux qui s’efforcent de ne consommer que les produits locaux se sont réunis.

L’affirmation de ce courant devrait permettre le maintien des activités menacées par le grand commerce et stimuler la relocalisation de l’économie.



Qualité du VIN

La pollution du vin par le soufre en excès, les malaises, mieux comprendre, prévenir : sur le site http://www.planetaryecology.com

Ce qui commence, ce qui se fait ailleurs, ce qui peut donner des idées :

http://www.vino-slow.com

http://www.slowine.it

Santé, médicaments dangereux

La vraie liste des médicaments inutiles ou dangereux

Un dossier de Que Choisir où l’on trouve des indications précieuses :

Produits dangereux 

Hygiène des bébés : une liste de 28 produits à éviter

pour les bébés et les autres 

Substances allergisantes, conservateurs toxiques, perturbateurs endocriniens… On trouve un grand nombre de substances chimiques dans la plupart des cosmétiques. Alors méfiance ! (…) 

une vedette à éviter : le méthylisothiazolinone

Pour remplacer les parabens, les industriels ont recours au méthylisothiazolinone. Ce conservateur se révèle à son tour problématique à cause des allergies qu’il provoque. Les fabricants commencent à le supprimer de certains de leurs produits. (…)

avec une liste de produits






Chauffage, confort et santé

pour avoir chaud sans se fragiliser
Humidifier en proportion…

Pour ne pas dessécher la peau et les muqueuses, et maintenir ces dernières en état d’éliminer les poussières et les bactéries


Pour avoir chaud en chauffant moins (l’évaporation de l’eau à la surface de l’épiderme refroidit) et en se sentant mieux


Moyens simples :

– la bouilloire et la casserole d’eau jusqu’à ébullition

– le linge propre humidifié sur le radiateur

Mais pas d’eau dans des récipients, à moins de les désinfecter (eau de javel) au moins chaque semaine (risque de légionellose)




 

Agriculture durable

www.cedapa.com
Paysans éleveurs de la filière herbagère en Côtes d’Armor

RAD comme Réseau Agriculture Durable
http://www.agriculture-durable.org

AkiNao
Valorisation de produits naturels en tant que biopesticides, développement de méthodes alternatives pour l’agriculture
http://www.akinao-lab.com

La Grande Prairie ravagée par l’agriculture industrielle, mais inspiratrice d’une agriculture durable :

 « (…) peu d’entre nous ont à l’esprit le diagnostic de l’onu selon lequel, via le programme du Millennium ecosystem assessment (soit l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire), l’agriculture représenterait « la plus grande menace pour la diversité et le fonctionnement des écosystèmes parmi toutes les activités humaines prises individuellement ».

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-agriculture-les-racines-du-futur-18349.php

 

Quand les individus, la terre et la communauté ne font qu’un,
les trois membres prospèrent;
quand ils ne sont pas associés
mais en compétition,
tous les trois sont exploités.
En regardant la Nature comme la source
et la mesure de ce partenariat,
The Land Institute cherche à développer une agriculture
destinée à nous empêcher de perdre notre sol
ou de l’empoisonner
tout en favorisant une communauté de vie
à la fois prospère et durable.

Énoncé de la mission du Land Institute

http://agora.qc.ca/documents/agriculture–lagriculture_selon_la_nature_par_andree_mathieu

 

La Grande Prairie, modèle de la prochaine révolution verte

Le chercheur Wes Jackson est persuadé que l’herbe des vastes plaines du centre du pays recèle les secrets d’une agriculture durable. Son projet : mettre au point des cultures qui, comme les herbacées, se perpétuent d’année en année sur des sols jamais labourés.

http://www.courrierinternational.com/article/1999/10/21/la-grande-prairie-modele-de-la-prochaine-re-volution-verte

 



 


Un crime contre le vivant : l’huile de palme

http://www.wat.tv/video/orangs-outans-aussi-ont-besoin-2cf2j_2ey61_.html
Votez pour la vie en sélectionnant votre consommation… et le reste
« Huile de palme = danger pour la santé, cauchemar écologique« 
http://forums.futura-sciences.com/sante-medecine-generale/134779-huile-de-palme-danger-sante-cauchemar-ecologique.html
alt
http://www.dailymotion.com/video/xctwh8_capital-7-milliards-sur-la-terre-hu_news
Pas chère l’huile de palme, comme dit le régisseur de la plantation indonésienne et le pensent les investisseurs-acheteurs-spéculateurs de la banque, de l’industrie et de la grande distribution d’ici ? Parfait raccourci de la stupidité dominante. Seule une intelligence amoindrie et dévoyée par la culture du profit anti-nature leur fait imaginer cela. La réalité est tout autre. Il s’agit d’un produit au coût exorbitant, bien au delà de l’imaginable car nous n’avons pas encore – ou nous n’avons plus – les mots capables de rendre compte de l’énormité du crime commis. L’huile de palme est sans doute l’un des produits les plus chers de l’histoire, puisque la culture industrielle des palmiers a nécessité la destruction totale de peuples et de cultures immémoriales, et de leurs écosystèmes. C’est une quantité prodigieuse d’êtres et de sensibilités interconnectés, indissociables, organisés en une symbiose d’une inappréciable complexité, qui a été anéantie. Les forêts tropicales, hors les massifs coralliens, sont les formations les plus denses et les plus complexes de la vie terrestre. Le summum d’une évolution de 4 milliards d’années. Des organes essentiels pour la biosphère, une partie indispensable à la régulation planétaire des climats et au maintien de la vie évoluée… Si cette entreprise n’est pas stoppée maintenant et inversée en une restauration écologique générale, c’est la fin.
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suite du dossier  HUILE de PALME sur ce blog :




 

 

Reconquête de la ville, végétalisation

 

 

 

 

 

 

Traditions, résistances et innovations


Fondation Slow food pour la Biodiversité

en réaction à la civilisation du fast food

http://www.slowfood.fr/


D’origine italienne, elle intervient pour sauvegarder et valoriser les pratiques et les produits traditionnels des communautés locales.

Pour pouvoir continuer à jouir de la biosphère et de la diversité culturelle… Préservation des

écosystèmes et des savoirs bien produire pour bien vivre. Identification des produits d’excellence en danger d’extinction, échanges de savoirs et de formation entre producteurs, maintien des productions locales, soutien aux marchés paysans.

La fondation a organisé, à Turin en 2006, une rencontre internationale des communautés de la nourriture, engagées, chacune dans son contexte géographique et culturel, à sauvegarder la qualité des productions agro-alimentaires locales (Terramadre).


En France ? A peu près rien. Ou si rétif à la communication, si pusillanime qu’il n’y a encore rien à signaler.


visiter les vidéos de « Slow Food on Film« 



Città Slow (cités lentes)

http://www.cittaslow.net

http://carfree.free.fr/index.php/2008/03/04/cittaslow-les-villes-lentes-contre-la-frenesie-automobile/

http://www.revolution-lente.com/cittaslow

http://revolution-lente.coerrance.org/cittaslow.php


Città Slow est l’extension du mouvement d’origine italienne Slowfood, pour recréer l’art de vivre avec l’engagement des communes. Città Slow présente un programme alléchant en 70 recommandations, par exemple :

relocalisation des productions, des échanges,

stimulation des réalisations communautaires, développement des équipements collectifs,

économies d’énergie et production d’énergies renouvelables,

développement du compostage,

mise en valeur du bâti ancien, restauration, valorisation de la belle architecture et de l’histoire, plutôt que de construire neuf,

promotion de l’architecture bioclimatique, information et formation des professionnels du bâtiment,

réduction des pollutions sonores et lumineuses,

développement des zones piétonnes, développement des transports en commun, de l’usage du vélo, et réduction draconienne des déplacements automobiles,

suppression progressive des fastfoods et des centres commerciaux,

exclusion des OGM, développement de l’agriculture biologique et de sa distribution,

valorisation des spécialités gastronomiques et des métiers traditionnels,

destruction des obstacles au bien-vivre, développement de la convivialité,

etc.

et mise en réseau des cités participantes.

… Le mouvement s’est développé dans 11 pays européens, mais rien encore en France ! Quand est-ce qu’on s’y met ?



Une cité lente en France, enfin !

Il s’agit de Segonzac, 2300 habitants, Charente.


« Les petites communes sont les moins armées face aux pièges d’un développement désordonné. Ce qui nous intéresse, c’est moins le label que la démarche. Nous avons des choix importants à faire. Citta Slow va donner un fil conductreur à notre politique d’aménagement » explique Véronique Marenbat (Nouveau Centre) maire de la commune :

ouverture d’un parc public,

rénovation de bâtiments viticoles en bureaux,

retour du petit commerce,

réhabilitation d’un réseau de ruelles piétonnes et cyclables,

structuration d’un marche de producteurs locaux,

investissement dans la petite enfance et la maison de retraite, création de jardins partagés,

transformation de la station d’épuration en bassins filtrants naturels…


Depuis 2006, un plan local d’urbanisme a été créé pour veiller à empêcher le mitage de la campagne en interdisant l’extension des hameaux et des faubourgs. « On ne construira de logements que sur des terrains proches du centre et sous forme d’éco-quartiers »


Créée en 1999 en Toscane, Citta Slow rassemble une centaine de milliers de membres dans 150 pays.


Les programmes de Slow Food et Citta Slow rappellent les aspirations et les projets des courants alternatifs des années 1960/70. Et, en effet, vus depuis beaucoup de communes françaises, ils paraissent révolutionnaires. Pas qu’en France ; Angelo Vassallo, le maire de Pollica, Campanie, a payé de sa vie son engagement pour le bien commun.



En rapport, un bouquin :

Manger Local

S’approvisionner et produire ensemble

par Lionel Astruc et Cécile Gros

Actes Sud

Aujourd’hui, le modèle agricole doit être profondément transformé pour assurer une autonomie alimentaire durable. Ce livre explique concrètement comment s’alimenter localement, en valorisant les circuits courts, l’autoproduction et les solutions collectives







Association des petites cités de caractère


Elle vise à mettre en valeur l’authenticité et la diversité du patrimoine de certaines petites communes (moins de 6 000 habitants) dotées d’un bâti architectural de qualité et cohérent.

Label breton créé en 1977, les « Petites Cités de Caractère » regroupent aujourd’hui 22 communes en Bretagne. Œuvrant pour l’entretien, la mise en valeur et l’animation de leur patrimoine, ces dernières constituent des pôles structurants de l’économie touristique et culturelle du territoire breton. Moteur et modèle de réussite au niveau national, le concept s’est exporté dans une douzaine de régions et de départements français.

L’association nationale créée en 2009 comprend la Bretagne, la Franche Comté, les Pays de la Loire et le Poitou Charente.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Petites_cit%C3%A9s_de_caract%C3%A8re

Obligations des communes labellisées au niveau du patrimoine

• Effort manifeste de réhabilitation et d’entretien du patrimoine à l’intérieur de l’agglomération et, plus particulièrement, dans la Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager, ou dans l’aire de protection des monuments inscrits ou classés.

• Obligation pour les communes de maintenir en bon état leurs bâtiments

• Incitation, auprès des particuliers, au ravalement de façade, ainsi qu’à l’élimination des verrues (bâtiments et couvertures) à l’intérieur du site protégé.

• Effacement impératif des réseaux aériens et recherche d’une élimination des antennes de télévision.

• Contrôle efficace des enseignes, dont la conception et la pose doivent être soumises à un accord préalable des Maires, voire des Architectes des Bâtiments de France.

• Réglementation, en agglomération des panneaux de signalisation et publicitaires.

• Valorisation de la circulation piétonne, notamment par la suppression des parkings à l’intérieur de l’agglomération, au profit de parkings de dissuasion, et par l’aménagement des voies et de l’environnement en fonction de cet objectif.

• Recherche de revêtement de voirie de qualité, bien intégré au site.

• Volonté d’utiliser le patrimoine pour l’accueil des visiteurs (Office de Tourisme ou Syndicat D’Initiative, restaurants, hôtels, musées, centres d’interprétation, expositions.

• Réglementation de la vente sur la place publique en dehors des jours de marché.

• Un bureau de renseignements touristiques.

• Une politique de communication, sur place, en faveur du patrimoine (plan d’interprétation), comprenant notamment une signalisation du patrimoine, des possibilités de visites guidées pour des groupes constitués, l’édition d’un plan de la cité avec description des bâtiments dignes d’intérêts ou des principales caractéristiques architecturales.

• Un ou plusieurs restaurants ou auberges rurales servant des spécialités locales ou régionales.

• Un hôtel de tourisme, éventuellement un hôtel de préfecture, sous réserve de son adhésion à une charte de qualité du type Logis de France et Auberges Rurales.

• Un ou deux artisans ou créateurs, véritables témoins de l’artisanat local ou régional.

• Un commerce ou point de vente proposant des objets de qualité, de production locale.

• Des spectacles culturels, classiques ou traditionnels musique, théâtre, danses, son et lumière.

• Un lieu permettant des expositions à caractère artistique ou artisanal.

• L’illumination des principaux monuments à encourager.

• Le fleurissement, s’il y a lieu, des édifices publics et des maisons en évitant l’utilisation de supports artificiels.





La Via Campesina

Coordination mondiale d’organisations et de communautés autochtones pour la souveraineté alimentaire

http://www.viacampesina.org/main



L’Union Paysanne

Mouvement québéquois pour une agriculture et une alimentation paysannes

http://www.unionpaysanne.com



World Wide Opportunities on Organic Farm WWOOF

Réseau de fermes bio et formations

a loose network of national organisations that facilitate placement of volunteers on organic farms (wikipedia)

http://www.wwoof.org/

http://en.wikipedia.org/wiki/WWOOF

 

 

abeilles, papillons et autres insectes pollinisateurs…

 

Celle-ci est une abeille charpentière

les abeilles sauvages aussi sont en grand danger

 

Les abeilles sauvages, reines de la pollinisation

L’abeille domestique est certes utile pour la pollinisation des cultures, mais ses cousines sauvages le sont encore plus. C’est la conclusion sans appel d’une étude menée sur les cinq continents dont les résultats sont parus le 1er mars.

Des 20 000 espèces d’abeilles répertoriées dans le monde (dont 1000 en France), l’une, l’abeille domestique Apis mellifera, bénéficiait jusqu’à présent d’une aura particulière : « On considérait qu’il s’agissait de l’insecte pollinisateur globalement le plus efficace pour les plantes cultivées, explique Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l’INRA d’Avignon. Et donc, qu’elle seule jouait un rôle essentiel dans le rendement de la plupart des cultures. »

Il va falloir réviser cette opinion : une étude internationale, qualifiée de majeure par Bernard Vaissière, prouve à l’échelle de la planète que les abeilles sauvages et quelques autres insectes sont des pollinisateurs plus efficaces que l’abeille domestique. (…)

http://www.larecherche.fr/actualite/vie/abeilles-sauvages-reines-pollinisation-05-03-2013-98863

 

La grande diversité des abeilles sauvages

 

http://abeillessauvages.com/qui-sont-les-abeilles-sauvages-en-france/#sthash.Uu2g34d7.dpbs

 

Adoptez des abeilles sauvages et faites un geste pour la biodiversité !

A part l’abeille domestique et les bourdons, la plupart des abeilles sauvages sont invisibles pour les non-spécialistes.

Elles ne vivent pas en essaim ; elles ne produisent pas de miel en rayons ; elles n’ont pas de ruche… mais aménagent des sortes de nids dans le sol, dans les trous des murs, dans les tiges séchées et les brindilles creuses – voire même, dans une coquille d’escargot…

Autant dire qu’il faut avoir l’œil pour repérer l’évolution de leurs populations !

Et pourtant :

Ces abeilles sauvages, dont il existe plus de 900 espèces recensées en France – et plus de 20 000 espèces à travers le monde ! – assurent à elles seules la pollinisation et la reproduction de près de 80 % des plantes à fleurs et permettent la production et la qualité d’innombrables récoltes à travers le monde.

(…)

http://www.pollinis.org/adoptez-des-abeilles-sauvages-et-faites-un-geste-pour-la-biodiversite/

 

Les abeilles solitaires

 http://www.cari.be/t/abeilles-solitaires/

 

Protection des abeilles sauvages

http://abeillessauvages.com/#sthash.ZUtoDjDA.dpbs

 

L’abeille olivetaine

http://www.abeille-olivetaine.fr/

 

 

Une cinquantaine d’années après Printemps silencieux de Rachel Carson, les marchands de mort, les élus et les « exploitants » agricoles devenus dépendants empoisonnent la planète comme jamais

 

Il faut sauver les abeilles

Elle bourdonnait déjà il y a plus de soixante millions d’années quand les fleurs ont commencé à apparaître sur Terre, bien avant l’arrivée de l’homme. Malgré son poids plume (0,1 g), elle a survécu à tous les phénomènes climatiques de notre histoire. Depuis une dizaine d’années pourtant, l’abeille est décimée par colonies entières. (…)

http://www.leparisien.fr/societe/pourquoi-il-faut-sauver-les-abeilles-17-09-2009-641570.php

 

 

 Disparition des papillons de prairie

Le rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) rendu public mardi présente un constat plus qu’inquiétant : entre 1991 et 2011, les populations de papillons de prairie ont diminué de façon spectaculaire…

(…)

L’agriculture intensive et l’abandon de certaines terres sont les principaux responsables de ce phénomène. En effet, l’exploitation démesurée des terres plates et faciles à cultiver les rendent petit à petit stériles à la biodiversité. L’intensification agricole entraîne de surcroît une utilisation accrue des pesticides qui, nous le savons, ne sont pas très appréciés de nos amis les insectes. En ce qui concerne les régions montagneuses et humides, n’étant pas assez rentables, elles sont délaissées. Les terres se transforment rapidement en maquis de bois. C’est tout l’habitat des papillons qui est dégradé. Ces derniers se voient donc contraint de se réfugier dans les zones urbaines, les voies de chemins de fer ou encore dans les réserves naturelles…

http://www.developpementdurable.com/environnement/2013/07/A6724/disparition-des-papillons-de-prairie.html





Jardin, jardinage

Agriculture, auto-production, jardinage propre et créatif, semences de tradition paysanne sélectionnées par les autochtones, techniques alternatives

évidemment sans labour, bêchage, drainage…

 


Broyat, paillage, mulching (ou mulchage), bois raméal fragmenté (BRF), buttes de culture… Des techniques pour protéger le sol, conserver l’humidité, offrir le gite et le couvert à la petite faune, jusqu’aux micro-organismes, et ainsi fertiliser, ameublir…


« Le sol, la terre et les champs : pour retrouver une agriculture saine », Claude et Lydia Bourguignon, Sang de la terre.


« La Révolution d’un seul brin de paille » et « L’Agriculture naturelle » de Masanobu Fukuoka, éditeur Guy Trédaniel.

Masanobu Fukuoka vient de mourir. Il prônait une agriculture « sauvage », limitant au maximum les interventions, en quelque sorte mini-invasive, fondée sur la coopération avec l’écosystème. Et il obtenait d’excellents résultats.


Des sites à découvrir :

lesjardinsdebrf.com

jardin-obigies.lalibreblogs.be

senshumus.wordpress.com

jean-pain.com

comitejeanpain.be

aggra.org

hortical.com

passerelleco.info

rendoanevercors.com/jardin

agriculture-de-conservation.com

gillesclement.com

soltner.fr

lesamisdelortie.fr

Le Collectif Millet  http://bhoo.jimdo.com/


 

Et, pour se familiariser avec l’agriculture et la culture écologistes : la permaculture…




La terra preta do indio

On ne peut parler des bonnes techniques d’amélioration des sols sans évoquer la terra preta do indio. C’est cette terre à l’extraordinaire fertilité qui a été léguée par une civilisation amazonienne d’il y a deux millénaires (mais on en trouve aussi en plusieurs lieux d’Afrique). Même des terrains abandonnés durant des siècles ont conservé leurs éléments nutritifs et n’ont rien perdu de leurs qualités. La terra preta do indio possède la faculté de se régénérer et de convertir les sols alentours. La terra preta do indio, ce « cadeau du passé », supplante en tous points les techniques industrielles de fertilisation et rejoint les méthodes biologiques de régénération des écosystèmes.


dans wikipedia.org/wiki/terra_preta, un très bel article en français sur la terra preta

voir encore :

worldchanging.com





Les haies, destruction et renaissance


Les haies de Bourgogne


En replantant les haies, la Bresse retrouve ses racines

article du Journal de Saône et Loire


Par ci, par là, la Bresse redevient la Bresse. Pendant des siècles, elle présentait un paysage de bocage. Le terrain valonné et humide s’y prêtait.


Puis le remembrement est arrivé. Pour gagner de l’espace, faciliter le passage des engins agricoles, les haies ont sauté. Mais, depuis une dizaine d’années, ses habitants ont compris leur erreur. Dans le secteur de Montrevel d’abord. C’est dans le cadre d’Agenda 21 qu’un programme de gestion de l’espace s’est mis en place. D’abord en sensibilisant les agriculteurs. Pendant 6 ans, les propriétaires intéressés pouvaient replanter une haie pour pas un sou. Les agriculteurs comme les particuliers. 31 kilomètres ont ainsi été replantés jusqu’en 2008.


« On s’attendait à moins. C’est intéressant pour le cheptel en particulier, qui trouve de l’ombre. C’est bon pour la biodiversité, le gibier, et le bois revient en force comme combustible » explique Jean-Pierre Fromont, maire de Foissiat, en charge du dossier à la communauté des communes de Montrevel, et lui-même agriculteur.


A l’époque, il avait bien sûr choisi de replanter des haies. Aujourd’hui, les arbres ont grandi et il ne regrette pas son choix. « Un élevage porçin, moins on le voir mieux c’est » reconnaît-il. « La haie ne nous demande quasiment aucun entretien, ce qui est un peu dommage, c’est de laisser, de chaque côté de l’entrée, 50m pour la sécurité avec la route« .


Tout le monde s’y met


Devant le succès de la première opération, une seconde a été lancée. Un peu moins intéressante avec un moindre soutien de l’Etat via la Région. Mais elle la finance encore à 80%, la communauté paie à hauteur de 10%, le reste est à la charge du propriétaire. En amont, la communauté de Montrevel a négocié, après appel d’offres avec un horticulteur, et, en deux ans, 8000m ont encore été replantés.


Après les agriculteurs, les particuliers s’y sont mis. Les démarches pour obtenir le financement sont simples. Le propriétaire s’engage à choisir 6 essences locales et à ne pas utiliser de produits phytosanitaires. Après 5 ans, il peut même abattre les arbres, même si ce n’est bien sûr pas la finalité.


En parallèle, la communauté de communes travaille avec la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature) pour sensibiliser les scolaires au rôle important du bocage. Séduites par l’initiative, d’autres communes, comme Bény, ont suivi le même chemin.


Les éleveurs de volaille de Bresse, eux aussi, ont la même vision et ont dans leur cahier des charges l’obligation de replanter. Et c’est ainsi que la Bresse, grâce à ce bocage, retrouve ses racines.


Olivier Leroy

25 août 2010



Malheureusement, cet exemple bressan reste trop rare encore…

Quand d’autres exploitants agricoles entretiennent la nature


Tandis que de plusieurs régions désertifiées à force de mauvaises pratiques industrielles et étatiques nous parviennent des nouvelles de leur spectaculaire restauration par les populations, la campagne française souffre d’une agression massive qui la menace d’un nouvel appauvrissement de la faune, de la flore et des sols (« Restauration des écosystèmes, restauration des sociétés », sur le site, et en anglais sur le blog).


Sous prétexte qu’ils sont « propriétaires » du sol, des exploitants agricoles massacrent allégrement la végétation : bords de rivières et d’étangs, boqueteaux, haies, talus et chemins, tous les bocages. Leur obsession : exploiter le moindre centimètre carré qui comptera dans l’attribution des grasses subventions encourageant, là comme ailleurs, toutes les dérives. Exemple parfait de détournement de l’argent public contre l’intérêt général. Une question : l’imagerie satellite à laquelle recourent les exploitants industriels ne contribue-t-elle pas à leur faire davantage oublier la réalité du terrain et à « optimiser » leur « exploitation » au détriment de l’écosystème ?

photo empruntée à http://www.maisonbotanique.com/


Après une cinquantaine d’années de saccages imbéciles – mais très rémunérateurs pour certains –, cinquante ans de ruine des campagnes et de dénonciations répétées, les boqueteaux et les haies sont encore couramment maltraités, les bords de route et de chemin aussi. Des engins lourds sont utilisés par les communes, des particuliers et même l’administration des routes. Ils témoignent ainsi d’une vieille haine structurelle de la nature, d’une culture anti-nature, sans aucune conscience de son absurdité et des dommages produits à long terme. Tondre en brosse, style Légion étrangère, l’ennemi de l’ordre et du « propre », tout ce qui dépasse, brins d’herbe, coquelicots, bleuets, orchidées, arbustes, arbres… Tout y passe. Même pendant la période de nidification, des haies sont réduites à l’état de paillassons par les « broyeurs » conduits par des gens sans aucune formation leur permettant de comprendre les végétaux et les animaux qu’ils abritent, sans connaissance de la campagne et dénués du minimum de curiosité et de sensibilité nécessaires au bon accomplissement de leur travail.


Mais cela n’est pas tout. A l’incompétence s’ajoute l’inadéquation des outils. A vrai dire, le massacre des haies est une nouvelle illustration du déterminisme de l’outil sur la plupart des comportements, voire sur les mentalités, au point de produire une nouvelle incompétence. Des gens, nombreux, deviennent incroyablement brutaux aux commandes d’engins brutaux. En l’occurrence, les mâchoires des « broyeurs » industriels éclatent et déchirent les bois, jusqu’aux branches principales et aux troncs. Deux techniques sont particulièrement dévastatrices : les « broyeurs » à fléaux de chaînes et les « broyeurs » à marteaux dont les seules appellations permettent de deviner qu’elles ne devraient jamais approcher un être vivant, fut-il végétal.








Voici un « broyeur » à lames. Enfin, c’est ce qui est indiqué dessus. S’agirait-il d’une mention mensongère destinée à tromper l’élu et le quidam ? En fait de lames, on observe plutôt des pièces ressemblant à des marteaux, pièces non fixées articulées sur des anneaux qui, mises en rotation, frappent comme un fléau. A la fois fléau et marteau, pas étonnant que le passage de cet engin soit tout aussi destructeur que les fléaux de chaînes et les marteaux. Dans la mâchoire, les longues fibres arrachées démontrent la nuisibilité de la technique. D’une manière générale, toutes les machines mettant en rotation un cylindre hérissé d’outils (nom générique : épareuses) sont totalement inadaptées, nuisibles. Incompétence des conducteurs d’engins dont j’ai pu voir le travail, donc, mais que dire de l’incompétence des concepteurs, sans oublier celle de l’administration et des élus qui donnent les ordres et semblent ne s’apercevoir de rien ? Ignorance complète des végétaux, des animaux, des écosystèmes, indifférence, j’m’en-foutisme, ou pire…


Rien n’est épargné par les travaux d’entretien avec les engins industriels. Tout est broyé, même des jeunes arbres et des piquets de clôture ! Tous les végétaux sont gravement blessés par ces engins absurdes qui ne coupent pas, mais écrasent et explosent les bois. Les branches, les troncs sont éclatés, fendus sous le choc, parfois sur des dizaines de centimètres. Il n’y a pas meilleur pour stimuler la propagation des parasites et des maladies des végétaux.


Après le passage des Terminators, il n’y a plus de feuillage. Il n’y a même plus de fruits pour la régénération et pour nourrir les animaux. Les arbustes, la flore qui pousse à l’ombre et la micro-faune se retrouvent sans aucune protection, à nu, exposés au rayonnement solaire, au vent, en pleine sécheresse estivale, car l’administration et la plupart des exploitants commencent à tout ravager en août. Les insectes, les oiseaux et les petits mammifères n’ont plus de protection. Leurs habitats et leurs ressources alimentaires sont très fortement endommagés, voire détruits. Ils se retrouvent exposés aux attaques de leurs prédateurs, en particulier les rapaces qui, toujours grâce à l’agriculture industrielle et à ses machines tueuses, ont proliféré. Pas étonnant que les moineaux et les autres passereaux aient tant régressé. Quelle chance pour les parasites des cultures ! Tout l’écosystème – le bocage – régresse d’un coup.


Répété chaque année, ce travail lamentable condamne les végétaux, les talus et les chemins creux, les populations animales et l’ensemble du bocage au dépérissement, et les campagnes avec.


A quand l’interdiction des « broyeurs » et autres engins lourds impropres à la taille des végétaux ?

A quand l’interdiction de la taille en été ?

A quand une formation obligatoire à l’écologie pour les exploitants agricoles et les employés du réseau routier ?


Les haies, le bocage, la faune et la flore sont des exemples où la propriété privée doit s’effacer devant l’intérêt général, car les biens communs (communaux) transcendent la propriété. A vrai dire, on peut faire exactement la même observation pour les sols. L’exemple de la dégradation des sols et de leur pollution par des exploitants industriels démontre que c’est la communauté qui souffre de leurs mauvaises pratiques et doit ensuite payer pour la restauration.



Un très bon document de la Ligue pour la Protection des Oiseaux Loire Atlantique :

loire-atlantique.lpo.fr entretien_des_haies2
http://loire-atlantique.lpo.fr/


Pour choisir et planter une haie…

un guide conseils accessible sur le site de la province du Brabant Wallon :

http://www.brabantwallon.be/fr/Qualite-de-vie/Environnement/


http://www.ville-saint-aubin-les-elbeuf.fr/Biodiversite/les_haies.htm



Arbres et paysages d’Autan, association d’agriculteurs du Lauragais soucieux de restaurer le paysage et de préserver leur environnement :

http://www.arbresetpaysagesdautan.fr/spip.php?rubrique13


Sur le site Futura Science, un très bon Plaidoyer pour la haie, par Frédéric Fève :

http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/zoologie-1/d/plaidoyer-pour-les-haies-decouverte-du-cincle-plongeur_294/c3/221/p2/


Toujours sur ce sujet : un bon article de François Eeckman dans le numéro d’automne 2009 de la revue de l’association Maisons Paysannes de France :

« Entretien périodique des bords de route : arrêtons le massacre ! »

François Eeckman nous apprend l’existence d’un autre matériel aux effets sensiblement aussi dévastateurs : le lamier à scies circulaires. Il termine heureusement sur une annonce optimiste : des gens se mobilisent pour faire évoluer les techniques et les pratiques.


Les oiseaux au jardin, quels a